Chapitre 18 : Perte de contrôle

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Le vampire partit dans un grand rire et je déglutis. Près de moi, je sentis Carl se raidir. Il affichait un visage fermé mais je voyais la colère dans ses yeux, colère que je pensais m'être destinée jusqu'à ce qu'il fasse un pas vers le conseiller en lâchant d'une voix où perçait la menace :

- Tu as bien intérêt à garder sous contrôle tes sous fifres à dents pointues. Ce n'est pas le moment pour les vampires de violer les accords... Surtout que le Régent fermerait volontairement les yeux si nous nous voyions contraints de décapiter quelques vampires récalcitrants.

Maximilien perdit son sourire et montra les crocs dans un geste menaçant. Personne ne bougea pendant de longues secondes, se contentant de se toiser avec mépris. Mon cœur manqua un battement lorsque je vis de nombreuses ombres s'agiter autour de nous. Et, avant qu'on ai le temps d'esquisser le moindre mouvement, on se retrouva encerclé par une vingtaine de vampires près à l'assaut. Je posais instinctivement ma main sur la crosse de mon révolver, sentant leurs regards carnassiers essentiellement posés sur moi. Sans un mot, les Gardiens se placèrent dos à dos près de moi. Le vampire en costume, dont le sourire moqueur avait refait surface, s'avança et lança à Carl, le narguant ouvertement :

- Souhaites-tu réitérer ta menace à présent ? Mes sous fifres à dents pointues aimeraient te l'entendre dire à nouveau...

Carl fit mine de faire un pas vers le vampire arrogant, les poings serrés, mais Tobias le retint en secouant la tête. Voyant la nervosité déformer les traits du Gardien, mon coeur s'emballa et je tentais en vain de calmer ma respiration. Je sentais la situation sur le point de dégénérer, la tension environnante était telle qu'on aurait pu la toucher... Décidant qu'il fallait désamorcer la bombe menaçant d'une seconde à l'autre d'éclater, je déclarais d'une voix que j'espérais calme :

- Nous étions venus parler au Comte au sujet d'un problème capital, pas nous battre !

Des sifflements résonnèrent en réponse à mon intervention et je frissonais, sachant fort bien que les vampires ne faisaient siffler l'air entre leurs dents qu'en cas d'attaque imminente. Bridgess me jeta un rapide coup d'œil avant de me suivre dans ma volonté d'échapper à un combat certain :

- Vous devriez écouter ce que nous avons à dire ! Le Comte trouvera sûrement profit à faire dans ce que nous avons à proposer ...

- Les affaires avec vous les Gardiens, ne nous apportent jamais rien de bon ! riposta Maximilien, qui s'énervait de plus en plus.

Plus il perdait son calme, plus ses yeux s'assombrissait ce qui le rendait d'autant plus imprévisible et moi, encore plus nerveuse. Alarmée, je m'écriais :

- Vous ne comprenez pas ! Nous voulions juste vous poser quelques questions au sujet d'une sorcière, pas déclancher de combat !

- C'est toi qui ne comprend rien ! me cria le vampire en apparaissant à quelques centimètres de moi, me faisant sursauter.

D'un signe de sa part, les vampires se jetèrent sur mes partenaires, les immobilisant tous les quatre au sol sans qu'ils n'aient le temps de réagir ni les armes nécessaires pour se défendre. Je regardais, paniquée, les Gardiens se démener en vain pour se redresser. Tobias s'époumona, le visage rendu rouge par l'effort et la colère :

- Maximilien, ordonnes à tes hommes de se retirer et il n'y aura pas de conséquences !

- Tu n'es pas en position de force, Tobias, tu n'as pas à exiger quoi que se soit ! répliqua le conseiller du Comte, la voix rauque.

Je me retrouvais seule, debout face à un vampire tremblant de rage. Avant que je n'ai le temps de me saisir de l'une de mes armes, Maximilien m'arracha ma ceinture et la jeta à l'autre bout du hall, m'attirant du même fait brutalement à lui. Il plongea ses yeux dorénavant injectés de sang dans les miens et je sentis mon corps se paralyser. Seul un très ancien vampire pouvait hypnotisé un Nephilim, je le savais. Le souffle court et le coeur battant à se rompre, je n'avais pas d'autre choix que de supporter son souffle chaud dont l'odeur ferreuse de sang me retournait l'estomac. La colère du vampire émanait de lui par vagues et à la fréquence dont il passait sa langue sur ses crocs acérés, je savais qu'il se retenait de me sauter à la gorge. Je déglutis difficilement alors qu'il me chuchotait :

ShadowsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant