Chap. 39 : L'Innocence face au savoir.

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Je ne restais inconsciente que quelques minutes mais lorsque je rouvris les yeux, j'étais calme. Une phrase tournait en boucle dans ma tete. Sam est un Ange. Je rencontrais aussitot les yeux inquiets de Sam, effrayés meme. Je me redressais lentement sans quitter son regard, sa main m'aidant en se callant dans mon dos. Je jettais un coup d'oeil autour de moi. Il m'avait deposé sur le sol du toit, loin du bord et était resté agenouillé tout près. Il faisait nuit mais nous étions enveloppés dans une lumiere bleue iréelle. Sam est un Ange. Realisant que j'avais ignoré un détail de taille, je braquais à nouveau mon regard sur Sam. Enfin, sur les deux ailes qui s'etiraient de chaque coté de lui. Voyant que je les fixais avec intensité, Sam se releva et je devinais qu'il allait a nouveau les faire disparaitre alors je l'imitais maladroitement. Sans doute aurais je dû attendre un peu après mon réveil car ma tete tourna dangereusement et je vacillais. Sam glissa un bras protecteur autour de moi et me ramena contre lui. Profitant du cocon solide et réconfortant qu'il m'offrait, je repris mon observation. Je ne parvenais pas à decrocher mes yeux de ses ailes dont la lumiere bleue me brulait les rétines. Elles étaient immenses, étendues de chaque coté d'un Sam silencieux. À premiere vue, elles semblaient iréelles, comme une illusion d'énergie fluide, mais, maintenant que mes yeux restaient fixées dessus, je parvenais à discerner chaque petit détail de chacune des longues plumes. Je ressentais le besoin de les toucher, de vérifier si je ne rêvais pas. Alors, je tendis une main tremblante, à la fois fascinée et effrayée par ce spectacle hors du commun. Du bout des doigts, je caressais ses longues plumes qui en avaient bel et bien la douceur et la solidité. Sam eut un frisson et son bras se ressera un peu autour de ma taille, encourageant mes mains à poursuivre leur exploration. Je les fis remonter et glisser sur l'armature de l'aile dont je pouvais sentir toute la puissance et la force. Leur coté lumineux si irréel, si magique, constrastait avec leur touché qui me provait que je ne rêvais pas. Jamais je n'aurais pu inventer une telle sensation.

- Laïa, souffla Sam à mon oreille, d'une voix rauque qui m'arracha un frisson.

Je savais que je devais reculer, lui demander de s'expliquer, de s'excuser de m'avoir menti, que je devais exiger des réponses. Mais je n'y parvenais pas. Je restais blottie dans ses bras comme une enfant, blottie contre son torse sans oser le regarder dans les yeux. J'avais peur de ce que j'y verrais. Je savais que la réalité de la situation me rattraperait si je le regardais. Alors que je me sentais si calme, si sereine. J'avais l'impression qu'aucun danger ne pouvait m'atteindre. Ma tete me criait que cette sensation n'était pas naturelle, qu'elle provenait de sa nature angélique mais mon coeur me criait de rester silencieuse et de profiter de cet instant de répis.

- Laïa, répéta Sam avec plus de fermeté. Il faut que nous parlions

Je hochais la tete et reculais a regrets, frissonant en quittant le cocon chaud et rassurant de ces bras qui me protégeaient de la réalité. Je tentais de repousser le sentiment d'abandon que je ressentis en m'éloignant encore. Dans un mouvement souple des épaules et avec un bruit de plumes très doux, ses ailes se rabatirent dans son dos avant de disparaitre. On se retrouva alors plongé dans une obscurité quasi totale, seulement illuminés par la lune et les lumieres de la ville. Ignorant le fait que je devrais lui reveler la raison pour laquelle j'avais besoin de lui ce soir, sur ce toit, je le contournais et me plaçais dans son dos, à l'abri de son regard inquisiteur. Poussée par l'intensité des derniers évenements et par un besoin irrésistible de vérifier s'il y avait un signe de ses ailes, je laissais alors mes doigts courir sur son tee shirt, tracer les contours nets de ses épaules, de la ligne droite de son dos ... Je le sentis se contracter sous mes doigts et je laissais s'échapper un sourire. Puis, réalisant alors que ce n'était pas le dos musclé et solide d'une sculpture d'Ange que je caressais de façon si subjective mais bien celui d'un homme, je rougis brusquement et m'éloignais avec empressement. Je tentais de reprendre contenance en posant une question mais ma tete grouillait tellement de questionnements que ce fut l'une des plus naive qui fusa :

ShadowsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant