Lorsque que le père de Julia Hernandez, un Baron du Crime, engage un Garde du Corps pour la protéger, cette dernière est bien décidée à lui faire savoir qu'elle n'est pas d'accord avec cette décision. Pour cela, Julia s'efforce de faire flancher Mat...
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J'observe Julia, son père et le dénommé Alessandro discuter tout en mangeant. Ils ont l'air de bien rigoler, et je trouve ça incroybale cette façade qu'ils ont tous les trois. Julia est entourée de deux criminels et j'ai bien vu à son regard quelques minutes plus tôt, qu'elle était blessée. Mais qu'est-ce que je peux faire ? Hernandez me tient par les couilles.
— Elle est super canon la fille du patron, commente le garde du corps.
— Alessandro se tape des mannequins plus jolis qu'elle, riposte le garde du corps Sicilien.
— Est-ce que tu l'as déjà vu à poil ? me demande le garde du corps.
Je serre et desserre les mâchoires. Je me ressert un verre d'eau que je bois d'une traite. Je n'ai même jamais autant bu d'eau mais la façon dont ces deux gigolos parlent me met hors de moi. Plus je passe du temps avec Julia, moins j'ai de sang froid. Parfois je me dis que je devrais remonter sur un ring, histoire de me défouler une bonne fois pour toute. Tirer une balle dans la tête de quelqu'un, ça ne défoule pas, ç fait de nous un meurtrier. Ce que je suis à présent.
— Et toi ? T'as déjà vu à poil Hernandez ? grogné-je.
Ca semble les faire rire. Je secoue la tête et m'adosse à la banquette en poussant un profond soupir. Julia s'esclaffe, ça me semble faux. Elle pose sa main sur le bras d'Alessandro, lui fait les yeux doux et cela semble plaire à son père. Il tient des clubs de strip-tease, est-ce qu'il compte aussi prostituer sa fille ?
— Tout le monde sait que sa fille écarte les cuisses facilement, même lui le sait, ce n'est pas un secret.
Je pose mon verre sur la table, bien trop violemment puisqu'il se brise sous mes doigts et me coupe la paume. Le fracas que ça engendre coupe court à la discussion de toutes les personnes présentes dans la salle. Je retire le morceau de verre de ma paume et appuie la serviette dessus alors que Hernandez se lève, attache sa veste de costume et s'avance vers moi.
— Roberts, tu veux bien me suivre à l'extérieur ?
Je me lève, garde le poing serré pour éviter le saignement et lance mon plus mauvais regard en direction du garde du corps du patron. Ensuite, nous sortons, j'évite de regarder Julia et je prends une grande inspiration quand je sors enfin à l'air frais. Le bruti environnant de la ville me décontracte légèrement mais je sens le regard pesant d'Hernandez sur moi. Alors je me décide à me tourner vers lui, il prend mon avant bras, me fait desserrer le poing et regarde la paume de ma main.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demande-t-il calmement en me faisant resserrer la main sur la serviette.
— Votre garde du corps manque de respect à votre fille.
— Tu sembles apprécier Julia.
— Je suis censé la protéger, mais j'ai aussi des valeurs alors si un homme manque de respect à une femme, quelle qu'elle soit, j'ai du mal à me contenir.
Hernandez hoche la tête puis sort de sa veste, un paquet de cigarette. Il m'en propose mais je refuse, il cale son cancer entre ses lèvres puis l'allume à l'abri du vent froid de cet hiver.
— Je t'aime bien, Matthias. Tu m'as montré que t'avais une paire de couilles, que tu savais visé et que je ne m'étais pas trompé sur toi.
Il marque une pause, expire un nuage de tabac sur moi et me jauge.
— Mais oublie ma fille. Tu la protèges, tu tues mon ennemi et tu es acquitté de ta dette.
— Mais je travaille pour vous maintenant, marmonné-je.