Angelo observa le corps inconscient de la jeune femme qui reposait au creux de ses bras. Ses doigts s'enfoncèrent instinctivement dans le tissu humide de ses vêtements, comme s'il cherchait à vérifier qu'elle était bien réelle, bien vivante.
Il serra les mâchoires en constatant que son corps était gelé et très aminci. Une tension lui noua l'estomac. Il savait qu'il était en partie responsable.
Il se redressa de toute sa hauteur en serrant Nalia contre lui, dans l'espoir de lui procurer un peu de chaleur, et se dirigea vers la porte de la salle à manger qu'il ouvrit d'un coup d'épaule avant de s'engager dans les escaliers qu'il monta rapidement. Ses pas résonnaient lourdement sur les marches, trop rapides, trop brusques, comme s'il fuyait quelque chose.
Pendant tout le trajet, il évita au maximum de déposer son regard sur la jeune femme. Il fixa le mur, les marches, la rampe, n'importe quoi sauf elle. Il ouvrit rapidement la porte d'une chambre au hasard avant de se diriger vers le lit et de la déposer délicatement dessus, comme on pose un objet fragile qu'on a peur de casser.
Il rabattit les draps sur le corps frêle de la jeune femme et se surprit à la contempler une nouvelle fois.
Le silence de la pièce pesait autour d'eux. Seul le bruit de sa propre respiration lui rappelait qu'il était toujours là, immobile, à la regarder dormir.
Angelo prit délicatement son avant-bras afin d'observer les bandages de la jeune femme, en serrant violemment les mâchoires. La colère qui l'animait envers David depuis pas mal de temps ne cessa d'augmenter suite à la découverte qu'il venait de faire aujourd'hui.
Non seulement il était le chef d'un réseau de trafic d'organes, mais c'était également un misogyne et un violeur qui violentait sa femme et sa fille pour son propre plaisir personnel.
Les mots tournaient dans sa tête comme un couteau qu'on remue dans une plaie.
Il exerça une légère pression sur l'avant-bras de Nalia en réalisant à quel point la vie ne lui avait pas fait de cadeau et ne l'avait pas épargnée. Sous ses doigts, il sentait les os trop proches de la peau, le pouls fragile mais régulier.
L'Italien remonta son regard sur le visage endormi et crispé de la jeune femme et réalisa qu'il n'avait jamais pris la peine de la regarder réellement. Ce n'est que maintenant que la réalité le gifla violemment.
Elle n'était pas si grande de taille. Une onde de douceur et de fragilité émanait de son corps, malgré tout ce qu'il avait traversé. Son visage, même marqué par la fatigue et la faim, gardait quelque chose d'indéfiniment doux. Son regard était couvert d'une fine rangée de cils soulevés par des sourcils qui s'harmonisaient avec le reste des traits de son visage.
Il descendit son regard sur ses lèvres et se surprit à les contempler plus longuement que le reste de son visage. Elles étaient légèrement entrouvertes, comme si elle cherchait encore à respirer un peu de vie.
Angelo se redressa soudainement en se passant une main sur le visage pour mettre un terme à ses pensées qui s'aventuraient sur un terrain dangereux. Il inspira profondément, comme pour chasser une odeur qui l'enivrait malgré lui.
Il la regarda à nouveau, alors qu'un sentiment encore inconnu lui serra la poitrine. Une chaleur étrange, presque douloureuse. Pour tromper son trouble, il se dirigea vers l'armoire et prit un pull avant de revenir vers Nalia. Il la souleva légèrement et lui passa le pull par-dessus son corps qui était froid. Ses gestes étaient maladroits, comme s'il n'avait jamais fait ça de sa vie. Il tira doucement sur les manches, ajusta le col, prit soin de ne pas cogner sa tête contre le bois du lit.
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Le Sort Du Destin
RomansaCette soirée... Il a fallut que Nalia s'enfuisse cette nuit, Il a fallut qu'elle toque à cette porte, Il a fallut que cet inconnu lui ouvre la porte, Il a fallut de cette porte pour basculer dans un enfer encore plus brûlant que l'était déjà le sien...
