Toc, toc, qui est là?

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Yana
Présent

Milo et moi avons des chambres séparées, seule une salle de bain communicante les relies.

Je suis en train de mettre mes boucles d'oreilles quand on toque à ma porte. Milo apparaît dans l'encadrement.

- Tu es prête ?

- Il n'est même pas encore 19h, les invités arrivent à 20h.

- Oui, mais mon père nous veut dans son bureau dans 20 minutes. Il a l'air... tendu. Je l'ai rarement vu dans cet état.

Il est rare qu'il se montre réellement vulnérable devant moi. En général il est du genre passif-agressif quand il n'est pas carrément agressif. Son air inquiet parvient à m'amadouer, je le regarde avec un sourire que j'espère rassurant.

- Ton père est l'homme le plus tenace que je connaisse, après toi bien sûr, alors je suis sûr que quel que soit le problème, vous trouverez une solution.

Son visage s'illumine lorsqu'il remarque le ton bienveillant dans ma voix.

- Merci tresoro, tu descends avec moi ? il tend sa main et attends que j'y joigne la mienne.

J'aurais aimé refuser, mais c'est le deal, nous devons jouer le couple parfait en dehors de notre « intimité », si je peux appeler ça comme ça. Alors je fais abstraction de haut-le-coeur et c'est main dans la main que nous quittons ma chambre.

***

- Nous sommes au complet, la réunion peut commencer.

Sa voix est beaucoup moins assurée que d'habitude, je le surprends même entrain de desserrer sa cravate. Milo doit aussi sentir l'atmosphère tendu car il me serre d'avantage la main. J'ai bien essayé de me défaire de sa prise en arrivant mais il ne m'a pas laissé faire.

- Papa, il est temps de cracher le morceau, ton suspens commence à me les briser.

- Figlio, je suis désolé. Je t'aime quoi qu'il arrive. La situation est provisoire, nous trouverons une solution pour nous débarrasser du problème.

Milo perd patience, il lâche ma main, pour mon plus grand bonheur, et avance jusqu'au bureau où il pose fermement ses mains à plat pour faire face à son père.

- Crache-le-morceau, dit-il entre ses dents serrées. Le ton glacial dans sa voix me ferait froid dans le dos si je n'y était pas habitué.

Antonio soupire de résignation puis reprend contenance.

- Très bien, un homme prétend être mon fils. Il viendra ce soir à la maison pour que nous puissions évaluer la situation.

Je vois le dos de Milo se contracter sous le poids de cette révélation surprise.

- Est-il possible que ça soit le cas ?

- Je..., enfin, j'ai...

Antonio n'a pas le temps de finir sa phrase que Milo pousse un cri de nerf et envoie valser tous ce qui se trouve sur le bureau.

Pendant un instant, je vois le malaise dans les yeux d'Antonio, je jurerais même avoir aperçus ses yeux briller. Mais il ne lui a fallu qu'une demi-seconde pour redevenir cette porte de prison. Froid et impénétrable.

- Calme-toi immédiatement avant que je ne m'énerve à mon tour. Cette situation ne durera pas, je vais rapidement me débarrasser de lui, mais en attendant je veux que...

- Te débarrasser de lui ? Et s'il est réellement ton fils ? le coupais-je abasourdie.

- Aucune importance, il viendra déséquilibrer les affaires et la famille. Et qu'il le soit ou non, tout le monde a un prix. Et s'il n'en a pas, nous trouverons son point faible pour l'obliger à rester silencieusement dans l'ombre.

Prison dorée Où les histoires vivent. Découvrez maintenant