Chapitre 7

372 32 12
                                        

Voilà au moins deux bonnes heures que j'étais allongée dans mon lit, fixant le plafond. J'étais tombée de fatigue la veille, à peine Michael avait-il quitté les lieux. J'admettais que j'étais du genre franche, et que je savais viser là ou ça faisait mal, mais Michael y était pour quelque chose... Je ne vois pas pourquoi je devrais m'excuser, alors qu'il ne le fera pas.

J'aurais voulu aller me changer les idées avec Liz, mais malheureusement elle travaillait. J'étais donc condamnée à rester seule, à penser à l'autre.

Quand soudain, une idée me traversa l'esprit. Aussitôt, je sautai de mon lit, pris une douche rapide et enfilai mes vêtements. J'accourus dehors, après avoir fermé ma porte à clé. Je savais exactement où j'allais.

En entrant dans la boutique, je me dirigeai vers le rayon « Nouveauté ». Je n'eus pas à chercher plus longtemps que je le trouvais directement. Je m'emparai de l'objet et le payai, avant de retourner chez moi.

Je gardai mon achat en main, puis grimpai les escaliers direction le grenier. « Il doit bien y'en avoir une sous toute cette poussière... » pensai-je à voix haute. Et en effet, il m'en restait une.

C'était une ancienne platine vinyle qui devait sûrement avoir appartenue à mon père. Après l'avoir dépoussiérée et branchée, je pris ce que je venais d'acquérir : pour la première fois de ma vie, je m'étais dirigée vers un magasin de disque, et j'y avais acheté le dernier album de Michael. Je n'avais eu aucun mal à le reconnaître ; la pochette avait un fond gris, et mis à part son titre I just can't stop loving you en blanc dans un côté avec le nom du chanteur, on ne voyait que lui. Il était habillé d'une manière courante, portant une chemise bleue marine avec des dessins blancs. Je dois bien admettre que ça lui allait bien. Je fixai un instant son regard mystérieux, bras croisés.

Après avoir contemplé la pochette, je sortis finalement le disque pour le placer sur la platine. Je posai le bras sur le début du vinyle et me détendais à l'entente des premières notes. Il faut dire qu'elles étaient apaisantes.

Je l'appréciais, sa voix m'emmena inévitablement dans un autre monde. Elle était magnifique, me donnant des frissons qui parcouraient tout mon corps. Je ne savais pas qu'une simple voix pouvait faire ça, vous rendre aussi joyeuse ou triste selon les paroles et la mélodie.

Michael le faisait à merveille. Pour dire vrai, celle passée durant l'anniversaire était étrange, mais pas nulle. Simplement, je ne connaissais pas réellement sa voix, alors, je ne pouvais pas le juger sincèrement.

Je me surprise à l'écouter jusqu'à la fin, toujours aussi envoutée. À présent, je pensais encore plus à Michael, et je déprimais davantage. Je savais apparemment comment me remonter le moral quand je n'allais pas bien...

Les paroles paraissaient sincères, authentiques, et sa voix restait merveilleuse. Malheureusement, elle n'était pas destinée à moi...

Je sortis du grenier, laissant le vinyle et la platine à cet endroit, pour me diriger en bas. Il valait mieux que personne n'apprenne que j'ai succombé à la tentation qu'était d'écouter les musiques de l'homme qui m'ensorcelait depuis quelque temps... Et par personne, j'entendais bien sûr Liz et le concerné lui-même.

J'avais dépassé l'heure de manger depuis quelques heures, et mon ventre se mettait seulement à gargouiller. Je pris l'initiative de me décongeler un petit plat au microonde, préférant ne pas prendre le risque de brûler ma maison toute entière.

Je m'installai sur mon fauteuil, et tentai de m'occuper comme je le pouvais. Vers 20 vingt heure, j'appellerai Liz pour lui proposer de passer à la maison. À cette heure-ci, elle aura probablement terminé le travail. En attendant, j'avais plusieurs heures devant moi. Pour tuer le temps, je poursuivis mon roman, mais le terminai trop vite à mon goût. De plus, l'histoire ne m'avait pas plu tant que ça...

Forgotten [TERMINÉE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant