15- LUNA

162 11 38
                                        

[;]

Lundi 6 octobre:

Enroulant mon écharpe autour du cou, je jette un coup d'œil aux lacets de mes baskets pour m'assurer qu'ils sont bien faits avant de quitter la maison et fermer à clés derrière moi.

Il ne fait pas si froid que ça pour un début d'octobre mais Papa tenait à ce que je prenne une écharpe pour éviter de tomber malade. Je la laisserai dans mon casier le restant de la journée, il ne saura pas que je ne l'ai pas porté. Malgré notre dispute de l'autre jour, il faisait tout de même attention à moi, ce qui veut dire que cet accroche que nous avions eu commençait doucement à se dissiper.

Mes écouteurs dans les oreilles, j'attends patiemment sous l'abri de bus que mon moyen de transport arrive tandis que le jour commençait doucement à se lever.

J'ai toujours détesté devoir me lever près de deux heures plus tôt à cause du temps de trajet qu'il fallait au bus pour m'emmener au lycée. Et dire que je vais devoir rester éveillée toute la journée jusqu'à dix-huit heures. Avec un peu de chance, je pourrais dormir un peu ce soir pendant le trajet du retour.

La sonnerie de mon téléphone retentit dans mes écouteurs, me signalant un message. Il faut que je pense à la désactiver.

Nalia
t'arrives bientôt?
ya un truc de ouf que tu dois voir!!!

Nalia a tendance à me parler très souvent depuis qu'on a échangé nos numéros. Elle sait déjà une bonne partie de ma vie malgré que j'en sache moins sur elle. Elle ne se confie pas si facilement alors que moi, c'est l'inverse avec elle. Je comprends qu'elle veuille garder certaines parties de sa vie privée mais quand elle sera prête à m'en parler, je serai là pour l'écouter.

J'ai l'impression qu'elle reste un peu sur ses gardes avec moi mais elle m'a expliquée que c'était dû à ses relations amicales passées et qu'elle avait du mal à se défaire de cette méfiance et de ces blocages. Ce n'est pas moi qui vais la juger pour ça.

Je pensais être moi aussi très méfiante envers les autres mais je me suis rendu compte qu'en réalité, je suis tout l'inverse. Je me confie trop vite, je fais confiance trop facilement. Peut-être par besoin du manque d'attention que j'ai vécu ou pour m'accrocher aux autres dans l'espoir qu'ils ne me rejettent pas. Mais ils finissent tous par le faire à un moment donné.

Les nuages sont gris aujourd'hui. Il devrait pleuvoir dans la journée selon la météo et le vent est censé se lever ce soir.

Le bus s'arrête devant l'enceinte du lycée et je descends après tous mes camarades, comme chaque matin. La différence aujourd'hui, c'est que je ne me rends pas directement à ma salle de cours. Pour la première fois depuis longtemps, quelqu'un m'attend. Une amie.

Nalia m'attend, adossée à un mur, cigarette à la main et guette d'un regard froid chaque personne qui passe à côté d'elle. Elle est habillée d'un t-shirt court à manche longue qui laisse apparaître son épaule droite avec une petite jupe en jean dont les jambes sont recouvertes d'un collant noir opaque. Des baskets à talons compensés aux pieds, lunettes de soleil sur la tête et des sortes de mitaines noires qui lui recouvrent ses avants bras. J'ignore comment elle fait pour ne pas avoir froid.

Lorsqu'elle me voit, son regard glacial se réchauffe aussitôt avec un sourire accueillant. Je la rejoins et la salue.

- Mon bus arrive beaucoup trop tôt, ça doit faire vingt-cinq minutes que je me gèle les fesses à t'attendre!

Je ne peux m'empêcher de rire et remarque qu'elle tremble légèrement des jambes.

- Pourquoi est-ce que t'es pas rentrée te réchauffer?

DAMAGED Des histoires addictives. Découvrez maintenant