Chap. 32 : Date de péremption

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Très vite, je me laissais emporter par l'atmosphère bienveillante qui régnait en tout temps à l'Auberge. Le poids qui pesait sur ma poitrine s'envola et je pus rire sincèrement avec mes amis. De plus, je laissais ma Grand mère me nourrir encore et encore, comme si je n'avais pas mangé depuis une éternité. Malgré tout, je restais sur le qui vive, sans vraiment savoir pourquoi. Mon estomac se tordait par moment dans un mélange d'appréhension et de suspicion. J'étais incapable de profiter pleinement de la joie d'être de retour a la maison, même si ma Grand mère ne cessait de me répéter cette même phrase :

- Détends toi, nous sommes en sécurité ici, Azel ne peut pas t'atteindre.

Cependant, au fur et à mesure que la vieille femme la répétait, je voyais une lueur apparaitre dans ses yeux qui en avaient été dénués jusqu'à aujourd hui. La peur. Elle commençait elle aussi à douter que son Auberge soit si en sécurité que ça. Après tout, Asaliah avait été kidnappée dans l'enceinte même du Siège de l'Ordre, pourtant le batiment le plus sécurisé d'Éden. Alors, ce même jour, je me couchais la gorge serrée, priant silencieusement pour que tout aille pour le mieux lorsque je me reveillerais le lendemain. Étrangement, c'est ce qui se produisit.

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Les jours passèrent, dans un calme olympien. Enfin, pas tout a fait. Les enfants que je cotoyais depuis leur plus jeune âge ne cessaient de me suivre à la trace, posant des milliers de questions auxquelles je ne répondais pas forcément par la vérité. Mais cette vérité légère et idéale comme quoi j'étais partie a l'aventure semblait les satisfaire. J'aurais aimé m'en satisfaire également mais j'étais bridée par une angoisse grandissante que Lewis et Tati tentaient au mieux de me faire oublier. Ils étaient adorables tout les deux. Je n'étais partis que peu et pourtant, ils semblaient se connaitre sur le bout des doigts. Tout le monde était au petit soin avec moi, même si ma Grand mère me rappelait clairement les responsabilités que j'avais à l'Auberge. Je reçu également la visite de Sébastien, Carl et Tobias. Les retrouvailles de Sébastien et Bridgess furent discrètes même si le soulagement qu'ils ressentaient était évident. Je ne pouvais qu'envier leur attachement mutuel. Malgré tout, mon attention se portait particulièrement sur Carl qui semblait dans ses pensées a longueur de journée.

Ce dernier attendit deux autres jours pour me faire part de ce qui trottait dans sa tête, malgré que sa façon de tourner en rond autour de moi m'avait mis la puce à l'oreille depuis son arrivée. Je parvins enfin a le coincer aux écuries, occupé à prendre soin de son cheval. Je grimpais sur une botte de foin, m'installais en tailleur et lachais :

- Tu vas te décider à me dire ce qui ne va pas ou tu comptes attendre encore longtemps ?

Il m'offrit un regard noir auquel je répondis par un sourire amusé. J'avais eu le temps d'apprendre a le connaitre et sa fausse froideur ne me dupait plus. Il s'empara d'un sabot de sa monture, excuse évidente pour me m'offrir son dos et non son visage. Cependant, l'inquiétude que j'y avais dicerné fit grimper la mienne en flèche. J'avais pensé que j'étais la seule a m'inquiéter du calme des Vampires, des Damnés et même d'Azel, mais je devinais alors que les Gardiens l'étaient tout autant.  Même s'ils le camouflaient plus efficacement. Carl finit par déclarer :

- L'immobilité des alliés d'Azel nous inquiète. Alors il y a de ça quelques jours j'ai fais appel à un espion pour obtenir des infos sur leur plan...

- Un espion proche d'Azel ? m'etonnais je.

- Du Comte. N'oublies pas que les vampires de la Cité des Morts se sont clairement déclarés contre nous...

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