Chapitre 32

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Michael me poussa gentiment vers une place et me força à m'y asseoir. « Assieds-toi là, ton meilleur ami sera à côté » pouffa-t-il. Je ne compris pas tout de suite ce qu'il voulait dire, jusqu'à ce que je vois débouler TJ et Autumn vers les places à ma droite. Je fusillai aussitôt Michael du regard alors qu'il se tordait de rire en se laissant tomber sur la place à droite de moi.

Il se pencha vers son neveu pour lui chuchoter quelque chose que je ne pus percevoir. Le petit garçon pouffa discrètement et hocha la tête, pendant que Michael riait lui aussi en se remettant en place.

« Qu'est-ce que tu manigances... ? » tentai-je de le faire avouer en plissant les yeux. « Moi ? Rien du tout ! Qu'est-ce qui te fait penser que je manigance quelque chose ? » joua-t-il l'innocent. « Je le connais trop bien, ce faux air de j'ai-rien-fait... » poursuivis-je toujours sur le même ton. « Pff, t'es parano... » rit-il de plus belle.

Katherine, aidée par ses filles et Marianne, apporta les plats qu'elle disposa sur toute la longueur de la gigantesque table. « Ça sent bon ! » s'exclama un enfant. « Je suis d'accord ! » répliqua un autre. Katherine rit et vint les servir en premier.

« Tu m'as oublié, maman » tenta de s'incruster Randy en tendant son assiette. « Moi d'abord ! » fit Michael en l'imitant. « En voilà des manières ! Vous serez les derniers servis » gronda Katherine. « Molly, fais-moi passer ton assiette, s'il te plaît » poursuivit-elle. Je lui obéis sous les regards boudeurs et jaloux de mon copain et son frère.

« Je peux t'en prendre une fourchette ? – Même pas en rêve » empêchai-je Michael qui avait déjà levé son couvert vers mon assiette. « Tu n'y touches même pas... » bouda-t-il. « Non, j'attends que tout le monde soit servi, Monsieur le malpoli » le réprimandai-je en gloussant discrètement. « Gneu gneu gneu... »

Toute la famille fut finalement servie, même Randy et Michael, puis on demanda aux enfants de se taire pour les prières habituelles. Évidemment, n'étant pas croyante, je fis simplement semblant, par pur respect.

Et comme si rien ne s'était passé, le brouhaha reprit, les enfants rirent, les adultes continuèrent leurs discussions diverses... et Michael ainsi que Randy se jetèrent sur leurs assiettes.

« Il a fallut que je tombe sur un cochon... » secouai-je la tête en regardant Michael se gaver. « Le plus mignon de tous les porcelets ! » se vanta-t-il en retour. Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire à sa remarque, ainsi que les enfants qui l'avaient entendu se mirent à faire des bruits de cochon avant que leurs parents ne les reprennent.

Michael riait, fier de lui. Il semblait heureux. Pourtant il m'avait dit qu'il détestait les réunions de famille... ? « Ça ne se passe pas si mal, finalement... » lui chuchotai-je. « Hm... Ça manque de vin... »

Il allait en redemander quand je l'arrêtai, le faisant me fixer dans l'incompréhension la plus totale. « S'il te plaît, je préfère te garder sobre un peu plus longtemps » me justifiai-je en riant nerveusement. Il me dévisagea quelques secondes de plus, puis abandonna finalement son idée et reprit sa fourchette, avant d'attraper ma main sous la table, comme si de rien n'était.

Michael la lâcha aussitôt pour la poser sur ma cuisse. Je ne compris pas de suite, mais quelques secondes après, il chatouilla l'articulation de ma jambe, et par réflexe, je la dépliai brusquement. Suite à la violence de mon geste, je donnai un coup sous la table, la faisant vibrer dans les alentours. « Arrête s'il te plaît ! » dis-je difficilement, les yeux en larmes. J'essayais tant bien que mal de me retenir de rire, mais en vain. Ma sensibilité avait raison de moi...

« Passe la bouteille ! » cria Randy à Jackie qui était en train de s'en servir. Michael s'arrêta soudainement pour me laisser respirer, et les fixa envieux. Puis, il tourna sa tête vers moi en bombant  la lèvre inférieure, comme pour me persuader de le laisser boire. Taquine, je secouai la tête. « Non, Michael » Il mit ses mains en prière, toujours sans parler. Son regard était beaucoup trop persuasif pour rester sur ma négation. « Bon vas y fait ce que tu veux » abandonnai-je, amusée. « Yes ! » se satisfit-il. « Passe Randy »

Forgotten [TERMINÉE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant