(TW : le chapitre contient des abus sexuels)
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Amadeo
*seize ans plus tôt*
Je cours dans toute la cour de récréation, le sourire aux lèvres. Andros me court après. Il essaie de récupérer sa casquette.
Maman m'a toujours dit de faire attention de ne pas glisser, de garder les pieds droits quand je cours et non de travers. Quand je saute, je dois également faire attention au risque de me fouler la cheville et de tomber en m'écorchant. Ce que maman m'interdit me libère. Premièrement, parce que je n'aime pas être différent des autres. Ils me regardent tout de travers quand ils m'observent contre un arbre, assis au sol à jouer avec des billes. Moi aussi, je veux courir et tomber. En revanche, les blessures causées peuvent m'anéantir. Et deuxièmement... j'ai besoin d'oublier ce qu'il se passe à la maison.
Entendre papa hurler sur maman et prétendre aux voisins inquiets qu'ils s'amusent au lit me retourne l'estomac. Sa main a déjà frappé la joue de maman et ses fesses aussi. Quand je rentre à la maison et que maman m'ordonne de m'enfermer dans ma chambre, je crois que papa touche tout son corps. Il lui fait mal sinon maman ne pleurerait pas. Quand elle vient dans ma chambre me dire que tout va bien après que papa se soit arrêté, ses pupilles brillent et ses yeux sont rouges.
Maman ment très mal. C'est de cette manière que j'ai réussi à faire le contraire. Du haut de mes sept ans, je lui fais croire que je vais bien et que je gère ce qu'il se passe à la maison. Pourtant, je suis terrifié. La boule au ventre ne me quitte jamais une fois la porte de la maison passée.
Une nuit, je me suis réveillé pour aller aux toilettes et j'ai surpris mes parents dans le salon. Papa était au-dessus de maman qui s'accrochait à la vie. Ils étaient nus. Maman m'a aperçue en coup de vent et m'a suppliée de retourner dans ma chambre. Ce que j'ai fait. Je n'ai pas osé aller vider ma vessie alors j'ai fait dans mon bas de pyjama, ne pouvant me retenir. Papa l'a découvert le lendemain. Devant moi, il a frappé maman... puis moi. Son coup était si violent que ma faible carrure s'est propulsée au sol.
Ma tête a frappé contre le sol et la suite reste floue. Après ça, il ne m'a plus touché. Maman dit que l'unique raison pour laquelle il ne me touche pas est mon sang. Je n'ai pas retenu le mot qu'elle a dit, mais ça avait l'air grave. Son timbre de voix n'était pas le même, il était plus inquiet. Pas pour elle ou pour le danger que papa représente, mais pour moi.
— Je t'ai eu !
Mes pensées s'envolent en éclat quand je m'arrête dans ma course. Andros m'a contourné et m'a surpris derrière l'arbre. Je lui rends sa casquette maintenant qu'il me tient le bras. On se laisse tomber au sol, le dos contre le tronc d'arbre. Andros fixe le ciel dégagé, les mains derrière le crâne.
— Plus tard, je serai pompier. Et je veux que ma copine ait des rondeurs, c'est trop beau.
— Peu importe comment sont les filles, elles sont toutes belles, j'ajoute.
Nos regards se croisent, mon ami acquiesce. Sur ce point-là, nous serons à jamais d'accord. On s'est même fait une promesse : ne jamais juger une fille sans la connaître. Je pense qu'inconsciemment, je le ferais. Papa m'a sermonné tellement de fois sur les femmes que mon cœur se prépare au pire.
— Tu seras quoi, plus tard ? demande Andros, assis en tailleurs.
— Un super-héros, comme ça, je protégerai toutes les filles.
Mon ami hoche la tête et rétorque les étoiles dans les yeux :
— Je peux être ton bras droit ?
— Ouais ! Comme Batman et Robin.
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Another love - Terminé
RomanceCharmé par les dettes, Lucas se voit dans l'obligation d'en parler à sa petite amie, Ashya. Son ami Amadeo, à qui il doit cet argent, lui propose une contrepartie : Ashya doit vivre avec celui-ci pendant 365 jours afin d'éponger ses dettes d'argent...