Alors que j'étais à genoux, les mains à plat dans l'herbe, cherchant mon souffle alors que ma respiration se faisait sifflante, un vampire m'empoigna les épaules avec force et m'appuya davantage encore sur les épaules. Mais je sentais à peine son contact, incapable d'avoir une pensée cohérente. Mon esprit n'était focalisé que sur une chose : la peur qu'il y ai des blessés parmis tous ces gens auxquels j'étais attachée. Mon corps, lui, était raide et je faisais abstraction de la brulure que l'odeur âcre de la fumée causait dans ma gorge, dûe à l'épais nuage noir qui se formait au dessus de nous. Je ne pretais pas plus attention à l'armée autour de moi. Il me semblait que personne n'avait émit le moindre son, meme si je n'aurais pas pu le dire avec certitude car seul le crépitement des flammes qui ravagaient peu à peu les bâtiments. Mon cœur tambourinait si fort que ça en était douloureux et la peur m'empêchait de détacher mes yeux de la porte d'entrée encore intacte. Personne ne l'avait encore passé. Et s'ils étaient tous blessés ? Ou pire ? S'ils se retrouvaient prisonniers à cause de la peur de se retrouver à ciel ouvert ? Les portes et les fenêtres étaient restées closes dans l'aile gauche de l'Auberge, encore à l'abri des flammes. Et je me rassurais en me répétant que je savais qu'ils y étaient tous, priant silencieusement pour que mes peurs soient infondées.
Je retins une grimace de douleur lorsque les phalenges du vampire s'enfoncèrent plus fortement encore dans la chair de mes épaules, me rappelant ainsi son existence. Je ne cherchais même pas à me débattre lorsqu'on m'arracha ma ceinture d'arme. De toute façon, avec ou sans, je ne faisais pas le poids contre une armée. Comme pour confirmer mes dires, et avec une coordination qui me prit quelque peu de court, les dizaines de vampires autour de moi se ressérèrent, si bien que je ne voyais presque plus ni les bâtiments, ni les flammes. J'entendais juste le craquement du bois, auquel faisait écho la fumée qui nous atteignait à cause du vent. À part ça, un silence glacial régnait. Même si mes sens continuaient à se focaliser sur l'incendie, mon instinct m'envoyait des signaux de détresse. Quelque chose n'allait pas. Malgré que je me retrouvais dorénavant entouré par une véritable armée qui formair un cercle parfait autour de l'Auberge mais surtout autour de moi, quelque chose n'allait pas. Tout cela me semblait trop "parfait" justement. Les vampires étaient des êtres impulsifs - et les partisants du Comte étaient connus pour être particulièrement sanguinaires et assoiffés de sang et de discorde, et pourtant, pas un n'avait fait un geste de travers. Aucun d'entre eux n'avaient ouverts la bouche ni n'avaient tentés de m'attaquer alors que je me retrouvais démunie et que bien plus de victimes potentielles se trouvaient cachés à proximité. Ils ne me regardaient même pas, se contentant de rester droits, les yeux plantés fixement dans le décor. Ils étaient trop obéissants, trop disciplinés, trop calmes... Et, alors que ça aurait dû me rassurer, ça renforçait encore davantage la peur qui me tordait le ventre. On aurait dit des automates, tout semblait avoir été répété laborieusement. Même les flammes dévoraient les murs plus lentement qu'elles auraient dûes, le temps semblait suspendu. Non. Quelque chose était vraiment étrange... Mais l'étau qui me serrait l'estomac se dessera brutalement quand la voix inquiète de Bridgess résonna dans ma tête :
- Laïa,Tobias veut attendre que Sebastien apporte les fleurs à Cécile avant d'intervenir, de peur que les vampires essayent de pénétrer dans l'enceinte si on les énerve... Tout le monde va bien pour l'instant, l'aile droite est bien isolée. Tu tiendras ?
Je retins un sourire, camouflant au mieux le soulagement qui m'envahissait pour ne pas trahir le plan de mes amis. Ils allaient bien. Bien sûr que je tiendrais. Dès que la réponse fusa dans ma tête, je la regrettais. Car une autre voix résonna, se frayant un passage entre les membres de l'armée du Comte, qui restaient bien campés sur leurs positions autour de moi. Une voix mielleuse qui restait imprimée dans ma mémoire :
- Tiens, tiens ! Comme on se retrouve ! J'ai été profondement blessé que tu ne me rejoigne pas après notre dernière rencontre.
Je ne répondis à Maximilien qu'avec un regard noir. Il portait son éternel costume trois pièces et aucune arme en vue. Son sourire carnassier m'arracha un frisson de dégoût. Le conseiller du Comte se pencha en avant, son visage souriant a quelques centimètres du mien, alors que mon corps entier se tendait dans l'envie de lui coller mon poing à travers le visage pour lui faire ravaler sa satisfaction :
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Shadows
ParanormalLorsque toutes les légendes du Monde et bien plus encore sont vraies, il peut être vite compliqué de parvenir à ses fins. Alors, dans sa quête pour retrouver une soeur perdue depuis longtemps, Laïa va devoir faire face à des conflits des plus périeu...
