Lyna
— Allez. Ça ne sert à rien de se débattre. Ça ne fera qu'empirer la situation, susurre une voix féminine à mon oreille.
Son ton est glacial mais moqueur à la fois. Elle semble profondément apprécier la situation par rapport à moi en ce moment. Sa main recouvre en partie mon visage pour m'empêcher d'appeler à l'aide mais rend ma respiration difficile. Ben, lui, se fait tirer par un homme de notre âge cagoulé. Ses cheveux longs dépassent mais impossible de l'identifier, de savoir qui sont ses parents.
Ben se débat malgré sa poigne et se retourne pour vérifier que tout va bien pour moi. Lui non plus n’a pas la capacité de parler mais son regard en dit long. Il est tout autant inquiet que moi mais se préoccupe quand même de mon état. Même si on s'est éloignés l'un de l'autre ces derniers temps.
Nous descendons des escaliers sombres et nos assaillants nous jettent là comme de vulgaires déchets. Le sol rêche mais humide déchire ma peau sous l'impact de la chute. La fille qui me retenait est partie après avoir claqué la porte derrière elle, il ne reste que le garçon. Ben semble le connaître puisqu'il murmure :
— Pourquoi tu fais ça Gil ?
— Tu sais très bien pourquoi. Parce que ta mère n'a pas voulu épouser mon père. Et qu'il me demande depuis toujours de me venger. Alors quand j'ai su que tu étais sur l'Île, je n'avais pas le choix. Qu'auraient penser les autres sinon ? D'ailleurs quelqu'un a appris que tu étais là toi aussi, et il veut te rencontrer Léna. Il a payé cher pour te voir, j'ai même récupéré le casque de moto qu'on m'avait volé y a quelques mois en échange.
— Lyna. Et je ne rencontrerais personne.
— C'est dommage parce que je me suis déplacé juste pour te voir, susurre une voix grave dont la source m'est inconnue.
Un frisson me parcourt le dos et je me liquéfie. Mon instinct me hurle de fuir mais mon corps en est incapable. Mais je ne peux pas laisser Ben. Et où fuirais-je ? Cette cave n'offre aucune possibilité d'évasion. Je suis prise au piège face à cet homme. Celui qui a voulu tuer mon père et marier ma mère de force. Celui qui n'hésitera pas à m'éliminer pour obtenir sa vengeance. Celui qu'on nomme Jafar.
— Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire pour faire regretter tes parents de m’avoir volé ma ville ? Pour m’avoir empêché de devenir sultan d’Agrabah ? murmure-t-il en me tournant autour comme un immense serpent près à m’entourer pour m’étouffer.
Malgré le flot de sentiments qu’il m’inspire dont la peur que j’essaie de dissimuler, je rétorque :
— Jamais ma mère n’aurait épousé un homme comme vous. Et elle n’est pas la seule apparemment. Vous êtes seul et ne pouvez rien contre moi, tout comme vous n’avez rien pu contre mes parents et contre ceux de Ben qui vous enfermer ici comme un chien galeux à la fourrière.
Ses yeux s’assombrissent à mes mots. Il semble à la fois intrigué et surpris mais surtout enragé. Derrière lui, Ben me dit du regard de ne pas trop le chercher, de peur de comment il pourrait réagir si je vais trop loin dans mes paroles. Je refuse de me laisser écraser par ce monstre peu importe la peur qu’il fait peser dans mon ventre.
— Tu es bien sûre de toi pour une fille enfermée dans une cave comme un chien en laisse.
Sa voix est restée calme. Son ton froid et indifférent me glace le dos.
— On va finir par ouvrir un chenil à ce niveau-là.
C’est la réplique de trop. L’homme m’attrape violemment le bras et me traine dans les escaliers jusqu’à une autre salle où Ben ne sera pas présent pour tenter d’intervenir en cas de problème majeur.
— Avance gamine.
— Lâchez-moi.
Je me débats de toutes mes forces. Maintenant que je suis seule avec lui, je suis terrorisée à l’idée de ce qu’il pourrait décider de me faire subir. Je libère mon coude pour pouvoir lui envoyer dans le visage et mon genou se lève, près à s’abattre dans son ventre. Quand son attention est occupée à tenter de dévérouiller une porte moisie, je passe à l’action et attaque, en vain. On me jette de nouveau comme un vieille chaussette directement sur le sol grenue.
— Tu es sacrément insolente pour une gamine de 15 ans.
— 16 ans.
Son regard brille étrangement. Sa main se resserre autour de mon bras déjà rougi à force d’être trainée ainsi par des mains diverses à travers la moitié de l’Ile de l’oubli. Puis il se détourne de moi et je parviens à attraper le couteau qui dépasse de sa botte de cuir. Dissimulé dans ma manche, j’attends le bon moment pour fuir. Prête à planter la lame dans sa jambe et courir comme une fugitive, je patiente. Jafar me lance un regard mystérieux mais quitte la pièce sans un mot de plus pour plus.
Je suis seule depuis moins d’une minute et me dirige sur la pointe des pieds vers la porte. Il faut que je sorte d’ici et aille libérer Ben pour qu’on quitte cette Ile de fous. La clanche tourne sans que j’aie besoin de remuer mon poignet. Je sursaute et m’éloigne d’un bond. Gil pénètre dans la salle et avant que je n’aie pu abattre l’arme blanche toujours profondément verrouillée dans ma main, son bras pare mon offensive. Je continue de me défendre du mieux que je peux mais je sens que cette bagarre va mal finir. Un de nous deux va finir entaillé. Si ce n’est pire.
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Haine contre leurs descendants
FanfictionL'arrivée des quatre enfants de méchants à Auradon n'enchante pas vraiment Lyna, la fille de Jasmine et Aladdin. Son meilleur ami Ben va, en plus, la délaisser pour rester avec ses nouveaux ennemis. Sa haine pour eux ne fera que grandir. Mais si au...
