Nous avons mis à jour nos Directives de Contenu.
Consultez les dernières directives pour continuer à partager des histoires en toute sécurité.

Vingt : Attirance

1.3K 88 4
                                        

JULIA.

Pour certains, je passe probablement pour une débauchée, une allumeuse et une femme imbue d'elle-même

Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.


Pour certains, je passe probablement pour une débauchée, une allumeuse et une femme imbue d'elle-même. Je suis peut-être un peu des trois mais ce soir, malgré l'alcool que j'ai ingéré, qui, d'ailleurs, n'est pas si énorme que ça, je m'amuse comme une folle. Surtout car je ne fais que gagner, étant très mauvaise perdante, ça ne pouvait pas mieux tomber. Les amis de Matthias sont nuls au jeu de fléchettes et moi, j'ai probablement une bonne étoile au dessus de ma tête. Je n'ai perdu aucune manche.

— Encore ?! Putain mais c'est pas vrai ! couine Hugo.

— Yes ! m'exclamé-je.

— Si ça avait été un match pro, j'aurais parié sur toi et j'aurais ramassé des liasses et des liasses de billets ! s'enthousiasme Erwan.

Je rigole. Ses amis sont cool, sans prise de tête, ils s'amusent, parlent de tout et de rien. Je sais que Vincent va bientôt se marier, Erwan est célibataire car trop accès sur les jeux vidéos, d'ailleurs, il en fait son métier et Hugo sort d'une longue relation douloureuse.

Je finis mon verre de soda alors que les garçons boivent une énième bière.

— Je ne sais pas si Matthias t'as beaucoup parlé de sa jeunesse mais, il avait la côte auprès des filles au lycée, déclare Vincent.

— Oh vraiment ? m'étonné-je en jetant un regard à Matthias qui boit à grosses gorgées sa bière.

Il pose sa pinte.

— Il ne vaut mieux pas écouter tout ce qu'ils disent, je t'assure.

Je souris puis me concentre sur Vincent qui rigole déjà.

— Au collège et en seconde, c'était tout l'inverse, renchérit-il. Il avait de l'acnée, il était tout maigrichon et timide avec un appareil dentaire.

— Moh, comme c'est mignon, me moqué-je.

Matthias secoue la tête et reprime un sourire. Je le sens plus décontracté et j'ai presque l'impression de passer une soirée avec des amis plutôt qu'avec mon garde du corps. Ça fait du bien de penser différemment et de ne pas porter ce masque qui me caractérise tant. Je baisse ma garde, or ce n'est que temporaire.

— Pour ma défense, ils n'étaient pas mieux que moi.

— Puis vint la première, après un été sportif et des produits miracles achetés une fortune par sa mère, Matthias est revenu changé et a pu commencer la véritable adolescence.

— Mais le pire ! intervient Erwan en levant son index. C'est que Matthias était fou amoureux de notre prof de Français. La vieille Maryse.

Les garçons rigolent et moi aussi. Matthias finit son verre, amusé de la situation et probablement un petit peu gêné.

— Attends, mais elle avait quel âge cette professeure ? m'enquis-je.

— Elle était pas si vieille ! se défend Matthias.

— Tu rigoles ?! T'avais seize ans, elle en avait cinquante !

J'ouvre de grands yeux, pose ma main sur ma bouche et me moque de lui avec ses amis. Je vois que ça le fait rire et moi aussi, j'aurais aimé partager ce genre de souvenirs avec mes amis. Sauf que j'ai principalement suivi des cours par correspondance à la maison et ensuite, j'ai fait les beaux arts. Là-bas, j'étais tellement obnubilée par la peinture et la photo que je ne me mélangeais pas et allais rarement aux fêtes étudiantes, tout en sachant que j'étais avec Jordan et qu'il empoisonnait ma vie. J'étais enfermée, et sans Gabin et Cassy, j'aurais sombré.

Malheureusement pour nous, la soirée est écourtée par la fermeture du bar. Il est près de quatre heures du matin, on est presque tous ivres. Bien que pour une fois, je sois dans un meilleur état que mon garde du corps que je conduis. Nous prétextons qu'il se sent trop mal pour être baladé en taxis et je le ramène jusqu'à la voiture. Il monte côté passager, et je suis chauffeure.

Sur la route, la radio qui passe en fond, je continue de sourire en repensant à la soirée. D'abord, ce foutu dîner et les ordres de mon père... c'est presque drôle, la façon dont il me traite. Sans ce moment au bar, j'aurais fini par déprimer à la maison ou j'aurais été forcée de rentrer avec Alessandro...

— Tu... étais radieuse ce soir, commente Matthias.

Je sors de mes pensées et lui jette un bref regard, concentrée sur ma route.

— Radieuse ? répété-je, étonnée.

— Ouais, t'étais... heureuse, libre. Je ne t'ai jamais vu autant sourire.

— Tes amis sont vraiment cools. Ils ont su me mettre à l'aise et j'étais vraiment très contente de les battre aux fléchettes. Je me sentais... supérieure.

Matthias pouffe de rire puis passe ses mains sur son visage. Il est beau, même s'il a eu un excès de violence au restaurant. En y songeant, quand je vois sa main bandée, ma curiosité me rattrape.

— Pourquoi tu t'es énervé tout à l'heure ?

— Pour rien.

— Tu peux arrêter de jouer les mecs mystérieux et me répondre pour une fois ?

— Non, je me méfie de toi.

Je hausse les sourcils et baisse la radio.

— Pourquoi tu te méfies de moi ?

— Parce que... t'étais bien trop gentille ce soir. Je n'ai pas envie de m'y habituer. Je sens que ça ne durera pas.

Je me gare sur le parking et coupe le contact. Nous sortons, montons dans l'ascenseur. Matthias reste appuyé contre la barre de sécurité et scrute les chiffres qui défilent. À en voir sa posture et ses yeux rougis, il est ivre.

— Je n'étais pas "trop" gentille, ce soir. J'étais...

— Tu as baissé ta garde.

Je le toise, sans un mot, les bras croisés. Il parle comme un soldat.

— Mais c'est très bien, tu sais, reprend-il aussitôt. C'est... ouais, c'est super. Je me suis bien amusé.

Je me pince les lèvres pour éviter de rire mais un souffle m'échappe.

— Pardon, Matthias mais... tu n'aurais pas trop bu par hasard ?

Il sourit en coin. C'est sexy.

— J'étais avec mes amis, c'était bien. C'était... enfin, j'étais content que tu sois là. Ça s'est mieux passé que ce que je pensais.

Je lui rends son sourire et nous nous regardons durant de longues secondes de silence. Son sourire disparaît, le mien aussi, je me perds dans ses yeux verts, profonds et plus je m'y perds, plus mon coeur s'emballe parce que je repense à son regard, à sa fougue, à ses hanches, et sa...

— Je vais t'embrasser, déclare Matthias. Sûrement parce que je suis trop bourré. 

Je hausse les sourcils alors qu'il s'approche de moi, pose sa main sur mon cou et garde ses yeux plongés dans les miens. Il approche des lèvres des miennes alors je ferme les yeux, le souffle court, je les sens qui m'effleure ce qui anime mon désir. Enfin, il m'embrasse avec fougue. Je me laisse bercée par sa danse sensuelle, pendue à ses lèvres, heureuse qu'il ait enfin pris l'initiative de venir à moi.

Les portes s'ouvrant, il se détache de moi rapidement. Il sort de l'ascenseur, je passe ma main dans mes cheveux, quelque peu déboussolée puis le suis. Alors que mes clefs s'enfoncent dans la serrure, je sens ses mains sur ma taille qui, lentement, remontent sur mon ventre. Il déroule mon écharpe lentement, que je rattrape avant qu'elle ne tombe et alors qu'il pousse le col de mon manteau, je sens ses lèvres se poser sur ma clavicule. J'entrouvre la bouche, surprise mais incapable de lui demander de s'arrêter. Mes poils se hérissent à son contact, mon souffle s'accélère. Il est en train de faire monter en moi un désir incontrôlable et naissent alors de nouveaux fantasmes. 

Je parviens à déverrouiller la porte et lorsque je me retourne, Matthias m'embrasse à nouveau. Nous rentrons dans l'appartement, il pousse la porte qui se claque derrière lui. Cette fois, c'est la pulsion qui nous guide. Je retire mon manteau tout en l'embrassant tandis que ses mains se baladent sur mon corps. Il me colle contre le mur, appuie sa main dessus puis dépose des baisers dans mon cou, remonte sa main sur ma poitrine. Il me regarde un instant, le regard sombre de désir. 

— Ce n'est que du sexe, souffle-t-il. 

Je hoche la tête. 

— On l'a dit, rien d'officiel, rétorqué-je. 

Ça semble le rassurer, alors je me retrouve rapidement dos à lui, contre le murmel coeur battant à tout rompre. Il déchire mes collants, je sens ses mains partout sur moi, je me mords les lèvres, ferme les yeux. Lorsqu'il entre en moi, il saisit ma gorge. Je me cambre, tourne la tête et l'embrasse avant de pousser un gémissement non contrôlé. Son bassin heurte mes fesses, je suis sur la pointe des pieds, mes jambes tremblent, mon corps est secoué de plaisir. J'aime la bestialité, le sexe et la domination, je suppose que Matthias le comprend vu mes réactions. Je l'entends grogner, sa main se resserre légèrement autour de mon cou et l'autre s'accroche à mes hanches. Cette fois, je ne parviens plus à retenir mes gémissements, je cris. Ses coups de reins sont brutaux, maîtrisés et profonds associés à la chaleur de son corps contre le mien, si bien que je ne sais plus où je suis, qui je suis, ce que je fais. J'ai même du mal à rester debout, le dos cambré, tant le plaisir est intense. Heureusement, à cet étage, il n'y a aucun voisin. 

Matthias devrait boire plus souvent. 

De cette façon, il me montre son vrai visage. 

Et mon corps en redemande. 

Mon Garde du CorpsDes histoires addictives. Découvrez maintenant