Chapitre 7

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Les jours suivants, je fus incapable de sortir de mon lit. Harry avait dû prévenir Hermione, car elle me laissa tranquille le premier jour. Mais dès le lendemain, elle se plia en quatre pour ne pas me laisser sombrer ; m'apportant mes repas sur un plateau, bien que j'y touche à peine, me racontant les cours que je manquais... Malgré tous ses efforts, malgré les notes volantes de Harry recouvertes de petits cœurs, malgré les messages inquiets de mes ami•es, rien ne parvenait à combler le vide que je ressentais. Même les câlins de Ruby, mon chat, n'y faisaient rien.

Le cinquième jour, j'eus seulement la force de faire un tour dans la salle de bains. En face de moi, dans le miroir, c'était comme si une inconnue me fixait. Ses cheveux ternes et emmêlés, ses yeux sans éclat, son teint pâle et les lourdes cernes sous son regard vitreux... je ne reconnus rien de la Lizzie d'il y a quelques semaines. Cette réalisation me brisa le cœur un peu plus.

Je restai sous la douche au moins une heure, assise par terre, laissant l'eau chaude s'écouler sur mon corps amaigri. Pour m'empêcher de pleurer, je plantai mes ongles dans la chair de mes bras, sans résultat. Le sel de mes larmes vint s'échouer sur mes lèvres pincées tandis que je sanglotais en silence.

Lorsque je regagnai le dortoir, vêtue d'un peignoir et d'une serviette enroulée autour de mes cheveux. Sur mon lit, Harry attendait, assis sagement.

— Comment as-tu réussi à monter ? fus la seule chose que je parvins à lui demander, d'une voix rauque témoignant de ces derniers jours passés dans le silence.

Il esquissa un sourire.

— McGonagall a estimé que c'était une situation assez urgente pour m'autoriser ce privilège.

J'hochai la tête sans répondre, retirant la serviette rouge qui ornait ma tête et la déposant au pied de mon lit.

— Tu t'es lavée.

J'haussai les sourcils sans lever les yeux vers lui.

— Perspicace, répondis-je en m'agenouillant pour fouiller ma valise à la recherche de vêtements propres.

— Je suis fier de toi.

Ses mots réchauffèrent mon cœur et je ne pus m'empêcher d'esquisser un maigre sourire. Je m'arrêtai pour le regarder, les yeux brûlants.

— Qu'est-ce que tu fais là, Harry ? lui demandai-je finalement.

— Je suis venu te sortir de ta tour, Raiponce.

Je fronçai les sourcils sans comprendre.

— C'est un conte moldu. Dans l'histoire, elle est enfermée au sommet d'une tour sans issue et elle laisse tomber ses longs cheveux blonds par la fenêtre pour permettre à la méchante sorcière qui l'a kidnappée de monter.

— Et qu'est ce qui lui arrive, après ?

— Un prince tombe amoureux d'elle et lui promet de la sauver, mais la sorcière refuse de la laisser partir et coupe ses cheveux. Elle s'en sert pour tromper le prince et le laisse tomber dans un buisson de roses qui lui crève les yeux.

— Parfait, dis-je avec ironie.

— Mais ils se retrouvent à la fin, et les larmes de Raiponce guérissent les yeux du prince, qui la ramène chez lui.

Je grimaçai.

— Je préfère ma version, où Raiponce se jette du haut de la tour.

— Tu as oublié que Raiponce a un incroyable frère jumeau qui vient la délivrer.

— Ah oui ?

Il acquiesça. Je fus incapable de le lui dire, mais j'étais vraiment heureuse qu'il soit venu me voir.

Noir Corbeau.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant