Chapitre 9

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Katie fut transférée dès le lendemain à l'hôpital Sainte Mangouste et, rapidement, tout le Château fut au courant qu'elle avait été ensorcelée. Personne, en revanche, ne savait pourquoi, ni comment.

Harry avait fini par s'excuser, et je l'avais évidemment pardonné. Nous ne restions jamais fâchés longtemps, bien heureusement. Depuis que Drago m'avait quittée, j'avais souvent eu besoin de me reposer sur lui et, malgré la présence rassurante de nos amis, il était ma seule source de confort pour le moment.

Il avait revu Dumbledore, lorsque celui-ci était rentré. Notre directeur lui avait montré un autre souvenir en rapport à Voldemort. Cette fois-ci, le souvenir lui appartenait. Harry avait suivi une version plus jeune de Dumbledore à l'intérieur d'un orphelinat de Londres. Là, il y avait rencontré l'enfant que Merope avait mis au monde avant de mourir, un Tom Jedusor d'une dizaine d'années. D'après mon frère, c'était un gamin à l'aura aussi sombre que son regard. Dumbledore avait eu l'air de comprendre assez vite qu'il serait plus doué que la moyenne. Sans doute avait-il pensé pouvoir le mener sur le droit chemin, par la suite. La vie de Voldemort n'était possiblement pas tracée définitivement à l'âge de onze ans... et Dumbledore n'avait pas été en tort de le croire. Mais visiblement, le jeune Tom Jedusor était d'une intelligence sans pareille, et il savait quand se faire discret pour ne pas éveiller les soupçons. Harry avait également eu une conversation avec Slughorn à ce propos, lors de l'un de ses dîners auquel je n'avais pas assisté (j'avais passé la soirée avec Ron). Notre Professeur de Potions semblait hanté par les remords, aussi mon frère n'en avait pas tiré grand chose de plus. Mais, tout de même, nous avancions.

J'avais été mise au courant assez tôt de la soirée de Noël de Slughorn, et avais décidé d'y inviter Theo. Nous passions de plus en plus de temps ensemble et il se montrait être un ami vraiment attentionné. Nous abordions des tas de sujets de conversations différents et il était toujours intéressant à écouter. Il me faisait également beaucoup rire et me permettait de penser à autre chose le temps de quelques heures. Drago me manquait encore beaucoup, mais j'étais plus qu'heureuse d'être entourée de tous ces gens formidables. Je voyais ma sœur dès que je pouvais : elle venait me chercher certains soirs auprès de McGonagall et me raccompagnait quelques heures plus tard. Même Ron et Hermione se montraient plus agréables l'un envers l'autre, et il nous arrivait parfois de traîner avec Sally et Blaise sur notre temps libre. Je ne pouvais être plus comblée.

Aujourd'hui se déroulait le premier match de Quidditch de la saison, contre Serpentard. Katie étant toujours à l'hôpital, Harry avait été contraint de demander à Dean de prendre sa place. J'avais bien vu que ça ne lui avait pas fait plaisir, mais il n'avait rien laissé paraître. Je ressentais de plus en plus la douleur de mon frère, chaque fois que nous croisions Dean avec Ginny, et j'avais vite compris pourquoi. Je n'avais jamais abordé le sujet, devinant rapidement que Harry n'était pas forcément prêt à l'assumer, mais j'avais essayé d'être présente pour lui comme il l'avait été pour moi. Notre relation n'avait jamais été aussi fusionnelle, malgré nos petites embrouilles sans importance. Aussi lorsqu'il nous rejoignit à table, pâle comme la mort, je m'empressai de passer mes bras autour de ses épaules.

— Tout va bien se passer, lui glissai-je discrètement en embrassant sa joue.

J'étais restée éveillée une bonne partie de la nuit afin de calmer ses angoisses par rapport au match. Selon ses dires, les derniers entraînements avaient été catastrophiques, globalement à cause de l'incapacité de Ron à gérer ses émotions. Celui-ci arriva à table, raide comme un manche à balai et prit place en face de nous sans dire un mot. Nous le fixâmes quelques secondes, appréhendant son état d'esprit.

— Est-ce que tout va bien ? lui demandai-je finalement, brisant le silence.

Il inspira profondément. Avant qu'il ne puisse répondre, Lavande Brown s'approcha de lui et se pencha pour poser une main sur son épaule.

Noir Corbeau.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant