- Ça t'amuse?
Mon casier se referme brusquement devant mon visage et c'est une chance que je n'ai pas laissé mes mains traîner autour. Ma nouvelle camarade et aussi voisine, Luna, tenait un papier dans sa main qu'elle me désignait et son visage semblait crispé de colère.
Je lis rapidement les mots inscrits avant de refermer mon sac dans lequel je venais de mettre trois manuels qui pesaient leur poids. Pourquoi est-ce qu'ils donnent autant de livres ici?
- Désolé mais je ne vois pas de quoi tu parles, lui répondis-je en lui prêtant à peine un regard.
- Et je devrai te croire?
- Libre à toi de ne pas me croire mais je ne vois pas pourquoi je serai la première personne à laquelle tu penses qui pourrait te faire ça.
Elle se décale un peu lorsque je rouvre mon casier pour y prendre mon casque que j'avais rangé dans la matinée mais elle ne lâche pas l'affaire.
- Peut-être parce que j'ai l'impression que tu ne te fatigue pas à te montrer sympathique, que tu te comporte comme un imbécile aigri qui joue avec mes nerfs juste parce que je t'ai aidé et que ça ne te plaît pas.
- Je n'aurai pas utilisé le terme "aider" mais pour ta gouverne, je ne suis pas ce genre de personne rétorquais-je aussitôt. Ce bout de papier doit être une simple blague et puis je ne savais même pas où était ton casier il y a encore cinq minutes. Maintenant, si tu veux bien m'excuser.
Je referme mon casier et lui sert un petit sourire forcé. Elle se contente de me fixer, toujours agacée, mais elle comprend qu'elle fait fausse route en m'accusant à tort. Je n'ai rien avoir avec son histoire, tout ce que je veux c'est qu'on me laisse tranquille.
Mais je dois m'habituer à mon nouveau lycée. Celui est public, ce qui change du privé que j'ai toujours connu. Certains élèves avaient de gros traitements de faveurs tandis que ceux jugés "mauvais" étaient regroupés dans une même classe.
Ici, les élèves sont moins encadrés et ont plus de liberté. Mais j'ai l'impression qu'il y en a même trop. Ce qui amène à de la méprise, des rumeurs qui se répandent aussi vite qu'un incendie, des critiques, des jugements enfin tout ce que je déteste.
Je sors de l'établissement et pars rejoindre ma moto, mon téléphone se mettant à vibrer dans ma poche. En regardant l'écran, je remarque que c'est un numéro inconnu et l'espace d'une seconde je suis terrifié à l'idée qu'il s'agisse de mon paternel. Qu'il a réussi à me retrouver.
Cependant, je décroche bien que ma fébrilité s'empare de tout mon corps.
Je laisse un moment de silence jusqu'à ce qu'une voix de femme résonne jusque dans mes oreilles d'un ton inquisiteur.
"- Bonjour...monsieur Karter?"
- Oui? me risquai-je à répondre.
"- Monsieur, votre fils Maxime est toujours à l'école alors que les cours sont finis depuis plus de quinze minutes. J'ai essayé de joindre votre femme mais elle ne répond pas au téléphone..."
C'est pas vrai...
- Je ne suis pas le père mais le fils, j'arrive le chercher. Merci de m'avoir appelée pour me prévenir et désolé pour cet incident.
"- Je vous en prie. Nous vous attendons."
Je raccroche et me dépêche de démarrer la moto, non sans agacement. Je n'en revenais pas qu'elle ait oublié son fils dès le premier jour, j'étais honteux pour elle et ce qu'elle montrait aux autres dès notre arrivée ici.
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DAMAGED
Storie d'AmoreLorsque la noirceur nous entoure trop longtemps, on finit par s'y perdre. La vie est loin d'être facile pour Rue. Ses traumatismes le hantant jour et nuit, il se doit d'aller de l'avant et de faire face à sa nouvelle vie dans une petite ville où il...
