32 - Le réveil (à jour)

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Le lendemain, Minho nous indiqua que nous courrions seuls, Thomas et moi. Enfin seuls, c'est à dire : sans lui. Il voulait continuer d'observer le trou dans la falaise, mais ne voulait pas que nous arrêtions de nous entrainer. L'atmosphère n'était plus la même, sans Minho pour nous guider. Oh, il y avait de quoi rire avec Thomas seul, mais (je me maudissais de l'avouer), le maton des coureurs apportait quelque chose d'agréable à notre équipe. Je remarquais à l'occasion que Thomas avait retenu beaucoup plus de choses que moi durant nos précédentes excursions. Pour ma part, je n'avais pas encore réussi à assimiler les mouvements du Labyrinthe, alors que mon ami qui menait la marche ne se laissait jamais surprendre.
Nous mettions tout de même beaucoup plus de temps que d'habitude à quadriller toute la zone, et nous rentrions au Bloc épuisés et en sueur. A mon habitude et sans la moindre hésitation, je fonçais jusqu'aux douches où je reconnu la voix de Winston qui chantonnait dans une des cabines. L'image me fit sourire.

En sortant, je croisais Chuck qui courait dans tous les sens, paniqué. Lorsqu'il me vit, il poussa un soupir de soulagement et s'arrêta, essoufflé.

« Chuck ! Je sais que ma présence te ravi, mais à ce point ? Le taquinais-je.
- C'est... La fille, elle vient de se... Réveiller !
- C'est pas vrai ?! »

Il m'indiqua l'infirmerie du doigt, et j'y couru rapidement. On entendait des cris de protestation, et des coups sourds. J'entrais et montais les marches quatre à quatre, avant d'arriver devant la petite chambre où la brune dormait.

« ... Me foutre la paix !
- On te veux... Aïe ! Aucun mal !

La scène qui se déroulait sous mes yeux était plutôt comique. La fille était debout sur le lit et frappait les blocards qui l'approchaient un peu trop près. Newt était au premier rang, les mains devant le visage.

- Eh ! Criais-je.

La fille leva la tête, et lorsqu'elle me vit, elle sembla se détendre un peu, puisqu'elle arrêta de balancer ses poings, mais son regard resta froid et méfiant.

- Vous voulez pas me laisser discuter avec elle, les gars ? Vous lui faites peur, je crois.

La plupart se lancèrent des regards indécis mais finirent par sortir sous l'ordre de Newt.

- Si il y a un soucis, me dit-il en passant, tu cries. J'en connais un ou deux qui accourront illico, finit-il avec un sourire moqueur.

La petite pièce fut bientôt vide, et je me retrouvais seule avec la nouvelle, encore debout sur le lit.

- Euh, salut, dis-je.

Elle haussa un sourcil, mais ne dit rien.

- Comment tu t'appelles ? Moi, c'est Emma.
- Teresa.

Sa voix était dure et froide. Je tentais de sourire.

- Super, salut Teresa. Je suppose que tu demandes ce qu'il t'arrive ?
- Où est ce qu'on est ? Pourquoi il n'y a que des types bizarres ? Qu'est ce que je fais là ?

Je soupirais, agacée.

- Je veux bien t'expliquer, mais il va falloir que tu te calmes cinq minutes, ok ?

Comme elle n'ajoutait rien, je continuais.

- Cet endroit s'appelle le Bloc. On y vit, mange, dort, travaille. Tout ces gars, là, c'était les blocards. On est environ cinquante et... J'étais la seule fille, jusqu'à ce que tu débarques. Je suis arrivée il y a un mois avec un autre, et maintenant, la nouvelle, c'est toi. Pour faire clair, chaque mois, un nouveau est envoyé ici sans aucun souvenir de son ancienne vie. Autre chose ?
- Je dois voir Thomas.

Sa réponse me déstabilisa.

- Thomas ? Tu le connais ?
- Ils ont dit que je n'arrêtais pas de répéter son prénom. Où est-il ?

J'étais intriguée. Ça devenait vraiment étrange.

- Suis moi. »

Je descendais après avoir vérifié qu'elle me suivait bien. Je n'avais aucune idée de l'endroit où il se trouvait. Je misais sur un endroit où il pourrait être assit, seul, dans ses pensées. Sans grand étonnement, c'est ainsi que je le trouvais, contre l'arbre qui lui servait apparement de support émotionnel. Je ris toute seule une seconde sous le regard perplexe de Teresa.

« Il est là, dis-je en m'avançant.
- J'y vais seule.
- Pardon ? J'étais abasourdie.
- Elle est sourde, blondinette ? Laisse moi y aller seule.

Avant que je ne puisse relever, elle était déjà partie à grands pas vers Thomas. Blondinette ? Ça m'apprendra à essayer d'être sympa.
Haussant les épaules, je repartais en direction de l'infirmerie, et Newt accourra vers moi en boitillant.

- Où elle est ? Demanda-t-il.
- Avec Thomas, bougonnais-je.
- En quel honneur ?
- Elle a dit qu'elle voulait le voir.
- T'aurais pas pu simplement tout lui expliquer ?
- Tu crois que je l'ai pas fait ? Elle m'écoutait à peine, de toute façon. Blondinette, franchement, on aura tout entendu.
- Quoi ?
- Elle m'a appelé BLONDINETTE !

Il semblait exaspéré.

- ALBY !! Cria-t-il.

Le garçon arriva, les poings serrés, accompagné de Minho.

- Qu'est ce qu'il se passe ? Où est la bleue ?
- Il se passe qu'Emma a emmené la bleue voir Thomas, parce qu'elle lui avait demandé.

L'autre me lança un regard noir que je lui rendis, ce qui eu l'air d'amuser Minho à côté de lui.

- Tommy est capable de se défendre, je pense, me justifiais-je. Et puis, elle voulait juste lui parler.
- Ces deux là se connaissent, c'est évident. Tu n'as pas pensé une seconde que ton copain Thomas nous mentait en disant que ce n'était pas le cas ?

Ça paraissait évident, dit comme ça.

- Je lui fais confiance, grommelais-je entre mes dents.
- Et bien pas moi. Et à toi non plus.
- Alby... Intervint Newt.
- Viens avec moi, Newt, on va chercher cette folle. Minho, reste avec celle-ci, finit-il avec un coup d'œil dans ma direction.
- Mais avec grand plaisir, fit le coureur avec un clin d'oeil dans ma direction.

Nous répondions tous les trois avec une grimace dans sa direction.

- Je ne pensais pas avoir besoin d'une telle surveillance, dis-je en désignant Minho du menton.
- Ferme la et reste ici, le temps qu'on tire tout ça au clair.

Minho et Newt avaient l'air perplexes devant la manière dont me parlait Alby. Je l'étais aussi, et son comportement m'énervait de plus en plus. Je n'avais rien fait pour mériter de telles accusations. Il ne m'accusait d'ailleurs de rien, pas vraiment. Mais c'était énervant. Il partit en direction de Thomas, Newt sur ses talons. Je les regardais partir les bras croisés.

Le Labyrinthe - [Emma]Des histoires addictives. Découvrez maintenant