Michael me réveilla à huit heure, heure française, pour « partir à l'aventure », comme il l'affirma en ricanant.
J'avais préparé un sac-à-dos avec le nécessaire : bouteille d'eau et en-cas, ainsi qu'une trousse de secours et mon porte-monnaie. Michael m'avait demandé de prendre mon maillot de bain, alors, je le mis directement en dessous de mes habits sans discuter. Il était à deux pièces.
Le chanteur s'impatientait devant la porte d'entrée ouverte, paré à sortir. « Alleeeez ! Ça fait trois siècles que je t'attends ! » me pressa-t-il. « Tu seras bien content, quand tu seras assoiffé, que j'aie pensé à prendre une bouteille » me défendis-je. « Bien sûr. Tu es un génie, la femme la plus intelligente de la Terre, heureusement que tu es là. Que ferais-je sans toi ? On peut y aller maintenant ? » lança-t-il, sarcastique.
Je lui donnai un coup de hanche pour l'expulser de la maison alors que j'attrapais les clés. Il poussa un cri de joie devant le chalet pendant que je me chargeais de le fermer à clés. Décidément, j'avais vraiment l'impression d'être une mère qui devait s'occuper de son enfant surexcité.
« Alors, monsieur sait quel chemin prendre ? » posai-je. Il haussa les épaules et se mit à suivre la route d'un pas décidé. « On n'a qu'à aller par là » m'assura-t-il.
Le fait qu'il n'est rien prévu m'inquiétait légèrement, mais je décidai de lui faire confiance en me disant que de toute manière, si ça se terminait mal, je pouvais toujours lui retourner le tout à la figure. « T'as pas peur que des gens te reconnaissent ? » Il avait beau porter des lunettes de soleil ou un chapeau, à mes yeux, il restait connaissable. « Y'a peu de gens ici, et la plupart sont des personnes âgées. Et puis, j'ai changé durant ces dernières années, beaucoup ne pourront pas me reconnaitre sans me fixer. Et personne ne fixe des inconnus, généralement »
Le chemin que nous avions emprunté était en pente, nous nous dirigeons vers le haut et l'ascension devenait de plus en plus fatigante. Je savais que Michael n'allait pas tarder à me demander à boire.
« Je veux bien de l'eau, s'il te plaît » finit-il par me demander comme je l'avais prédit. « Comment ? » le fis-je répéter. « J'ai dit que je voudrais bien de l'eau, s'il te plaît » reformula-t-il. « Hein ? Je ne suis pas sûre d'avoir très bien compris... » me moquai-je. Michael réalisa enfin que tout ça n'était qu'un jeu, alors, il souffla en levant les yeux, sourire malicieux en coin. « Ok, tu avais raison. Merci d'y avoir pensé. Puis-je avoir à boire maintenant ? – Puisque c'est si gentiment demandé... » le taquinai-je en lui tendant sa requête.
Je pus alors reprendre la route en le devançant fièrement. À peine avais-je fait quelque pas que je sentis déjà que le chanteur me tirait vers lui, stoppant brusquement ma marche. Il rapprocha mon dos de son corps, entourant ma taille avec ses mains pour attacher son gilet autour de celle-ci. « J'peux savoir c'que tu fous, là ?! » l'agressai-je, intriguée. Je sentais sa respiration au creux de mon cou, ce qui me donna des frissons. Il rapprocha son visage de mon oreille pour me chuchoter quelques mots : « Tu as une tâche de sang sur les fesses » rit-il doucement.
Je virai au rouge écarlate. Michael se moquait de moi, alors je tentais de me venger en le mettant mal à l'aise à mon tour. « Ah donc tu mattes, toi ? – Bah oui ! On voit que ça quand je suis derrière toi ! » se défendit-il sans même rougir. « Ah oui donc j'ai un gros cul ? – Ça peut-être un avantage... » me lança-t-il un clin d'oeil. « En fait, tu caches bien ton jeu » fis-je en pleine réflexion. « Ça va, j'rigole oh ! » souffla-t-il, sérieusement.
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Forgotten [TERMINÉE]
FanfictionOn se demande parfois ce qu'est le véritable oubli. Celui qui nous laisse nous demander ce qu'on fait là, qui on est, qui ils sont... Oublier c'est ne pas se souvenir, oublier c'est faire une croix sur son passé, oublier c'est abandonner. Qu'en est...
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