Chapitre 10

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Dans la Salle Commune de Gryffondor, la fête battait déjà son plein. Au milieu de la foule qui scandait son nom, Ron accueillait les applaudissements avec un large sourire béat. Assoiffée, je me dirigeai immédiatement vers la table des boissons pour me servir une Bièrraubeurre. J'en tendis une à Sally, qui y plongea immédiatement le nez. Puis, elle aperçut Ginny et s'éclipsa plus vite que si elle avait transplané. Je rejoignis Harry et Hermione, qui discutaient avec Seamus et Neville — enfin, surtout Harry. Lorsque mon frère s'aperçut que notre amie faisait toujours la tête, il s'approcha d'elle et la bouscula gentiment de l'épaule.

— Arrête, lui dit-il.

— Tu n'aurais pas dû faire ça, répliqua Hermione, sourcils froncés.

— Je sais, abdiqua Harry. J'aurais pu utiliser le sortilège de Confusion.

Hermione ouvrit la bouche, me jetant un regard en coin. Je fis mine de ne pas la voir.

— C'était différent ! se défendit-elle, sa voix grimpant dans les aigus. C'était des essais ! Là, c'était un vrai match... !

Entre temps, Harry avait extirpé le petit flacon de potion dorée de sa poche. Le bouchon était toujours scellé de cire. Hermione constata son erreur très rapidement.

— T'en as pas versé, devina-t-elle, beaucoup plus détendue. Ron l'a seulement cru.

Harry acquiesça exagérément, ravi de son petit effet. Dissimulant mon rire dans mon verre, je vis notre amie secouer la tête, un rictus au coin des lèvres.

— Pourquoi est-ce que vous ne m'avez rien dit ?!

— Oh, tout simplement parce que c'était drôle, Mione, justifiai-je sans pouvoir calmer mon fou rire.

Harry pouffa et tenta de le camoufler dans une toux qui ne berna personne.

— Vous êtes vraiment les pires... s'amusa Hermione malgré tout.

Je l'attrapai par les épaules, ravie de retrouver son sourire. Malheureusement, il ne dura pas. En tournant la tête, je recrachai ma gorgée de Bièrraubeurre. Au milieu des encouragements et des exclamations de joie, Lavande venait d'attraper Ron par le col et l'embrassait à pleine bouche. Celui-ci avait posé des mains autour de sa taille et répondait au baiser avec autant d'ardeur qu'elle. Sentant Hermione se dégager de mon étreinte, je tournai les talons pour partir à sa suite, entraînant Harry par le poignet. Nous nous éloignâmes de l'agitation de la Salle Commune, suivant Hermione dans les couloirs.

— Mione, attends... essayai-je, en vain.

Elle m'ignora et accéléra le pas. Je la perdis de vue rapidement. J'échangeai un regard inquiet avec mon frère, mais il ne se laissa pas démonter et continua à la chercher. Nous la trouvâmes finalement en bas des marches de l'étage. Un cercle de petits oiseaux jaunes volait autour d'elle. Lorsqu'elle nous entendit arriver, elle releva la tête. La lumière de la lune reflétait les traces de ses larmes, qu'elle s'empressa d'essuyer.

— Oh c'est vous, fit-elle d'une voix qui nous apparut tout sauf surprise. J'étais en train de m'entraîner.

Ignorant les canaris, je vins m'agenouiller juste devant elle me blottis contre ses genoux. Harry s'assit à côté de nous sans un mot et posa une main réconfortante dans son dos. Hermione essuya son nez et leva les yeux vers lui.

— Qu'est-ce que ça te fait, Harry ? Quand tu vois Dean avec Ginny ? demanda-t-elle soudainement d'une voix tremblante.

Mon frère ne sembla pas savoir réagir.

— Je sais, reprit notre amie. J'ai bien vu comment tu la regardes. Tu es mon meilleur ami...

Je ne pus m'empêcher d'avoir les larmes aux yeux. Leurs situations faisaient écho à la mienne, et repenser à Drago me serra le cœur. Hermione prit doucement ma main, comme si elle l'avait compris, mais avant qu'elle n'ait pu ouvrir la bouche, nous entendîmes des bruits de pas et des rires. Ron apparut, tenant Lavande par la main. Celle-ci s'accrochait à son bras comme si elle avait peur qu'il ne s'envole.

Noir Corbeau.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant