Chapitre 26

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Je m'étais préparée, et étais aussitôt partie dû au pouvoir de persuasion de Liz, après l'avoir, comme promis, emmenée à l'aéroport. C'est ainsi que je me trouvais devant la porte de sa villa. Mon cœur battait la chamade, stressée à l'idée de devoir m'excuser une énième fois.

Après avoir sonné, sa mère m'ouvrit, sourire chaleureux au visage. « Oh... Molly... Tu viens voir Michael ? – Oui » répondis-je timidement.

Elle me fit entrer en m'avertissant qu'il était enfermé dans sa chambre. J'acquiessai et me trainai jusqu'à lui. Plus la distance se réduisit, plus mon cœur accéléra. Je toquai et ouvris la porte après son accord. Il était mi-allongé sur son lit, en pleine lecture. « Salut » entama-t-il captivé. « Salut » dis-je presque à voix basse.

Je m'approchai de son lit pour m'y asseoir et entrer directement dans le vif du sujet. « Hier, si j'ai agi ainsi c'e... – On oublie » me coupa-t-il en fixant son livre.

Je fus surprise de par son comportement. Je voulais tout de même finir ma phrase, mais la façon dont Michael m'a coupée me forçait à me taire. Je le fixai pendant que lui regardait son livre, tentant de discerner une émotion positive sur son visage. Ce silence pesant lui fit relever les yeux vers moi, et il me lança un léger sourire en disant : « Je ne suis plus en colère. On oublie, j'ai dit » Puis, il retourna précipitamment à sa lecture.

Aprioris, il était sincère, mais je doutais tout de même de ses dires, connaissant son tempérament rancunier. « Bon cool, je te laisse alors » le testai-je. « Non reste ! » se précipita-t-il avant que je n'ouvre la porte pour quitter les lieux.

Profitant d'être dos à lui, j'esquissai un sourire qui s'effaça immédiatement en me retournant, voulant rester sérieuse devant Michael. « D'accord » me motivai-je en bondissant sur son lit. Je l'entendis pouffer. « Quand il faut sauter sur quelque chose, t'es partante toi hein » plaisanta-t-il.

Mon image du petit Michael innocent s'était détériorée en un instant. Mais, pour mon bien, je n'imaginais aucun sous-entendu jusqu'à ce qu'il me fixe, yeux lumineux, empêchant d'extériorer son fou rire interne. « T'as fini tes conneries ? » posai-je malicieusement.

Il hocha la tête, les lèvres pincées. « Pardon » s'excusa-t-il faussement. En me rapprochant de lui pour jeter un coup d'œil à son livre, je sentis des froissements de papiers provoqués par mon déplacement. Curieuse, je me levai pour passer ma main en dessous du matelas. J'en sortis une dizaine de magazines. « Diana Ross... » murmurai-je en lisant le premier titre.

J'explosai de rire en voyant le prochain. Michael écarquilla les yeux, se redressant rapidement. « Je... C'est pas ce que tu crois ! C'est à Randy ! Le pauvre... Il sait pas ranger sa chambre, alors, pour éviter que ma mère tombe sur ça, quand elle la nettoie, je les garde pour lui rendre service ! » mentit-il. « Oui bien sûr » m'amusai-je, plein de sarcasmes.

J'ouvris les pages de son magazine en faisant des petits commentaires hilares comme « Hmm, c'est vrai qu'elles sont bonnes » Il devint rouge, honteux, et se rallongea. « Je te hais » fit-il entre ses dents, retournant dans sa préoccupation. Je laissai ses affaires au sol et me rassis sur son lit. « Mais tu sais... Elles ne sont pas plus magnifiques que toi » souffla-t-il, charmeur. « Ne sois pas jalouse »

Je baissai automatiquement la tête, virant à mon tour au cramoisi. Je jouais avec mes doigts, jusqu'à ce qu'il s'exclame en rigolant : « Tu vois ? C'est ça que j'adore ! » Je le regardai en fronçant les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir. « Quand on te fait un compliment, tu prends toujours cette attitude de fille timide »

Je compris alors qu'il se moquait de moi depuis le début, voulant me mettre mal à l'aise comme je venais de le faire. Il avait donc commencé un petit jeu. Pour l'instant, on avait un point partout. Mais j'attaquerai quand il s'y attendra le moins.

Forgotten [TERMINÉE]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant