J'ai déposé ces quelques roses sur ta tombe hier. Elles étaient roses, blanches, l'une d'elles était même violette, comme le ciel la nuit que je regarde pour t'apercevoir en vain. Hier, c'était un jour comme tous les autres jours, vide, stressant, puis il y a la pluie qui me rend mélancolique, et ces magazines de jouets de noël que j'ai reçu il y a quelques mois de ça. Par une pulsion, j'ai décidé de prendre la voiture et me barrer, partir vers toi et te retrouver. Et ils me disaient tous que je suis inconsciente, il y a le travail, mon chat, la famille et les amis. Les amis eux qu'est-ce qu'ils en savent de toi, de moi et du foutu ciel qui nous sépare. Ils ne connaissent pas la sensation d'apprendre, la sensation que j'ai eue quand les jours ont mis fin à toi. Alors j'ai démarré la voiture, et j'ai pris la route seule, mais avec toi dans mes pensées. Chez le fleuriste j'ai demandé des roses de toutes les couleurs, comme ces jours d'été, ces jours où t'es arrivée, ces jours où t'es partie. Et puis je suis allée à ta recherche, entre ces pierres qui font froid dans le dos, et ces pots de fleurs desséchés. Ils m'appelaient tous, me demandant ce qui n'allait pas, me demandant de revenir. Mais qu'ils me laissent seule avec toi, j'avais trop de choses à te dire et eux, eux ne savent rien. Parce qu'ils sont occupés par leur nombril et c'est tout, parce que me voir pleurer ici avec toi, les rendrait inutiles et cons. Je t'ai parlé. Au début j'avais du mal, parler à une pierre c'est peu commun, puis j'ai vu cette photo, ton nom inscrit, ton jeune âge, et j'ai pleuré en bafouillant quelque peu. Ils me demandent tous si ça va, comme si cette question allait tout réparer, que l'anxiété allait partir, que toi t'allait revenir. Des fois j'ai envie de cogner contre les murs, que mes phalanges deviennent saignantes à trop serrer les poings. Et eux ont tous quelqu'un on dirait, moi je t'ai perdu, mais ils me disent d'attendre, un jour quelqu'un sera là. Attendre, attendre, attendre dans ces jours gris, où la panique me prend le bide, m'acharne le cœur, attendre quelqu'un qui ne viendra pas, qui ne viendra peut-être jamais, parce que ce quelqu'un est peut-être déjà partit, partit comme toi. Le ciel est bleu, et hier il était gris avec des éclaircis, moi je me tais là où je suis parce qu'aucun d'entre eux ne veux comprendre que quand le ciel t'a emporté avec lui, c'est un bout de monde qui s'est abîmé, mon cœur battait tellement, mon corps tremblais aussi, c'était comme si tu me prenais dans tes bras pour la première et la dernière, dans tes bras comme on se l'était dit un peu avant, et maintenant je ne peux que parler à une pierre ou regarder le ciel, la nuit violette et penser à toi.
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Stone cold (2017)
PoetryComme l'a dit Cesare Pavese : « Seul l'hiver est la saison de l'âme » Alors ces bout de pierres froides résisteront au vent vilain Recueil datant, mais fini
