5- RUE

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Ouvrant les yeux avec difficulté, je me sens nauséeux et drainé de toute énergie. Pourtant, je crois bien que c'est la première fois que je fais une nuit complète depuis des mois.

Je prends quelques minutes à me rappeler les dernières choses qui se sont passées. La psy, l'épisode dans les toilettes, la camionnette mais les souvenirs sont flous. Ma tentative à échouée à cause de cette fille. Ma tentative a échouée.

Aussitôt après que je me sois redressé dans mon lit d'hôpital, j'entends ma mère m'appeler. Elle était juste à côté de moi, assise sur une chaise et Max sur ses genoux.

- Mon Dieu, Rue.

Ma mère pose sa main sur ma joue et ne peut se retenir de pleurer. Elle ne me quitte pas des yeux et je vois son coeur se briser à travers ses iris bruns. Elle ne trouve rien à dire et tente de calmer son chagrin et je me sens coupable de la faire souffrir à ce point. De devoir le voir et le supporter. Je dois assumer ce que j'ai fait, sans une once de répit du mal qui me ronge intérieurement.

Pourquoi il a fallut qu'on me sauve?

Elle. Même si mes souvenirs sont vagues et brouillés, je me souviens de ses yeux en amandes vertes. Je n'ai jamais vu quelqu'un avec des yeux aussi clairs. Il me semble que c'était la même fille que j'avais vu l'autre soir. Pourquoi est-ce qu'elle m'a empêché de mettre fin à tout ça? Je ne mérite donc aucun répit, condamné à poursuivre une vie de douleur sans une once de lumière.

- Comment tu te sens? me demande ma mère.

J'ignore quoi répondre. Inutile de lui mentir au vu de la situation mais il m'ait impossible d'être honnête. Je n'ai jamais su en parler.

"tu pètes tellement la forme que t'as fini à l'hôpital", c'est ce qu'aurait répondu Alex s'il était là. Lui et son sarcasme, le seul moyen qu'il trouve de gérer ce genre de situations.

Merde, juste avant ce qui s'est passé il m'avait appelé. ll va falloir que je lui explique tout ça, que je le rassure mais surtout que je m'excuse.

- Il faut que j'appelle Alex, déclarais-je en me redressant avec peine mais me fait arrêter par ma mère qui pose sa main sur mon épaule.

- Plus tard, pour l'instant tu dois te reposer. Ne bouge pas je vais chercher un médecin.

Sans même me laisser le temps de dire quoi que ce soit, elle est déjà dans le couloir de l'hôpital.

Je sens qu'on me tire la main à plusieurs reprises. Evidemment c'est Max qui grimpe sur le lit et s'installe à côté de moi. Il a une expression triste sur le visage mêlée à de l'incompréhension et je crois que, jusqu'à maintenant, c'est ce qui me fait le plus mal.

- Maman dit que tu as essayé de partir. Pourquoi tu as voulu partir sans nous? Tu nous aimes plus comme Papa?

Mes yeux me brûlent. Mon coeur aussi. Je le prends dans mes bras et le serre contre moi du mieux que je le peux pour m'excuser. Mon petit frère de six ans qui est encore trop jeune pour comprendre la cruauté de ce monde en affronte les conséquences tous les jours. Et je suis en partie responsable.

Mais quand la douleur est constante, nous étouffant un peu plus chaque jour, plus rien ne compte hormis l'envie de se libérer pour respirer de nouveau. Ou arrêter. La peine ternit la vue, apathie le coeur et alourdit l'âme.

- Je suis désolé Max. Je t'expliquerai un jour, je te le promets.

Il n'ajoute rien et se contente de m'entourer de ses petits bras en retour. Quelques secondes après, ma mère revient avec un médecin et Max se voit dans l'obligation de descendre du lit. Une discussion débute entre le médecin et moi. Il me demande comment je me sens mais, voyant la mine grave de ma mère, je devine qu'autre chose m'attend.

DAMAGED Des histoires addictives. Découvrez maintenant