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Vingt Trois : Piégé

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Matthias

Je frotte mes mains, racle mes ongles, respire fort, me gratte les paumes

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Je frotte mes mains, racle mes ongles, respire fort, me gratte les paumes. Le sang peine à partir entièrement, comme s'il s'était imprégné de ma peau, comme s'il l'avait taché pour toujours. Plus je frotte, plus je sens mon pouls s'accélérer et une certaine angoisse m'envahir.

— PUTAIN ! Crié-je en frappant mon poing contre le parement de la douche.

Le carreau se fend sous mon poing et la douleur que le coup me provoque semble apaiser faiblement mes craintes. Je baisse la tête, laisse l'eau couler et se mêler aux larmes que je ne sais retenir. J'ai tué quelqu'un ce soir, et je n'arrive pas à m'enlever de la tête toute cette culpabilité qui me ronge depuis.

Je ne me reconnais plus. Je ne comprends pas comment j'ai fait pour en arriver là, pour foutre autant ma vie en l'air. Mon père m'a laissé un héritage empoisonné et moi, j'ai cru bien faire en acceptant ce travail. Je le sens et je le sais, Hernandez me piège pour une bonne raison. Je ne suis qu'un pion dans son jeu d'échec dont il est le roi.

Julia, elle, est un dommage collatéral qui lui coûte tellement cher que, si elle venait à disparaître, il en serait satisfait.


Après avoir discuté avec Julia dans la salle de bain, je suis rentré pour me préparer. Mais dès lorsque j'ai refermé la porte derrière moi, Hernandez m'attendait, assis sur le fauteuil vert du salon.

— Tu t'amuses bien avec ma fille ? m'a-t-il demandé.

J'étais déjà foutu. J'ai préféré rester silencieux alors qu'il s'était levé pour me faire face. Ses yeux bruns me fixaient, il mâchait un chewing-gum et retroussait les manches de son costard.

— Je t'ai posé une question, hijo.

— Écoutez, je...

— Ne me sors pas tout un monologue pour te trouver des excuses. Tu couches avec ma fille, je le sais, et depuis bien longtemps.

Je n'ai rien pu répondre à ça alors je me suis tu.

— Voilà le deal, Roberts. Tu accompagnes ma fille à son vernissage et tu tues ma cible.

C'est tout ? J'étais étonné de ne pas le voir plus en colère que ça vis à vis de ma relation avec sa fille.

— Il y aura beaucoup de monde et...

Il avait levé son doigt pour me faire taire.

— Tu tues Alessandro. Quand c'est fait, envoie moi un message, mes hommes s'occuperont du reste.

— Mais je croyais que vous faisiez affaire avec lui.

— Dans ce monde de requins, il ne faut faire confiance à personne. Alessandro allait me la mettre à l'envers un jour ou l'autre, je préfère prendre les devants. Je sais qu'il n'est pas à la tête de son cartel et je sais que si toi, le petit garde du corps, tu le tues, alors tu attireras enfin le baron, le Jeffe, celui à qui je veux couper la tête. Ainsi, plus de Cartel en Sicile, hormis quelques gangs dont je m'occuperai une fois implanté là-bas.

Mon Garde du CorpsDes histoires addictives. Découvrez maintenant