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RUE

Samedi 4 octobre:

"- Dis-moi que tu as fini par lui envoyer un message..."

- Je l'ai fait hier soir, soufflais-je.

"- Et alors?"

- Et alors elle vient chez moi vers trois heures de l'aprem pour faire ce devoir à la noix.

"- Ne cache pas ta joie, je sais qu'au fond tu es content de passer du temps avec elle."

Connaissant mon meilleur ami, je savais très bien qu'il sous-entendait quelque chose, ou au moins qu'il avait une idée en tête.

- Tout ce que je veux c'est qu'on finisse ce travail au plus vite et sans embrouille de préférences.

- "Après, tu ne peux pas t'étonner de son comportement envers toi. Toi-même tu t'obstine à jouer les mecs torturés qui ne veut que personne ne l'approche."

- Mais ce n'est même pas qu'elle me repousse comme je l'ai fait. C'est plus comme si elle m'avait dit que je n'étais pas prêt. En tout cas, c'est ce que j'ai compris.

Il y eut un bref silence entre nous. J'étais encore perturbé par les paroles de Luna, essayant de déchiffrer quelque chose qui n'existait certainement pas.

- "Cette fille te prends la tête hein? Mais si elle ne te repousse pas, pourquoi est-ce que tu veux la fuir? Si tu as réussi à sympathiser avec Tray, autorise-toi à le faire avec elle aussi."

- Ce n'est pas pareil.

- "Parce que tu as peur de tomber amoureux? Tu sais que j'adore écouter ta belle voix mais je dois te laisser, il faut que j'aille répéter avec le groupe. D'ailleurs, on risque de passer vers chez toi bientôt alors on pourra certainement se voir. Je te tiendrais au courant."

J'acquiesce avant de le laisser raccrocher. Notre appel avait duré pratiquement une heure, j'avais fini par tout lui raconter. Ma fugue tardive, la soirée chez Tray, les événements de la fin de semaine. Bref, tout.

Je m'empare d'un vieux sweat que j'enfile et sort de ma chambre. Je suis seul avec mon petit frère toute la journée car ma mère travaille à l'hôpital. J'ignore l'heure à laquelle elle est censée rentrer mais je suppose qu'elle ne sera pas à la maison avant au moins vingt-et-une heures.

- Max! T'es où? m'écriais-je depuis le couloir au premier.

J'entends une petite voix venir d'en bas et décide de la suivre pour retrouver la terreur dans le jardin en train de dessiner au soleil. Je le rejoins, sortant en chaussettes.

- Pourquoi est-ce que t'es pas couvert? Tu as vu le froid qu'il fait aujourd'hui? Si maman voit que t'es tombé malade elle me tuera. Dépêches-toi de rentrer.

- Mais j'aime bien être dehors! Et comme j'avais faim et que tu étais dans ta chambre, je me suis occupé.

Nous rentrons tous les deux et je referme la baie-vitrée tout en le regardant poser ses affaires sur la table du salon.

- T'as faim? Mais il n'est pas si tard pourtant.

Je regarde mon téléphone qui affiche midi et demi. Merde, merde, merde. Je n'ai pas vu le temps passer alors que j'ai un tas de choses à faire. J'étais censé aller faire des courses avant midi et faire les tâches ménagères avant que Luna ne vienne. Ca, c'est à cause d'Alex et sa manie de monopoliser la parole.

Je me précipite dans la cuisine et ouvre les placards à la recherche de quelque chose de rapide à préparer mais il n'y a rien. J'ouvre alors le frigo et découvre qu'il est également vide. Réfléchissant à toute vitesse, je grimpe les escaliers pour aller y chercher mon portefeuil ainsi que mon trousseau de clés.

DAMAGED Des histoires addictives. Découvrez maintenant