Chapitre 31

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Lyna

Interloquée, je suis du regard le dos du garçon qui prend la fuite en pédalant à toute vitesse. Quand je reprends mes esprits, je me rends compte que je suis seule, loin de tout, alors que la nuit tombe sur la forêt autour du lac Enchanté.

La première pensée qui me traverse l'esprit est que j'ai donc passé toute l'après-midi ici jusqu'à tard étant qu'il fait presque nuit malgré que l'on soit en été. Toute cette journée avec Carlos pour compagnie était agréable avant qu'il ne parte à toute vitesse sans vraiment de raison majeure.

Je coupe court à mes pensées pour à mon tour enfourcher mon vélo avant de me retrouver à pédaler dans la nuit noire sur ce sol rude et glissant alors que je n'ai aucune lampe pour éviter les bosses et autres surprises que je pourrais rencontrer sur ma route.

Les minutes s'écoulent pendant lesquelles je continue à avancer prudemment à travers les arbres qui empêchent le réveil de la Lune d'éclairer mon chemin. Puis sans réussir à comprendre ce qui m'arrive, mon corps est propulsé par-dessus le guidon et un de mes genoux s'écorchent sur une des pierres qui m'a fait chuter.

- C'était sûr, soupire-je, fatiguée de la situation et ne souhaitant que m'enrouler dans mes doux draps prêts à m'accueillir.

_____________

Après être rentrée à pied en tirant le vélo à côté de moi, je tambourine à la porte de ma chambre et Célestina m'ouvre. A la vue de mon état déplorable, ma colocataire passe son bras autour de moi pour me stabiliser. Je m'affale sur le carrelage froid de la salle de bain pendant que la blonde sort d'un tiroir la trousse de secours. La plaie désinfectée, je me dirige difficilement vers mon lit et enfouit mon visage dans les draps qui dégagent une légère odeur de lavande.

Avant de me laisser emporter par le sommeil, mon cerveau fulmine et repense aux récents événements. Carlos était devenu un ami en l'espace de quelques mois. Et aujourd'hui j'ai tout détruit en évoquant Jane. Je me déteste. Nouer des liens avec lui avait été tellement difficile, et tout s'est évaporé si rapidement.

Je me promets d'aller m'excuser le plus tôt possible.

Sur ces pensées, je me laisse bercer par mes songes de cette nuit.

Carlos

Les rayons du Soleil m'aveuglent à travers la fine ouverture entre les rideaux. Arrivé dans la salle de bain, je suis effrayé par l'image que me renvoie le miroir. Mes yeux cernés et mes vêtements sales que je n'ai pas pris le temps d'enlever la veille me donne une allure peu séduisante. Et pour aller parler à Jane, il faut remédier à cette apparence négligée.

Après avoir pris une longue douche sous l'eau chaude et m'être vêtu des vêtements préférés de ma brune, je sors du bâtiments où sont les dortoirs pour chercher ma cible dans les jardins de l'école. Lorsque mon regard trouve sa robe bleue et ses cheveux bruns à travers la foule, je ne réfléchis pas une seconde de plus et mes jambes me mènent instinctivement à elle. Lorsque je suis à un pas derrière, une de ses amis qui m'a vu arriver lui fait un signe discret pour que Jane se retourne vers moi.

- Ah... c'est toi, s'étonne-t-elle en croisant mon regard.

- Jane...

- Ce n'est pas vraiment le moment-là Carlos.

Je sens une fissure se créer dans ma poitrine, malgré tout, je prends mon courage à deux mains et entonne le discours auquel j'ai réfléchi toute la nuit.

- Ne me repousse pas une fois de plus, s'il te plaît. Tu sais à quel point je tiens à toi, notre merveilleuse histoire ne peux pas s'arrêter à cause de ça. A cause de cette erreur futile. Je ne peux pas l'accepter.

- Ce n'est pas ça le problème. La vérité c'est que j'ai-j'ai rencontré quelqu'un.

- Comment ça ? Tu t'es fait une nouvelle amie ?

- Ne dis pas ça. Tu as très bien compris ce que je voulais dire. J'ai rencontré un autre garçon Carlos. Je tiens toujours énormément à toi mais je ne veux plus d'une relation. Pas avec toi.

- Tu-tu ne peux pas me dire ça Jane. C'est une blague j'espère ?

Ses yeux admirent ses chaussures qui sont devenues sa plus importante préoccupation. Sa tête tourne de gauche à droite, répondant silencieusement à ma question.

Tout devient flou, je n'ai plus la capacité de trier mes pensées, de répondre correctement. Alors dans un dernier élan pour finir ce qui a été commencé avant de partir, je lance moi-même étonné de mes paroles :

- Je ne veux que ton bonheur. Mais voir que tu ne l'obtiens pas grâce à moi m'est insupportable. Alors comme tu t'en doutes, c'est bel et bien terminé cette fois. Au revoir, Jane. 

Haine contre leurs descendantsDes histoires addictives. Découvrez maintenant