Mélodie

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Mélodie

Les bruits de pas, lents et réguliers, résonnaient telle une musique morbide, lente et angoissante. Tel un crescendo, inoffensif et doux au départ, qui s'accélère en une fin endiablée et furieuse. Tout comme la vie : une belle et innocente mélodie, qui se termine en bain de sang.

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Son casque sur les oreilles, musique à fond, elle n'entendait rien, ne pensait à rien. Seules comptaient les percussions. Assise au fond du bus, Mélodie écoutait en boucle sa chanson préférée.

Le bus s'arrêta alors, signe que la jeune fille était arrivée à destination. Elle baissa le volume et sortie de l'engin. Elle s'approcha alors d'une maison, qui n'était pourtant pas la sienne. Mais c'était normal. Cela faisait parti de son plan, lequel était calculé au détail près. Mélodie entra alors, sans difficultés.

Le salon avait été recouvert de plastique, à l'image de la jeune fille. Quand la porte s'ouvrit, Mélodie alluma la musique. Les premières notes étaient douces et régulières. L'homme qui venait de pénétrer chez lui eut un mouvement de recul. Il fixa Mélodie avec incompréhension, mais n'eut pas le temps d'ouvrir sa bouche, que déjà la jeune fille s'approcha de lui, aussi rapide et discrète qu'un chat. Un simple pincement au niveau de l'épaule, et l'homme perdit connaissance. Elle le porta alors sur la table de la cuisine, et fit ce qu'elle devait faire : attendre.

Quand il se réveilla, l'homme se rendit compte qu'il avait été ligoté et déshabillé, ne gardant pour seuls vêtements qu'un caleçon. Ses esprits retrouvés, il se débattit tant bien que mal. Peine perdu. Dans le salon, la musique se faisait toujours entendre, débitant ses étranges notes douces, cependant plus rapides que tout à l'heure. Mélodie se dressa alors et, à l'aide d'étranges couteaux, commença sa dissection. La musique devient alors plus stressante, acérée, maléfique. Puis, lorsque la jeune fille eut fini de découper l'homme en morceaux réguliers, les notes se turent. Poétiques et tragiques.

Un bruit strident retentit alors. Le réveil de Mélodie affichait 9h00. La jeune fille se leva à contrecœur. Elle prit son petit déjeuner en quatrième vitesse, et se prépara pour une nouvelle journée, chacun de ses mouvements suivant une danse particulière, comme entraînés par une musique que seule la jeune fille pouvait entendre. Elle vivait seule, reculée de tout et tout le monde. Ses quelques rares voisins ne l'appréciaient guère, et fallait aussi avouer que Mélodie ne parlait presque jamais, le silence de sa maison brisé par les notes mystérieuse de ses musiques tout aussi étranges.

Aujourd'hui son trophée serait un assassin. Depuis bien longtemps, la jeune fille avait rendu leur monnaie de leur pièce à des centaines de mauvaises personnes : tueurs, violeurs, voleurs... Mélodie ne les comptait plus.

Elle mit son casque sur ses oreilles et la musique du jour résonna dans sa tête. Une mélodie ordinaire, à la première écoute, mais si on tendait l'oreille, on pouvait apercevoir son sens caché. Cette fois-ci, Mélodie n'avait même pas besoin de prendre le bus, sa victime habitant près de chez elle. Sa maison, plus grande que celle de sa précédente proie, était plus blanche, plus belle. Elle ne le resterait pas bien longtemps.

Mélodie entra donc dans la grande battisse et les rouages de son plan se mirent en marche.

La musique débuta avec l'entrée du propriétaire. Cependant, contrairement à toutes les créatures que Mélodie avait tué jusqu'à là, celui-ci n'avait rien d'humain. Il ne ressemblait à rien de vivant, fait entièrement de flamme noires et glacées, ses yeux remplacés par deux grands trous jaunes. Seule sa bouche était humaine, et encore : une dentition parfaite et blanche. Trop blanche.

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