Ryan,
Archives de la bibliothèque de Stanford
— Et voilà ! Tous les livres à ranger sont sur les charriots là-bas. Le classement se fait par ordre alphabétique au sein de chaque section. Si vous avez besoin d'aide, appuyez sur l'interphone qui se situe juste à côté de la porte.
Je regarde la bibliothécaire partir avec une angoisse grandissante. Lorsque la porte claque derrière elle dans un bruit assourdissant, je frissonne. Ça y est. Je suis totalement seul et isolé avec Jenna Stone. La panique me gagne. C'est con, je sais ! Je suis un mec plutôt imposant, et j'ai peur d'une fille plus mince qu'une tige de bambou. En même temps, je suis persuadé qu'elle pourrait aisément m'égorger avec ses faux ongles. Je pense qu'elle pourrait même transpercer les murs épais des archives. Je balaye des yeux les étagères pleines de livres. Il doit y avoir une bonne centaine de rayons faiblement éclairés par quelques ampoules suspendues au plafond.
— Je prends ce chariot. Range le rayon « Affaires ». Il est au fond, à droite.
— Et pourquoi veux-tu que j'aille au fond de la pièce ? je demande avec appréhension.
C'est peut-être un stratège pour me bloquer dans un coin ? Comme ça, elle pourra me tripoter ?
— Parce que c'est le rayon le plus éloigné de la section Histoire ! répond-elle sèchement.
Et donc, le plus éloigné du sien... Je fronce les sourcils, sceptique. La blonde empoigne ledit chariot chargé de livres d'histoire et le pousse, faisant rouler ses fesses rebondies dans son pantalon blanc moulant, jusqu'à disparaître de ma vue et tout ça, sans me jeter le moindre regard. Etrange. J'aurais pensé qu'elle en profiterait pour me foutre à poil et me chevaucher comme une furie. Je me suis apparemment trompé. A moins que ce ne soit sa nouvelle technique de séduction ? Fuis-moi, je te suis ? Est-ce qu'elle pense que je vais lui courir après parce que Madame m'ignore depuis quelques jours ? Je retiens un rire sarcastique. J'imagine que c'est ça, oui.
Depuis notre dernier cours ensemble, elle ne me calcule plus. D'habitude, elle me court après dès qu'elle me voit et me colle comme une sangsue. Mais cette semaine, elle ne m'a pas adressé le moindre regard, pas la plus petite parole. C'est comme si je n'existais pas. Et vous savez quoi ? Je ne m'en plains pas ! Oh non ! La vie est beaucoup plus belle depuis que je n'ai plus la poupée écervelée à mes trousses !
Avec un petit sourire moqueur, je m'empare du chariot qu'elle m'a désigné et me rend dans la section « Affaires » pour y classer les livres. C'est sombre et silencieux, ce qui me met de bonne humeur. Pas le côté sombre, hein ? Plus le côté silencieux. Ranger des livres me soule, mais, sans Jenna pour me tenir la jambe, c'est plus facile.
Cinquante sept minutes plus tard, je ne peux pourtant pas m'empêcher de me poser des questions. La blonde n'a pas dit un mot depuis qu'elle m'a ordonné de ranger la section business. D'ailleurs, je ne l'ai croisée que quelques secondes, le temps de récupérer un autre chariot ou de me rendre à telle ou telle section. A chaque fois que je l'ai aperçue de loin ou de près, elle avait la même expression froide et impénétrable, comme si je n'étais pas digne de son intérêt, comme si elle ne m'avait jamais courut après jusqu'à maintenant. Et vous savez ce qui m'énerve le plus ? C'est que je me demande pourquoi elle est comme ça avec moi. Je suis stupide, hein ? Je rêve que cette fille me lâche la grappe depuis des semaines et quand elle le fait, je m'en plains ?
Le truc c'est que je me sens un peu coupable. Sérieusement. Je me souviens très bien de mes paroles de la semaine dernière et de la présence d'Ashley dans notre maison alors que je traitais Jenna de tous les noms. Je me rappelle du sourire mauvais de la brune. Elle a donc dû dire à sa présidente ce qu'elle avait entendu.
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Ne me résiste pas
RomanceEt si pour une fois, le beau garçon finissait avec la peste de service? Cette peste, c'est moi, Jenna Stone, 21 ans. J'étudie à l'université de Stanford à San Francisco et d'ailleurs, je suis cette année, la Présidente de la sororité Kappa Alpha Th...
