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Cinq : Night Club

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JULIA.

Je sors de la douche, la serviette bien accrochée, je me lisse les cheveux face au miroir

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Je sors de la douche, la serviette bien accrochée, je me lisse les cheveux face au miroir. J'ai tendance à avoir en horreur l'aspect de mon corps et surtout celui de ma peau. Ma cuisse et mon bras droit gardent des cicatrices de brûlures indélébiles qui, en plus de déformer l'aspect de ma peau, me rappellent sans cesse que j'ai failli y rester, quand j'étais encore trop jeune pour comprendre les enjeux de la vie.

J'arrive à me montrer dorénavant, je travaille sur moi-même pour ne pas laisser de simples cicatrices gâcher mon existence, alors j'ignore le regard interrogateur des autres, j'essaie d'attirer l'attention sur d'autres facettes de mon physique comme mon visage, mes cheveux, mes yeux et même ma poitrine s'il le faut. L'illusion fonctionne, la plupart du temps. Faire l'amour dans une lumière tamisée aussi, les défauts disparaissent et les hommes, trop obnubilés par ce qu'ils ont entre les jambes, n'y voient que du feu.

Lorsque je suis fin prête, j'attrape mon sac à mains après avoir enfilé des escarpins que j'aurai hâte de retirer d'ici quelques heures. Juste avant de sortir, j'envoie un message à ma meilleure amie Cassy.

C'est une fêtarde dévergondée, un peu comme moi, sauf que Cassy semble n'avoir aucune faille. Elle est belle, désinvolte et vit sa vie comme elle l'entend, sans se soucier de rien. Elle a de l'argent grâce à ses parents elle aussi et tout comme les miens, ils ont souvent été absents. Ça nous a rapproché dès notre adolescence et nous ne nous sommes plus jamais quittées après ça.

Lorsque j'ouvre la porte, je relève les yeux vers Matthias qui se tient là, comme un vigil dissuadant quiconque d'approcher. Je lève les yeux au ciel puis ferme la porte à clé. Ensuite j'avance dans le couloir, mon garde du corps sur les talons.

— Alors ? commencé-je en appelant l'ascenseur. Tu t'es installé dans ton nouveau chez toi ?

Je tourne la tête vers lui alors qu'il regarde les chiffres défilés sur le compteur juste au dessus des portes.

— Ce n'est que temporaire, me répond-il.

Ses mâchoires sont dessinées, ciselées. Il est rasé de près, soigné avec un profil harmonieux. Je détourne le regard puis entre dans l'ascenseur avec lui.

— Tu habites où, sinon ?

— Dans un appartement miteux, quelque chose qui vous rebuterait aussitôt mettriez-vous les pieds dedans.

Je pouffe de rire.

— Je ne suis pas précieuse.

— Si vous le dites.

Nous rejoignons ma Mercedes, je lance les clefs à Matthias qui les rattrape de justesse puis m'installe côté passager. Il démarre rapidement mon bolide et nous partons en direction du club de mon frère. Il ne sera pas là ce soir, et c'est bien dommage mais je comprends son besoin de se reposer.

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