Triste. Peiné d'être seul, il veut même plus s'enfuir. Ses rêves, il y pense plus, presque oubliés, ses cauchemars, ne lui broient même plus du noir. C'est simple, il n'est plus personne. Quelconque, un gars ordinaire, peiné, peiné d'être seul. Seul Dieu sait à quel point c'est difficile d'avancer, quand on n'a personne près de nous, dans l'espace, dans l'esprit. Son cerveau c'est la routine, café, clopes, métro, le boss casse-couille, les collègues pire que lourds, le célibat, et les dîners de famille, seul, encore seul au bout de la table. Même ses taffes ont un goût amer, comme son taf qui lui donne envie d'insulter des mères. Merde c'est son anniversaire. Et encore hier il était dans un état limite dépressif, quand la solitude c'est tout ce qu'on connaît, c'est difficile de tenir bon. Bonjour la joie de vivre, dans les rues de Paris, ça sent la terreur et la rébellion. Sous le ciel gris du mois de mai, joli printemps vois-tu, dans sa mallette d'homme d'affaire, c'est surtout sa foutue tristesse qui pèse. Pendant que ses potes font des bails sans lui, lui écrit sur son ordi comme une gamine de quinze-ans persuadée d'être mal aimée. Il publie des petits trucs des fois et pis ça marche, des fois. Des fois aussi, il réfléchit à son ennui, tellement qu'il il s'ennui, du jour jusqu'à la nuit, jusqu'à ce que son ennui se transforme en de terribles et atroces ennuis. Mais son pire ennui je pense, c'est la solitude qu'il le nuit. Son corps maigrit, gris est sa peau, pommettes trop saillantes, en temps normal c'est beau chez un homme, hormis chez lui. Ça fait bizarre de le voir rire au bar. Avec son maillot PSG, j'ai l'impression qu'il est limite heureux. Revenu du bar, il est dégoûté que cette fille l'ait pas regardé, merde, il est pas moche, juste un peu peiné. Peiné d'amour, peiné de solitude, peiné d'être mal aimé comme cette gosse de quinze-ans à qui il pense de temps en temps. Il mérite pas ça, je sais pas, c'est un bon gars, à tendances dépressives, quelques marques dans l'esprit, quelques marques sur le poignet, mais c'est un gars bien. Bien évidemment c'est pas toujours tout rose avec lui, c'est plutôt rouge sang même, mais bon, il est juste triste, un peu comme toi, un peu comme moi, des fois.
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Stone cold (2017)
PoesíaComme l'a dit Cesare Pavese : « Seul l'hiver est la saison de l'âme » Alors ces bout de pierres froides résisteront au vent vilain Recueil datant, mais fini
