Epilogue

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Jenna,

New York,

5 ans plus tard...

— A ce soir, Didi ! A ce soir, Maman !

— A ce soir, ma chérie !

Je claque la porte du loft et me dépêche de rejoindre l'ascenseur. Aujourd'hui, l'avocat associé du cabinet pour lequel je travaille et moi, avons un rendez-vous important avec un potentiel client, patron d'un centre de recherche clinique.

Le Professeur Erschel aimerait ouvrir un nouveau centre ici afin d'agrandir son équipe et renforcer ses recherches. Je sais qu'il travaille sur un procédé qui permet de travailler directement sur l'ADN, de la décomposer et ainsi, de soigner le gène défaillant. Mais je ne vois pas comment c'est possible.

Je me faufile difficilement entre la dense population new-yorkaise. Cette ville surpeuplé donne un peu l'impression d'être dans une fourmilière qui va, soit vous faire sentir toute petite et perdue, soit vous donner encore plus la motivation et la rage de faire votre place. Dans mon cas, l'effervescence de la ville est en elle-même un vecteur d'euphorie et d'excitation.

Ce qui n'a pas toujours été le cas. Les premiers mois ont été difficiles. Entre mon manque de Ryan alors que j'étais dans la ville qui me le rappelait cruellement (à tous les coins de rue !), l'emménagement avec ma mère à qui, mon frère menait une espèce de guerre froide quand il ne travaillait pas comme un taré dans son bar à Soho, et mon intégration dans ma nouvelle université, j'étais complètement perdue !

Mais avec le temps, tout s'est mis en place. Les relations entre ma mère et James se sont apaisées puis améliorées et moi-même j'ai fait réellement connaissance avec la femme qui m'a mise au monde pour finir par l'apprécier avant de l'aimer. Et le reste de ma famille, me direz-vous ? Meg vit aujourd'hui à Paris avec son mari. Elle n'a pas écouté mon père et a décidé de fuir le domicile familial. Elle a rencontré un français qui était venu visiter San Francisco et est partie avec lui. Elle est très heureuse, mais je continue de l'ignorer malgré toutes les excuses qu'elle m'a présentées. Le passif entre nous est trop lourd pour qu'il puisse être effacé. Elle a été mon second bourreau après mon père. En parlant de Charles, il ne donne quasiment plus de nouvelles. La dernière fois que James l'a eu au téléphone, il était aux Bahamas avec sa dernière conquête en date. La vente de son entreprise florissante l'a rendu plus riche que crésus, et surtout, plus cruel que Satan lui-même. On se porte très bien sans lui dans nos vies. James, Archi et mon patron le remplacent très bien.

Donc, après ces moments difficiles et emprunts de nostalgie, les souvenirs douloureux se sont transformés en tendres réminiscences et si au début Ryan et moi parlions beaucoup au téléphone, nos prises de contact se sont espacées et ont fini par disparaître cette année. Je sais qu'il est préoccupé par un nouveau projet à son boulot qui lui prend tout son temps. Je ne lui en veux pas.

La découverte de Columbia a été l'élément le plus laborieux. J'ai eu du mal à faire tomber mes reflexes qui m'obligeaient à me comporter en petite peste pourrie gâtée pour me protéger de ma triste enfance. J'ai mis du temps à m'habituer à l'anonymat aussi. A Stanford, tout le campus me connaissait au moins de nom. A Columbia, j'étais juste le transfert de la côte Ouest, d'autant plus que j'avais refusé de rejoindre les Thêtas d'ici.

Mes anciennes sœurs me manquent mais je sais que tout va pour le mieux de leur côté. Emma est enceinte de Cam et dois accoucher dans trois mois. Stacey et Chad s'installent ensemble à la fin de l'été. Le couple Matt/Lana n'a pas tenu, par contre. Peut-être à cause de leur histoire de trompette ? Toujours est-il que Lana a retrouvé l'amour dans les bras du fils d'un sénateur. Ça va pour elle. Les autres filles se portent très bien. Elles ont toutes poursuivies leur voie et sont des femmes d'affaires accomplies maintenant. Mais j'aimerais vraiment les revoir bientôt.

Ne me résiste pasDes histoires addictives. Découvrez maintenant