8 - Départ (à jour)

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Courir.
Oublier la douleur.
Courir.
Oublier mon coeur battant du souvenir des mains de Minho sur mes joues, de son baiser sur mon front.
Courir.
Survivre.
Courir.
Mon épaule me faisait terriblement mal, et je me sentais faiblir un peu plus à chaque pas. Les journées passées à courir dans le Labyrinthe m'avaient certes donné de l'endurance, mais les dernières semaines enfermées dans les complexes du WICKED et les trois jours sans pouvoir manger m'avaient - nous avaient - largement affaiblis. Je tenais tout de même bon, parce qu'il le fallait. Nous devions de toute façon continuer à courir pour espérer nous en sortir. Cela faisait désormais plus d'une heure (encore une fois, ce n'était qu'une sensation) que nous courions ainsi sans nous poser de questions, effrayés de perdre notre tête également. A un moment donné, quelqu'un hurla du même genre de cri que Frankie, et son cri fût suivi d'un bruit de métal sourd qui tombait par terre. Mais alors qu'il tombait, nous étions déjà loin. J'étais certaine qu'il ne s'agissait ni de Newt, ni de Thomas, ni de Winston, mais je n'avais pas de certitude pour les autres. Tant que ce n'était pas Minho... Je ressentais une grande culpabilité de penser ainsi, mais j'avais, je crois, adopté le mode de fonctionnement des blocards : survivre, pleurer un instant, passer à autre chose et survivre encore. Je m'efforçais de ne pas écouter les cris, et avançais.

Au bout d'un moment, quelqu'un cria de s'arrêter, et j'accueillis cet ordre avec soulagement.

« Pourquoi on s'arrête ?
- Parce que je me suis mangé un putain d'escalier, voilà pourquoi !
- Il faudrait peut être monter, suggéra quelqu'un.

J'entendis un gémissement de frustration.

- Bon dieu, on m'a foutu un véritable groupe de génies en herbe !

Au moins, Minho était en un seul morceau, et la tête bien fixée sur son cou.

- Et bien monte, au lieu de faire le guignol, dit Newt. J'ai pas envie d'avoir la tête arrachée.

Tandis que tout le monde recommençait à marcher, Newt s'approcha de moi.

- Ça va ?
- Oui... Juste un peu... Fatiguée...
- Et ton épaule ?

A vrai dire, je me sentais vraiment très faible. J'aurais bien voulu mentir, mais je savais que même sans mon visage, ma voix me trahissait.

- Elle pourra... Attendre encore un peu... Soufflais-je.

Je faillis tomber en fonçant dans la première marche, mais repris mon équilibre et continuais sur ma lancée. Je maudissais quiconque avait creusé un tunnel aussi long, et installé autant de marches d'escaliers. C'était vraiment n'importe quoi. Après plusieurs minutes de montée, quelqu'un cria et le groupe s'arrêta de nouveau.

- Qu'est ce qu'il se passe encore ? Cria Newt.
- Il se passe que je me suis prit le plafond, tocard !

Ma bouche se tordît en un sourire.

- Il n'a décidément pas de chance, rigola Newt.
- Je monte, dit Thomas.

J'entendis Newt soupirer et monter à la suite du brun. Il m'attrapa par le bras au passage pour me soutenir, et m'emmena avec lui. Une fois en haut, j'entendis quelqu'un tâtonner le plafond. Nous avions rejoins. Minho aussi bien que nous le pouvions en nous frôlant un passage entre les blocards.

- Ma parole, c'est quand même pas juste un mu... Ah !

Une lumière aveuglante envahit alors le couloir, et je fermais les yeux sous le choc. Après les longues heures passées dans le noir complet, la clarté du jour faisait un mal de chien.
Il y eu un nouveau bruit sourd, et l'obscurité revint.

- On va l'ouvrir progressivement, histoire de s'habituer, grogna Minho à côté de moi. Protégez vous les yeux ! ... Un, deux... Trois !

Il ouvrit de nouveau la trappe, en ne laissant, cette fois, qu'un mince filet du lumière passer. C'était tout de même douloureux, je m'assis sur une marche et fermais les yeux, les laissant tranquillement s'habituer à la faible lueur qui pénétrait sous la terre. Au bout de quelques minutes, je laissais mes yeux s'ouvrir et observais autour de moi : les blocards étaient rassemblés sur une vingtaine de marches, et l'escalier disparaissait dans l'obscurité, plus bas. Newt était une marche en dessous de moi, debout à côté de Thomas, et Minho était juste à côté de moi.

Le Labyrinthe - [Emma]Des histoires addictives. Découvrez maintenant