Chapitre 30- Une regrettable erreur

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Nate

   Je tourne en rond. Mon cerveau carbure. Je me précipite vers mon portable et compose un numéro.

  Mon pouls bas contre ma cage thoracique. J'attends qu'il décroche.

  Une voix répond.

— Cameron ? osé-je machinalement.
— Écoute Nate, je suis désolé, j'ai merdé et...
— Cam, le coupai-je, j'ai quelque chose à te dire.

  Le garçon soupire faiblement. J'enchaîne.

— Je sais que tu ne pensais pas vraiment ce que tu m'as dit la dernière fois, et j'ai pas mal réfléchi... Ça ne sert à rien qu'on continue comme ça, franchement, on laisse tomber.
— Comment ça, on laisse tomber?  il me demande d'une voix paniquée.
— On arrête tout et on recommence.

  Un sourire se dessine sur mes lèvres en voyant qu'il ne répond pas.

— Ça te dit de passer à la maison ? enchainé-je malicieusement, des pizzas qui nous attendent.
— T'es sérieux ?
— Après fais ce que tu veux mais quand je commences à croquer dans une part rien ne m'arrête, dis-je en rigolant légèrement, montrant que ces paroles étaient sincères tout comme mon envie de renouer avec lui.
— Ça ne se refuse pas, j'arrive dans ce cas, il répond d'une voix légère, comme soulagée.

***

Lexie

  J'écris, j'écris sans m'arrêter. Mes mains, agrippées autour de mon stylo, tremblent. Je saisi une seconde feuille blanche, elle ne tarde pas à être recouverte d'une lignée de phrases. Mon visage se lève vers la fenêtre, entrouverte, des bourrasques de vent soufflent violemment.

— Tu fais quoi ?

  Ma porte s'ouvre à la volée. Mon frère.

— Rien, rien du tout, je dis précipitamment en cachant le papier.

  Eliott s'assoit à mes côtés. Il me fixe en fronçant des sourcils.

— Lexie, on ne me la fait pas.
— Je crois que j'ai fait une connerie...
— Comment ça ?
— J'ai vu quelque chose de très surprenant au lycée, aujourd'hui, et...
— Oui ? il insiste.
— J'ai paniqué et j'ai dû en parler à quelqu'un, sauf que cette personne n'est pas... elle n'est pas..
— Pas quoi, Lexie ?

Mon frère me fixe, attendant ma réponse.

— J'en ai parlé à Charlène...
— Pardon ? Attends, pourquoi à elle ?
— J'en sais rien, c'est venu tout seul, et puis, maintenant qu'elle le sait, merde... Ça va se divulguer dans tout le lycée.
— De quoi ? Qu'est-ce qui va...

  Mon téléphone sonne, et arrête Eliott. Je jète un coup d'œil à mon cellulaire. Le numéro qui s'affiche me fait déglutir.

  Aussitôt, je me lève, et pousse le blond vers la porte.

— Tu fais quoi ? il demande abasourdi.
— Sors s'il te plaît, c'est très urgent !
— Mais Lex tu ne me...
— Oui, je te vire de ma chambre, sois pas étonné c'est pas la première fois que ça t'arrives non ? je dis en osant un sourire forcé.
— Tu devais me dire..
— Mais là non ! Aller s'il te plaît frérot.

  L'adolescent sort en soupirant.

  Immédiatement, je ferme la porte, et saisi mon portable n'arrêtant pas de vibrer.

— T'en as mis du temps à répondre, encore à réviser ? me sermonne la voix de Charlène.
— Non, on discutait avec mon frère à vrai dire.
— Bref, j'ai pas tout mon temps. Tu vas faire quelque chose pour moi n'est-ce pas, ma petite Lexie ?
— Mais je..
— Ce n'était pas une question, idiote, m'arrête t-elle sèchement.
— En quoi je pourrais t'aider ? je déglutis.
— Oh ça tu le sais très bien, chérie.

  Son rire aiguë résonne à travers mon téléphone.

— Sur... sur quel sujet ?
— Ne fais pas l'innocente, toi et moi on est liée maintenant.
— Écoute, c'était...
— C'est très simple, me coupe Charlène. On en discutera plus tard, plus discrètement, tu m'as comprise ?
— Je ne vois pas trop où tu veux en venir, mais... si tu veux.
— Bien sûr que tu vois ! souffle t-elle exaspérée. Cet appel concerne la petite révélation que tu m'as faite hier soir. Mais comme tu n'as toujours pas l'air de saisir, je t'expliquerai ça quand nous nous verrons. Bon je vais te laisser, j'imagine que t'as prévu de réviser pour le trimestre prochain, ricane la blonde d'un ton mauvais. Et zut j'oubliais ! Évite de te perdre dans tes bouquins, tu me seras très utile. Nous serons amenées à nous revoir très souvent,  enfin ça pour l'instant, après qui sait ce qu'il se passera, rajoute t-elle, d'une voix me faisant froid dans le dos.

  De suite, elle raccroche et je reste estomaquée devant mon portable.

Dans quelle merde je m'étais fourrée... Mais surtout, eux... dans quel pétrin je les avais foutu. Jordan et Cameron. Ils n'allaient jamais pouvoir échapper à ce qui les attendait. Jamais.

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