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Treize : Noël

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Matthias.

Un, deux, trois puis quatre coups de poing en plein visage

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Un, deux, trois puis quatre coups de poing en plein visage. Des menaces, des cris, et ça m'aura suffit pour accepter de reprendre ce putain de poste de garde du corps. Hernandez m'a clairement fait comprendre qu'il ne rigolait pas mais qu'il avait la possibilité de régler ma dette si j'acceptais de travailler pour lui. Il m'a dit avoir fait quelques recherches sur moi. Sûrement trop. Il connaît quasiment toute ma vie.

Mais sa proposition est trop tentante. Le temps passe vite et je n'ai à peine rassemblé trois milles euros. J'ai là, l'occasion de régler une dette et reprendre ma vie comme je l'entends, tout en sachant ma mère en sécurité. Je n'ai plus vraiment d'autres choix aujourd'hui et je dois faire confiance à Hernandez. Il en dépend de ma vie.

Il m'a strictement ordonné de ne plus jamais refaire cette erreur durant mon service et que sa fille devait être protégée. Il espérait en réalité, que sa fille se fasse attaquée et que je sois en capacité d'arrêter l'homme qui avait tiré sur son fils. D'après ses dires, un gang ennemi en voulait à son empire mais il n'a pas souhaité me mettre plus au courant que cela.

J'ai droit à une arme dans mon appartement mais je refuse d'en porter une sur moi. J'ai déjà du mal à tenir un simple pistolet entre mes mains, je préfère l'avoir le moins possible avec moi. Ces armes tuent si facilement et j'en ai tué des gens, en tant que militaire.

J'ai pu profiter de mes trois semaines de repos pour aller voir ma mère. Son état s'est dégradé, sans visite, elle perd la mémoire et la lui faire retrouver est encore plus difficile. Heureusement, c'est une femme curieuse qui s'est toujours intéressée à tout et même si elle est malade, tout ce que je lui dis l'intéresse, comme si elle redécouvrait l'histoire de sa vie, en boucle et que malgré tout, elle s'en émerveillait à chaque fois.


En bref, je me retrouve à jouer de nouveau les gardes du corps et ça commence le 24 décembre, le jour du réveillon de Noël. Aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai le droit à ma place à table. Une petite musique passe en fond, le sapin illumine la pièce et dehors, quelques flocons de neige tombent. Un véritable Noël des plus clichés, le vin coule à flot, la nourriture déborde des plats mais je dois admettre que le chaperon ou les marrons sont délicieux.

En plein dîner, Hernandez, assis en bout de table, se lève et tapote son verre pour que tout le monde l'écoute.

— Comme chaque année, je ne peux pas assez vous remercier de votre présence. Tout d'abord mes enfants Aloïs et Julia mais également Cassy et Gabin, que j'ai en quelque sorte adopté...

Je perds le fil de son discours un instant lorsque je sens un pied toucher ma jambe. Mes yeux se posent sur Julia face à moi. Son menton appuyé sur sa main, elle me regarde, un faible rictus au coin des lèvres et elle caresse ma jambe de son pied nu. Je me redresse légèrement et détourne mon regard pour me concentrer sur mon patron.

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