Jordan
Ma conduite est rude et précipitée. Je suis hors de moi. Il est en la cause.
J'avais pourtant tout essayé, fait du mieux que je pouvais. Et il a tout gâché. Je pensais que ça lui plaisait, qu'il aimait lui aussi... Mais ce n'était que des conneries ! Quand j'y pense, il m'a bien pris pour un con. Je le déteste. Il m'a fait espérer des choses qui ne se réaliseront jamais. Tout ce qu'il s'était passé n'était que mensonges. Et j'y avais crus putain ! Ses lèvres contre les miennes, son corps frémissant, si réceptif à mes caresses, ses gémissements. Tout ça paraissait si réel. Alors que rien ne l'était. Rien ! Il n'avait pas le droit de me faire ça. De me fixer ainsi en cours, de loucher sur ma bouche. Et de me rejeter, brusquement de cette manière. Je n'étais pas son objet, cette chose dont il faisait ce qu'il en voulait.
Je le haïssais.
Mes mains se resserrent brutalement contre le volant.
Il ne se rendait pas compte de ses actes. De ses conneries. C'était juste un pauvre gamin immature qui ne pensait qu'à lui. Il s'en foutait de moi, de ce que je ressentais. Non ce qui l'importait, c'était son bonheur à lui, sa petite jouissance personnelle ! Il était répugnant, égoïste !
Pourquoi ne m'avait t-il pas arrêté ? Pourquoi n'avait t-il rien fait ? Dans quel but ? Pour me blesser ? C'était absurde, insensé, stupide !
Mes phalanges devenues blanches et douloureuses, s'agrippent fermement au volant. Je souffle rudement, la mâchoire crispée. Je prends un virage sans même ralentir la vitesse, au contraire, mon pied s'écrase contre la pédale d'accélération. Le moteur de la voiture vrombi dans un bruit épouvantable.
Il ne se rend pas compte de ce qu'il avait fait. Pas du tout. Pauvre con.
Je grince des dents, déjà arrivé devant ma maison. Comme si j'avais envie d'y être. Je sors avant de claquer violemment la portière.
La maison était silencieuse, il n'y avait personne. Enfin, ça je le pensais. Louise descend les escaliers, le sourire aux lèvres. Tout ce que je ne voulais pas. Elle.
— Hey !
La jeune fille vient se blottir dans mes bras, puis m'embrasse sur la joue.
— Ça va ?
Je ne réponds ni à son étreinte, ni à sa question et me dirigea vers la cuisine, pour aller chercher de la nourriture.
Ma cousine me suit, interloquée.
— Jordan ? Je t'ai parlé.
Tais-toi...
— Réponds-moi, s'il te plaît.
Putain, veux-tu vraiment que ça se passe mal ?
— Jo...
— Quoi ? me retourné-je vivement, en la foudroyant du regard.
— Je...
— Laisse moi !
Elle recule.
Ce n'était pas ce que j'avais voulu... Non...
— Qu'est-ce qu'il y a ? me redemande t-elle, avec plus de méfiance.
Je secoue la tête, agacé.
— Rien !
— Non, dis-moi ce qu'il ne va pas.
— Il n'y a rien qui...
Alors, sans que je ne puisse me retenir, j'éclate en sanglot. Louise écarquille les yeux, stupéfaite. Aussitôt, elle se précipite vers moi.
— Jordan !
Ses bras tremblants m'encerclent. Elle ne se savait quoi faire. Son visage paniqué me scrute, impuissant, désemparé.
Les larmes coulent sur mes joues. J'avais mal, tellement mal. Je ne savais pas pourquoi je pleurais. C'est stupide de pleurer. J'étais si faible, et merde qu'est-ce que je détestais ça. J'étais minable.
Louise caresse mes cheveux. Je m'en voulais de lui avoir gueulé dessus. Elle n'avait rien fait...
Je ne voulais pas qu'elle ait pitié de moi. Non. Je ne voulais pas qu'elle ai cette image de moi, si négative, rabaissante.
Louise avait les yeux rivés vers l'extérieur. Elle était préoccupée. Je le savais. La jeune fille n'observait pas le paysage. Elle voulait me le faire croire. Afin de ne pas me blesser.
— Louise ?
Ma cousine sursaute, avant de me faire face. Un faible sourire se dessine sur sa bouche.
— Tu vas mieux ? En tout cas j'ai fait des pâtes, enchaîne t-elle maladroitement.
— Je n'ai pas faim.
— Tu veux peut être regarder un film ou, que l'on fasse une partie de console ou je...
— Louise, l'arrêté-je, assieds-toi.
— Non, il faut que...
— Viens.
La jeune fille soupire avant de me rejoindre. Elle était angoissée.
Je saisi son menton, avant d'ancrer mes yeux dans les siens.
— Je vais bien, crois-moi.
Elle secoue la tête avant de baisser son visage.
— Lou, regarde-moi. Je vais mieux. Merci d'être là pour moi. Vraiment. J'aimerai bien une bonne pizza, finalement.
Immédiatement, un sourire radieux se forme sur ses lèvres.
— Je commande chez Lombardi's, dis oui !
— Tu connais déjà la réponse, lui fais-je un clin d'œil.
La jeune fille saute dans tous les sens, avant de pousser un cri de joie. Je ne peux m'empêcher de rigoler.
Ah Louise, que le temps est bon avec toi.
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Nobody Except You
RomanceVoilà plus de 3 ans que je joue ce rôle, sortir avec des filles est devenu une habitude. Sans aucune partie de plaisir, c'est si monotone pour moi que je n'en fait plus attention. Dans notre société la différence fait peur, l'homosexualité en faisa...
