Elle entendit le son si particulier qu'il faisait lorsqu'il arrivait. Elle se retourna, tout sourire, si heureuse de le revoir... Mais en même temps si peinée de devoir lui dire. Lorsque ses yeux rencontrèrent les siens, son beau sourire s'évanouie, laissant gravé dans son esprit le son si particulier qui resterait à jamais sa signature.
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Le son des cloches retentit dans tout le village. La cérémonie venait de s'achever, et tous les habitants qui y avaient participé pleuraient la mort de Mina.
Mina, jeune fille pleine de vie qui avait été tuée violemment il y avait de cela quelques jours à peine. Une femme, ravissante dans sa longue robe noire, pleurait sur les épaules de son marie qui lui-même sanglotait la perte de sa fille unique. La seule fille qu'ils avaient aimé et continueraient d'aimer.
Deux semaines que Mina avait trouvé la mort, et toujours aucune idée du meurtrier. La façon dont la jeune fille avait été tuée avait sans aucun doute été atroce. Quel qu'il soit, le tueur avait haï la morte. Désormais, la famille Vertinasse vivrait dans le chagrin et la haine. Il fallait retrouver le meurtrier ! Cependant, le mari, travaillant comme chérif, ne pouvait se permettre de laisser ses autres missions de côté. La femme, quant à elle, travaillait comme libraire, et avait décidé de prendre congé afin de s'occuper de ce mystère avec toute l'attention qu'il méritait.
Arthure pouvait encore entendre le son magnifique du rire de sa chère fille, gambadant à travers le jardin. On l'avait arrachée à la vie alors qu'elle n'était âgée que de dix-sept ans... Cette magnifique fille aux cheveux roux et ondulés, lui arrivant jusqu'aux reins, sa peau si douce et basanée, ses yeux émeraude, les mêmes que sa mère et ses taches de rousseur qui tachetaient son beau visage... Elle leur manquait tant. Cette Mina toujours souriante, toujours aidante, aimée de tous... Enfin, presque tous. Car il y avait une personne qui la détestait assez pour avoir fait couler le sang de ses veines, par le biais de blessures horrifiques. Désormais, à cause de cette même personne, la maison des Vertinasse était vide, sans vie, et seul le chagrin était maître des lieux. Les villageois essayaient tant bien que mal de divertir Arthure et sa femme, qu'ils pensent à autre chose que ce « tragique accident ». Peine perdue...
Arthure n'avait pas fermé l'oeil de la nuit et sa femme non plus, d'ailleurs. Alors, quand le soleil se leva, Arthure se dirigea à l'endroit où le corps démembré de sa fille avait été retrouvé par un villageois, du nom de Hectore, qui avait été l'ami d'enfance de Mina. Âgé de quelques années de plus qu'elle, il avait été comme un grand frère à son égard, et découvrir le corps en morceau de la jeune fille l'avait choqué au plus profond de son être.
Lorsque Arthure arriva à l'orée de la forêt, il eu envie de vomir, revivant la scène encore et encore. Non, ce n'était pas possible ! Cette fois ci, ce n'était pas Mina qui se trouvait en face de lui, baignant dans son sang, le corps découpé de toute part, mais Margos, la femme de Hectore. Arthure hurla, tant la scène était atroce. Les intestins de la jeune femme formaient un grand rectangle, comme une tombe. La tête avait été arrachée et piquée sur un pieu faisant office de pierre tombale. Sur le carré d'herbe se trouvait un mot fait de sang : C'est. Et à côté de l'inscription, le cœur de Margos gisait, dégoulinant d'un sang poisseux. De plus, si on y faisait bien attention, nous pouvions reconnaître des bouts de la victime déchiquetée et démembrée, sous l'amas d'intestins d'un rouge écoeurant. Arthure détourna le regard. Quelle horreur, mais quelle horreur ! Il avait affaire à un psychopathe, cela ne faisait aucun doute. Et il était fort probable que ce psychopathe, messager de la mort de Margos, soit le même que le tueur de Mina : les deux scènes de mort étaient identiques, à un détail près. Pour celle-ci, on avait inscrit quelque chose, et on avait également prit soin d'accrocher une clochette à une mèche de cheveux de la pauvre victime. Quand le vent soufflait, on pouvait entendre sa mélodie, innocente et cristalline.
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Recueil de Nouvelles
Historia CortaRésumer d'une nouvelle : International L'écran s'allume, le son, strident et entre-couper, arrive aux oreilles des citoyens, gentiment assis dans les canapés, à cuisiner une bonne tarte, au travail ou encore aux toilettes, aux aguets « B...
