Je ne réussi à m'endormir qu'au bout de plusieurs heures. La nuit était déjà tombée depuis longtemps, et le silence du Bloc était pesant.
Moi qui rêvais de solitude, voilà que je regrettais de n'avoir personne avec moi. J'avais eu le temps de réfléchir à tout ce qu'il m'était arrivé depuis que j'étais ici. C'était relativement peu de souvenirs, ce qui était d'autant plus frustrant.
Je finis par m'endormir, d'un sommeil sans rêve.
* * *
Je me réveillais les membres endoloris par cette nuit inconfortable. J'avais en plus de ça, eu froid toute la nuit, je détestais cet endroit.
Dehors, l'activité du Bloc avait reprit, et je me réconfortais en me disant que j'avais au moins eu le droit de dormir un peu plus.
Aux alentours de onze heure - d'après la position du soleil -, mon ventre se fit remarquer. Je n'avais pas mangé depuis la veille au soir, et, bien que Newt m'ai dit que Chuck m'apporterait à manger, je commençais à perdre espoir.
C'est donc la gorge en feu et l'estomac dans les talons que j'eus le droit de sortir à la nuit tombante. Sans un mot de remerciement à Chuck qui était venu m'ouvrir, je me précipitais vers la cuisine, dans l'espoir que Poêle-à-frire ai quelque chose à me donner. En me voyant arriver, il m'indiqua un panier dans lequel trônait un sandwich et une pomme. Je le remerciais d'un grognement. « C'est Newt qui m'a demandé de te le garder de côté ». Une vague d'affection pour le garçon me traversa le coeur. Une fois rassasiée, je me dirigeais vers mon sac de couchage.
Newt arriva alors que j'étais couchée.
« Demain, tu retournes avec Clint et Jeff, ils sont d'accord pour te prendre avec eux, donc à moins qu'on ai besoin de toi ailleurs, tu sauras où aller.
- Très bien.
- Des questions ?
- Non.
- Très bien.
- Merci pour le sandwich. »
Il m'offrit un sourire, puis reparti sans un mot de plus. Mon cœur se serra et s'emplit de chaleur. Ma décision de faire confiance à Newt était définitivement la bonne.
* * *
La semaine qui suivit fût à la fois calme et mouvementée. Mouvementée, car le boulot de medjack demandait beaucoup de temps et de patiente, face à des blocards qui adoptaient un comportement d'enfant quand il s'agissait de se faire soigner. Ils n'étaient pas si costaud qu'ils en avaient l'air, n'en déplaise à Minho. Clint m'envoyait ça et là sans me laisser le temps de souffler, si bien qu'à chaque fin de journée, je m'endormais rapidement, épuisée.
Calme, parce que je ne rêvais plus de ces scientifiques étranges.
Calme, parce que la plupart des blocards s'étaient mis à m'ignorer. En dehors des moments où je m'occupais de les soigner, je me rendais invisible.
J'en avais eu assez d'essuyer leurs remarques misogynes, et j'avais préféré m'éclipser. C'était peut être se faire du mal pour rien, mais je ressentais le besoin de fuir. Et puisque je ne pouvais pas le faire par les portes du Bloc, je le fuyais en son sein. Chuck faisais demi-tour dès qu'il me croisait, Newt fuyait mon regard, Clint me laissait faire mon travail sans un mot. Seul Thomas restait présent. Mais il passait la plupart de son temps aux basques de Newt, quand il n'était pas dans le jardin. Lui au moins, daignait me parler. C'était rare, et seulement quelques mots, mais je lui en était tout de même reconnaissante.
Et il y avait Minho, que je surpris plusieurs fois à m'observer, que je croisais trop de fois les soirs pour que ce ne soit qu'un hasard, qui se faisait trop bruyant à mon passage. Je ne voulais pas chercher à comprendre, et l'ignorais aussi royalement que j'en étais capable.
Le soir du huitième jour, alors que j'étais venue récupérer mon repas après tout le monde auprès de Poêle-à-Frire, je vis e coureur assit à une table qui m'observait sans même essayer d'être discret. En ayant assez de faire comme si je ne voyais rien, je soutins son regard. On restait ainsi quelques secondes, puis, lassée, je fronçais les sourcils et détournais les yeux, espérant que Poêle-à-Frire se dépêche de me donner quelque chose (je préférais manger à l'orée de la forêt, où j'avais déposé mon sac de couchage, loin des autres) pour que je puisse m'éclipser rapidement.
Je marchais tranquillement dans l'herbe, en direction de mon sac de couchage, avec la très nette impression que quelqu'un était en train de me suivre. Et j'avais une très bonne idée de qui était ce quelqu'un.
« Je croyais que tu voulais que je te lâche la grappe ?
- Et tu l'as très bien fait.
Je me retournais pour faire face à Minho, les bras croisés sur son torse, avec un air que je ne parvenais pas à déchiffrer. Il y eu un silence, pendant lequel nous nous fixions dans la pénombre.
- Et donc ? Qu'est ce que tu me veux ?
Ce fût à mon tour de croiser les bras.
- J'étais curieux de ta petite vie de solitaire, avoua-t-il. Les blocards rechignent à aller à l'infirmerie parce qu'ils ont l'impression qu'il y a une tempête à l'intérieur, tu disparais quand tu sors de là, tu viens manger après tout le monde, tu n'es quasiment pas là.
- Ça ne répond pas à ma question.
Il avait l'air aussi agacé que moi, maintenant.
- Je me demandais ce qu'il s'était passé.
- Et ça t'intéresse, parce que ?
- Parce que je ne sais pas ce que tu as prévu pour la suite, mais laisse moi te dire que ton petit manège ne pourra pas durer très longtemps.
- Encore une fois, je ne comprends pas en quoi ça t'intéresse.
- Parce que...
- Et d'ailleurs, si je ne te parle pas, comme tu me l'as demandé, alors que je n'ai jamais entamé la moindre conversation avec toi, rappelons-le, c'est peut être pour une bonne raison. Du genre ça n'a rien d'agréable, du genre tu n'as montré aucun respect pour moi, ni aucune sympathie. Et pourtant te voilà encore, à venir entamer une discussion quand je ne t'ai absolument rien demandé.
Il paru un peu gêné.
- En fait, je venais m'excuser.
Celle-ci, je ne m'y attendais pas.
- En quel honneur ?
- Pour avoir été un vrai tocard avec toi. Newt... Ben, Newt me l'a dit, j'avais pas capté. Alors voilà.
- Oh.
- Ouais. Bref, voilà. Je crois qu'il était un peu soulé, il avait peur que ce soit moi qui t'ai poussé à tenter la vie d'ermite. A force de... A force de mes commentaires. Mais bon quoi, si je ne peux pas faire de vanne sur le fait que tu sois une fille, il veut que j'en fasse sur quoi ?
Mais quel idiot. Il du voir mon regard noir.
- Bref, j'éviterai maintenant. J'ai rien contre toi.
Il haussa les épaules et fronça les sourcils, les bras bien serrés contre lui.
- Ok, ben, merci je suppose ?
- Ouais, t'inquiète, je fais surtout ça pour Newt. Il a l'air de tenir à toi pour je ne sais trop quelle raison. Et j'aime pas le voir en colère, il a assez de choses qui pèsent sur sa petite tronche. Bref, si t'as envie de revenir à une vie normale, n'hésite pas. J'en ai assez qu'il ai envie de me botter le cul.
- Je crois que je vais rester encore un peu. Vous autres tocards êtes une sacré bande d'imbéciles. Vous vous plaignez tous de l'arrivée d'une fille parmi vous mais vous avez la moindre idée de ce que c'est que se retrouver au milieu de cinquante types qui agissent comme des gamins de six ans ? Sérieusement, un peu de paix ça fait pas de mal.
- Ouais, j'imagine... Bref, je me casse alors. Si Newt te demande, tu lui dis que je me suis excusé.
Sérieusement ? Celui-là était vraiment un imbécile, égoïste qui plus est. Mais je décidais de ne pas en tenir compte. Déjà parce que, peut importe la raison, il s'était tout de même excusé, et ensuite parce pour être honnête avec moi-même, je me fichais pas mal de lui.
- Un conseil quand même... continua-t-il, l'air toujours un peu hésitant.
- Quoi donc ? Je n'étais pas certaine d'avoir envie d'un quelconque conseil venant de lui, mais j'étais à peu près certaine que peu importe ma réponse, il me le donnerait de toute façon.
- S'isoler comme ça, t'es pas la première à le faire. Mais le point commun de tous ceux qui l'ont fait, c'est qu'ils sont tombés dans une sacré dépression ensuite. Je sais bien que tout ce qui t'arrive n'a aucun sens, peut être encore moins de sens que les autres gars parce que... Ben... T'es pas un gars. Mais chercher des réponses dans le silence ça t'avance à rien. Les gens sont sympas, ici. Une bande d'imbéciles peut être, mais globalement ils ont envie de bien faire. Sauf Gally peut être, mais je suis à peu près sûr que quelques battements de cils peuvent le faire tomber par terre. Bref, mon conseil, c'est : ne reste pas là toute seule, mélange toi, apprend, adapte-toi. Une fois que tu fais la paix avec ta situation, la vie est plutôt agréable. »
Il me fixait encore quelques instants, comme s'il voulait rajouter quelque chose, mais ne dit rien de plus. Lassée, je lui tournais le dos et parti en direction de mon sac de couchage sans un regard en arrière. Mais je sentais le poids du sien sur mes épaules.
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Le Labyrinthe - [Emma]
Hayran KurguC'est ici que sa nouvelle vie commençait. Ici que ses souvenirs reprenaient. Emma se réveille amnésique, entourée d'un gigantesque Labyrinthe. Seule au milieu de dizaines de garçons, elle va devoir les aider à trouver une sortie, au péril de sa vie...
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