Chapitre 37- Rencontre embarrassante

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Jordan

Depuis cinq minutes je n'arrêtais pas d'essayer de joindre Cameron. Il ne répondait pas. Je tombais toujours sur sa satanée de messagerie. Mais qu'est-ce qu'il foutait bordel ? On s'était donné rendez-vous depuis une bonne heure et il n'était pas foutu de se pointer.

Calme-toi il est sans doute occupé.

Occupé à quoi merde ? Répondre ce n'était pas compliqué. Donner juste de ses nouvelles ça ne tuait pas.

Oui je vous l'avoue, son absence commençait à m'inquiéter. Tout ça ne ressemblait pas à Cameron. Lui d'ordinaire si présent et si attentionné.

Nate

M'être confié à Cameron au sujet de Monica m'avait apaisé. Je me sentais mieux. Cette boule dans ma gorge était toujours là mais moins douloureuse, moins oppressante.

Le soir de notre discussion, Cameron m'avait conseillé de parler à ma mère concernant Monica. Je ne m'en étais pas sentais capable. Elle qui connaissait le réel visage de la brune, je n'avais pas envie de lui remémorer l'incident s'étaient déroulé plusieurs années auparavant. Ma mère pensait que Monica n'étudiait plus dans le même établissement depuis que nous avions déménagé ma famille et moi. J'avais inventé une excuse, c'est vrai, disant que Monica avait quitté elle aussi la région. Heureusement, ma mère n'avait jamais dû l'occasion de recroiser la jeune fille. Mon mensonge était donc valable. Néanmoins il ne me couvrira pas éternellement.

Je me redresse lentement du canapé et ouvre la porte à Daisy, les pattes pleines de boues et la langue pendante. Elle était allée courir dans le jardin et était toute crottée.

— Enfin où est-ce que tu es allée te fourrer comme ça ! rigolé-je en l'amenant vers le garage où se trouvait le tuyau d'arrosage.

Daisy jappe avec enthousiasme et je secoue la tête, amusé. La chienne sautille alors que je nettoie son pelage sali par la gadoue.

— Veux-tu rester tranquille ma grande. Je sais que tu adores l'eau mais là c'est important, toute la terre va rester collée à ton poil sinon. Et crois-moi ce n'est pas maman qui va être contente.

Le Bouvier-bernois s'arrête brusquement. Ses oreilles s'étaient tendues. Elle me fixait de ses yeux noisettes. Elle avait compris.

Sa réaction m'avait fait rire. Daisy ressemblait à une petite fille à qui l'on disait de ne pas faire de bêtise sous risque de prévenir ses parents.

Soudain j'entends la porte d'entrée se déverrouiller. Ma mère qui était arrivée du travail, chantonnait gaiement.

Je jete un coup d'œil vers Daisy qui, à la vue de ma mère et de mes avertissements à son égard, part se réfugier au fond du jardin. Quelle petite friponne.

Cameron

Un jour s'était écoulé. Je ne m'étais pas déplacé pour rejoindre Jordan hier soir. À vrai dire, c'était compliqué en ce moment. Les révélations de Nate ne cessaient de tourner en boucle dans ma tête.
Certes, rien ne pouvait excuser ce lapin que j'avais posé à Jordan. Je n'avais simplement pas eu l'envie que nous nous voyons. Je voulais faire le vide histoire de quelques temps.

Nous étions samedi matin. Avec ma mère nous nous baladions dans le centre ville, flânions dans les boutiques, chose dont ma génitrice raffolait.

- Mais j'y pense chéri, tes 18 ans approchent, il faudrait t'organiser une fête d'anniversaire !
- C'est vrai que n'avais pas pensé à ça.
- Dans ce cas, c'est le moment idéal pour t'acheter ta tenue, poursuit ma mère en désignant les galeries marchandes.

Devant son sourire en coin, je ne peux refuser sa proposition. Et puis ma mère a toujours eu un certain goût pour la mode, elle sera une bonne conseillère.

- Allons donc dans ce magasin, me propose t-elle.

Les minutes défilent et je m'avance vers les cabines pour essayer plusieurs chemises.

C'est alors que j'entends une voix familière non loin dans la boutique. Non. Ça ne peut pas être lui...Je me tends et reste immobile dans la cabine. Ce n'était pas une hallucination. Je mettais ma main à couper qu'il s'agissait de Jordan. Mais que faisait t-il ici ?

- Alors mon chéri, tu trouves ton bonheur ? me demande ma mère derrière le rideau.
-  Non, ça ne va pas, murmurai-je, le visage blême.
- Tu veux me montrer ?
- Ça ira, on va plutôt aller ailleurs.
- Très bien, dans ce cas j'attends.

Rapidement, j'enfile mon sweat et rejoins ma mère avec empressement. Au moment où je me crois tiré d'affaire, la vision d'une silhouette me fait déglutir. Jordan arpentait les rayons. C'est alors que son regard se pose sur moi.

Merde.

Bien que je souhaitais le contraire, sa réaction est inévitable.

- Cameron ? prononce t-il avec surprise.

Je t'en prie tais-toi.

Je prends une inspiration, voyant que ma mère patientait toujours à mes côtés.

Le brun ne semblait pas réaliser qu'il se trouvait en présence de ma génitrice, puisqu'il restait immobile, dans l'attente d'une réponse.

- Je me suis fait du soucis pour toi, tu sais, il poursuit. Tu ne me donnais plus de nouvelles.
- Je n'avais plus de batterie et pas vraiment le temps je t'avoue.
- Pas le temps ? répète le jeune homme, d'un ton qui sonnait comme un reproche.
- Cameron, tu ne fais pas les présentations ? dit alors ma mère.

Mon souffle s'accélère.

- Oh c'est... balbultié-je. Ma mère.

Le visage du concerné devient immédiatement livide.

- À qui ai-je l'honneur ? lui sourit ma mère.
- Je suis son...
- Juste un camarade de classe, le coupé-je.

Le visage de Jordan semble se décomposer, il comprime sa mâchoire. Je sais qu'il ne me contredira pas. Nous nous étions mis d'accord pour tenir notre relation secrète. Néanmoins, le fait que j'avais menti sur le statut qui nous liait ne lui avait pas plut.

- Exactement, je suis Jordan, ajoute le brun en prenant sur lui.
- Enchanté.
- Bon c'est pas tout mais nous avons pas mal de choses de prévues maman, tu te souviens ? enchaîné-je, hâtif de mettre fin à ce moment plus qu'embarrassant.
- Ah oui ? D'accord très bien, acquiesce ma mère, étonnée devant mes paroles pressantes. Bonne journée Jordan!
- À vous aussi, lui répond le jeune homme avant de me fixer d'un regard contrarié.

Je presse le pas à ma mère pour que nous quittions le magasin. Mon front est moite.

- Tu ne sembles pas vraiment l'apprécier, ce garçon, relève t-elle.
- Il est particulier, lui répondis-je, détaché.

Pour éviter toute question de ma mère, je change de sujet quand soudain mon téléphone vibre, ne laissant pas place au doute. Il s'agissait d'un message de Jordan.

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⏰ Dernière mise à jour : Oct 10, 2025 ⏰

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