"- Laisse tomber, ça doit être une mauvaise blague de la part d'un imbécile de ton lycée. Ne te prends pas la tête avec ça."
A peine rentrée chez moi, je m'étais empressée de contacter ma seule et meilleure amie, Emily, afin de lui raconter les derniers événements de ma vie trépidante. Mais ce mot mystérieux m'occupait trop l'esprit et j'avais besoin d'être rassurée.
- Je ne sais pas. C'est tout de même étrange, dis-je.
"- Tu te prends trop la tête. C'est peut-être ton nouveau voisin qui te mets dans cet état... Comment il s'appelle déjà?"
- Rue, répondis-je entre mes dents crispées.
"- J'adore son prénom."
- Pas sûre que tu l'adore autant si tu avais échangé ne serait-ce qu'une parole avec lui.
"- Vu ce que tu m'as racontée, c'est fort probable. Mais tu ne devrais peut-être pas t'arrêter sur ça. Tu l'a vu dans une vulnérabilité intime, ce n'est pas rien. Il est peut-être simplement sur la défensive ou gêné que ça ait été le cas."
- Peu importe. J'ai voulu me montrer gentille mais si c'est pour me faire manquer de respect, je ne vois pas pourquoi je m'efforcerais de faire quoi que ce soit. Je préfère l'ignorer et passer cette année dans mon coin.
"- Mais tu m'as pas dit que t'allais avoir un devoir à faire avec lui?"
- Si... soupirais-je. Mais après ça, c'est bye bye monsieur l'aigri.
"- Tu peux parler mais tu es aussi aigri je te rappelle."
- Oh je te promets qu'il l'est plus que moi!
J'ouvre la fenêtre de ma chambre et prends mon paquet de cigarettes posé sur la commode avant de prendre mon cendrier et de m'accouder à la fenêtre.
"- Bon il faut que je te laisse, je vais manger. Ma mère va péter un câble si je ne viens pas dans la minute. Tu la connais."
- Ça marche, bon appétit.
"- Merci. Et si t'as besoin, n'hésite pas à m'appeler surtout!"
Dès lors que notre appel se finit, le silence de la solitude m'alourdit le cœur. J'allume ma cigarette et commence à fumer jusqu'à ce que des voix se fassent entendre dans le voisinage. Autant dire que ça n'arrive jamais parce que les seuls voisins à se disputer dans mon quartier sont moi et mon père. A croire que tous les autres sont des familles parfaites qui ne font jamais la moindre vague et que nous sommes les seuls de notre rue à avoir des soucis.
La dispute venait sûrement de chez mes nouveaux voisins. Rue Karter.
Je le vois sortir de chez lui et claquer la porte qui se rouvre dans la seconde par ce que je suppose être sa mère.
Je fais mine de ne pas entendre mais dans un silence pareil, les paroles sont audibles aussi bien pour moi que pour lui. Il finit par démarrer sa moto et passe devant ma fenêtre. Je ne peux m'empêcher de le regarder ainsi que son véhicule et je ne saurai dire si il m'a vu à travers la vitre teintée de son casque. Malgré tout, je fais mine d'être indifférente. Sa mère vient de le mettre dehors et lui réagit de manière si désinvolte, presque insolente.
Je me refuse cependant à en tirer des conclusions hâtives. Moi aussi j'ai pu paraître insolente envers mon père.
Je finis ma cigarette et l'écrase dans le cendrier avant de quitter ma chambre et d'aller dans le salon me servir un café. Papa travaille encore tard alors je suis seule pour un moment.
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DAMAGED
RomanceLorsque la noirceur nous entoure trop longtemps, on finit par s'y perdre. La vie est loin d'être facile pour Rue. Ses traumatismes le hantant jour et nuit, il se doit d'aller de l'avant et de faire face à sa nouvelle vie dans une petite ville où il...
