75 - Le cri de la rancoeur

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Pendant ce temps...

Point de vue Sada


Je me frotte les yeux en m'affalant dans mon grand fauteuil, devant les plans du secteur où sont indiqués toutes les localisations des héros. Chaque point vert avance de son côté et parfois rebrousse chemin, mais heureusement aucun ne vire au rouge, ce qui peut signifier que l'un des héros est dans un état critique. Si on pouvait localiser All for One directement avec ce logiciel, ça serait plus facile...

Un seul point bleu sort du lot spécialement pour signaler la présence de Dabi. Il avance très vite aux côtés de quelqu'un d'autre qui suit ses pas. Je me doute qu'il s'agit de Shoto et je suis rassurée. Je ne tiens pas à le laisser seul trop longtemps, il faut quelqu'un pour le protéger et le canaliser en cas de dérapage. Il peut arriver que Dabi se laisse aller à ses pulsions meurtrières par moments, et maintenant que la CSP lui a donné l'autorisation de se lâcher...

J'ai l'impression de revoir l'ennemi que j'ai rencontré au début.


Point de vue Shoto



Toya manque plusieurs fois de m'échapper pendant notre courses dans les souterrains. Malgré certains couloirs plus fragiles que d'autres, il continue de courir, grimper et s'agripper aux gravas comme s'il connaissait déjà le terrain et savait où aller. Pourtant ce n'est pas le cas, il fonce à l'instinct. Il n'arrête pas de sourire cependant. Un sourire purement joyeux, comme un enfant qui s'amuse dans une attraction labyrinthique, mais même ce sourire innocent m'inquiète un peu.

Depuis qu'on est descendus, Toya ne s'est pas retourné une seule fois pour s'assurer que je le suivais toujours et ne ralentissait pas pour m'attendre, alors je me débrouillais pour rester à sa hauteur. Il n'a pas non plus décroché un mot, ni partagé son plan pour trouver le Dr. Three. Même si on s'est quelque peu rapprochés depuis la fin de la guerre, c'est toujours aussi "froid" entre nous. Toya ne m'a pas pardonné, ou alors il ne sait pas comment faire le pas vers moi. C'est mon frère, alors je lui ai laissé le temps de s'adapter, mais j'avoue que cette relation mi chaude mi froide me pèse beaucoup. J'aimerais discuter davantage avec lui et lui rendre visite à la maison plus souvent, sans forcément avec l'accord et la présence de Riku-san. C'est elle qui planifie nos rencontres, je sais très bien que Toya ne le fera pas de son propre chef.

- Toya !

Je dresse un muret de glace au milieu du chemin pour l'empêcher de se faire surprendre par un précipice aussi profond qu'un puit. Toya glisse peu avant de se percuter contre la glace pour s'arrêter et se rattrape sur le rebord en admirant la hauteur qu'il a failli connaitre.

<< Eh ben... siffle-t-il. Ca fait haut dis donc. >>

Je soupire d'exaspération en le reculant doucement.

- Evite de te précipiter, c'était pas passé loin.

Mais il me repousse d'un revers du bras et se contente d'analyser la façon dont il allait rejoindre l'autre côté, qui est de toute façon beaucoup trop loin pour faire le grand saut.

- Toya.

<< Tais toi, tu me déconcentres, peste-t-il en tendant l'oreille. Evite de me gêner. >>

Je souffle du nez, un peu irrité par son attitude, avant de glisser le pied droit pour créer un pont de glace. Encore une fois sans me regarder, il me passe devant en essayant de ne pas glisser. Autrefois je n'aurais rien dit, mais au fil du temps j'ai commencé à ne plus supporter de ne pas exister à ses yeux. Toya ne me tolère que pour partager des sobas avec lui, mais même en mangeant la même chose, nos conversations sont brèves et fades.

Toujours toi | Sada x BakugouDes histoires addictives. Découvrez maintenant