On a le cœur bien lourd ce soir. Tellement plongé dans nos fantasmes débiles, on réalise à peine qu'au fond on est bel et bien seuls, que les scénarios dans nos têtes ne sont pas réels. Nos potes sont des minables, pas fichus d'être honnête et de nous dire, bordel, de nous dire qu'ils peuvent pas nous saquer. On a le cœur lourd, mais on n'est pas tristes, nan, ni blessés non plus, juste haineux et surtout, oh oui, surtout cons. Débiles, débiles, mon dieu débiles de penser qu'on pouvait compter pour cette foutue bande de potes, soyons clairs, tout ce qui nous ont dit c'était du mytho, on leur sert juste à passer leur ennui c'est tout. Pas si dur à avaler que ça en fait, la vérité, c'est comme si on le savait déjà, et là on passe juste à autre chose, comme quand sonne minuit. Enfin, à quoi on s'attendait aussi ? Depuis le début on s'est fait berner par ce monde, ils parlent de liberté, de monde en paix, d'amour, d'humanité, ça fait un bail que c'est plus vrai ces trucs-là. Faut être un peu comme nous pour y croire, faut être cons. En bref on a le cœur lourd, parce qu'on n'est pas méchant, ni trop sympa, et qu'on nous prend pour plus bête que l'on n'est. Les minables pensent revenir avec un sourire et tout est pardonnés. On a le cœur lourd, lourd comme l'orage, lourd comme le silence, lourd comme la rancune, lourd comme un poing dans la figure, lourd comme une chose qu'ils ont fait, une chose futile, mais une chose qui blesse nos grands cœurs de grands cons, on a le cœur bien trop lourd ce soir pour passer à autre chose cette fois, et surtout on est bien trop cons pour pardonner. Alors minuit sonne, les choses vont changer, les choses changent tout le temps, ça en devient épuisant putain, mais minuit sonne et les cons n'oublieront pas qu'on les a pris pour plus cons qu'ils ne le sont. Les minables sont entre eux, je pourrais écrire des lignes et des lignes pour cracher ma rage envers eux, mais les minables sont entre eux, les cons n'en valent pas la peine de toute façon, et tant mieux. Toi et moi, nous tous, avec les révoltés, nous sommes entre nous, avec nos voix dans nos têtes aussi, et pis nos fantasmes débiles aussi, et on s'acharnera pour avancer, quoi qu'il en soit, on est trop cons pour reculer, alors on avancera le poing levé, le cœur lourd, et souillé, et on grimpera jusqu'à toucher le sommet.
VOUS LISEZ
Stone cold (2017)
PuisiComme l'a dit Cesare Pavese : « Seul l'hiver est la saison de l'âme » Alors ces bout de pierres froides résisteront au vent vilain Recueil datant, mais fini
