Chap. 28 : Vol inconscient

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En quelques secondes, le camp fut en effervescence totale. Alors que je restais figée par l'effroi, je prenais conscience du fait que les Loups couraient en tous, mettant les vieilles personnes et les enfants à l'abri. J'étais si absorbée par la vision de l'immense corps enflammé surplombant les batisses, que je mis du temps avant de sentir que Sam me secouait brutalement. Je tournais alors le visage vers les yeux, les yeux écarquillés, et il me cria :

- Vas te mettre en sécurité ! On va régler ça...

Sur ces mots et sans me laisser le temps de répliquer, il sauta du promontoire pourtant situé a deux mètres du sol et se redressa habilement. Perplexe, je décidais de ne pas m'attarder sur le fait que ce saut aurait dû lui briser les chevilles, dans le meilleur des cas. C'est alors qu'une voix féminine et retentissante s'éleva dans l'air, figeant les Loups dans leurs manoeuvres pour empêcher les braises qui s'échappaient du feu de brûler leur camp :

- Je veux celle qui m'a volé mon bien ! Livrez la moi ou vous serez brûlés vifs !

Comme pour illustrer ses propos, la femme tendit le bras d'un geste brutal et enflamma une petite maison. Des hurlements retentirent et une femme et ses deux enfants en émergèrent précipitamment. Les hommes s'empressèrent de tâcher d'éteindre l'incendie. Percutée par l'urgence de la situation, j'entrepris de descendre du Pomontoire. Je me laissais yomber au sol et j'entendis une autre voix s'élever, quelque peu étouffé par les crépitements du feu :

- Azel ! Pourquoi ne pas venir proférer tes menaces en chair et en os !?

Je me mis à courir, dépassant ceux qui se réfugiaient derrière la maison de Marcus. J'identifiais la voix comme la sienne et le repérais dressé face à la sorcière. J'allais courir vers lui quand une main me saisit par le bras pour me tirer à l'abri d'un batisse. Je pivotais vers l'intervenant, sentant l'adrénaline monter peu à peu en moi, encouragé par l'odeur âcre du feu. Je me retrouvais alors face à Sebastien. Avant que je ne puisse lui demander de me lâcher pour qu'on puisse se rendre utile, il lâcha :

- Marcus veut régler ça pacifiquement. Il nous a demandé de rester à l'écart et de n'intervenir que si ça dégénère.

- Le camp va brûler et il y a une antitié enflammée dans le brasier, mais ce n'a toujours pas dégénéré pour toi !? m'écriais je, emportée par l'urgence du moment.

Tobias et Carl jaillirent alors à nos cotés et le chef répliqua, la voix dure et sans appel :

- Ce n'est pas le moment de poser des questions. Notre devoir est d'obéir aux ordres des chefs ! Alors on obéira à Marcus et on attend.

- Mais...

- Reste à ta place ! me cria t il pour couvrir les pleurs d'un groupe d'enfants.

Je lui tournais le dos, tiraillée entre les ordres et mon désir d'aider... Dans la clairière, Azel et Marcus se faisait face. Peu a peu, je sentis la tension montée. Je tentais cependant de garder la tête froide et de détailler Azel du regard. Elle était apparue sur la forme d'une femme à taille irréaliste, au corps de feu. Deux cornes se dressaient au dessus de sa tête et ses yeux étaient d'un noir profond, total. Je remarquais alors qu'ils scrutaient le camp à la recherche de quelque chose. Sa voix résonna à nouveau, déchirant le silence pesant qui régnait :

- Je veux celle qui possède ce qui m'appartient de droit ! Qu'elle me rejoigne ou que vous me la livriez peu m'importe mais si elle ne m'est pas apportée, vous serez détruits !

Mon coeur se mit à battre plus vite et je reculais instinctivement. Ma main tatonna à ma ceinture à la recherche d'un quelconque objet pour me défendre en cas d'attaque mais mon sqng se glaça en réalisant que j'avais laissé mes armes dans la chambre. Marcus répondit d'une voix forte et assurée, le visage crispé par la colère, agissant comme si cette imposante présence ne l'effrayait guère :

ShadowsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant