Au revoir

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Le temps semblait toujours aussi lent. J'avais beau regarder l'heure, c'est comme si j'avais changé de dimension temporelle, et que le temps ne s'écoulait plus comme avant.
Nous étions toujours dans ce grand magasin aux escalators et nous parcourions les étages, à la recherche d'on ne sait quoi, peut-être combler ce vide et ce froid entre nous, si glaçant, si perçant, que mon âme et mon corps s'en rappelle encore.
D'étages en étages, passant de 0 à 2, en descendant jusqu'à -1, pour remonter deux étages, emprunter les escaliers, puis reprendre l'ascenseur..
Devoir être proches, sentir sa respiration proche de moi, ses instincts de prédateurs, cette emprise qu'il eut sur moi... c'était trop.
16h40, il était temps que je m'échappe de ce moment sordide.
D'un ton sec, je lui dis l'heure qu'il est en lui faisant comprendre qu'on devrait sortir du magasin pour rejoindre la place des bus.
10 minutes après, 16h50, nous étions à la place, pour attendre nos bus. Il m'annonça qu'il ne pouvait m'embrasser devant la foule, car dans ses origines et sa réputation il devait rester un homme fort et sans coeur. J'acquiesça, sans rien dire.
J'étais seulement soulagée.
Aux alentours de 17h, mon bus arriva. Il monta dans le sien, et me fit « au revoir » de la main.
Je fis de même.
Au revoir.

Lettre à mon traumatisme.Des histoires addictives. Découvrez maintenant