C E L E S
Je pris une grande inspiration avant de me courber et d'empoigner la manche de l'épée qui gisait au sol. Assurément, il s'agissait d'une nouvelle blague de sa part... Cependant, depuis mon arrivée, elle continuait à me surprendre. Je la regardai, immobile, tentant d'enterrer mes craintes et ma forte respiration. Elle me fixait avec autant d'ardeur, déjà en position d'attaque.
Ce n'étaient pas des épées en cartons. Leur lame reflétait le brasier qui crépitait à quelques mètres de nous malgré certaines taches de terre.
— T'es prête ?
— Non ! T'es folle ! invectivai-je. Je suis désolée, mais...
— Sérieusement ? J'pensais pas qu't'étais c'type d'femme.
La déception se mélangeait à la provocation dans sa voix claire. Ses paroles étaient aussi élancées que son corps, recouvert de vêtements souples et ténébreux. Elle ressemblait à un vampire confortable, surtout avec ses gigantesques manches. Toutefois, je ne voulais pas la blesser. Je savais manier l'épée — c'était obligatoire, pour devenir guerrier angélique. Je ne pouvais pas me permettre d'engager le combat qu'elle me proposait.
— Allez, t'es soldate ou non ? Elles sont où, tes couilles ?
Comment dire... ?
— Je... Je ne pense pas en avoir, malheureusement. Je veux dire, heureusement...
La lame de mon épée gratta la terre et y dessina des hiéroglyphes. Celle d'Agnes pointait mon front, je n'en voyais plus que le bout.
— Parce que t'en as, toi, peut-être ? tentai-je de blaguer.
— Ah, si tu savais.
Quel message désirait-elle me faire passer ? Cette femme exhumait un mystère, bien plus qu'elle n'en avait besoin pour m'intéresser. Je ne pouvais pas mettre le doigt dessus, mais elle détenait quelque chose qui attirait ma curiosité, un je-ne-sais-quoi qui m'acculait entre deux murs comme peu avant elle. Seul lui — la seule personne que j'avais jamais aimé — exhumait cette aura sauvagement douce.
Me prenant par surprise dans ma réflexion, elle bondit vers moi et balança sa lame sur le côté. Je brandis la mienne par réflexe. Les deux armes s'entrechoquèrent dans un claquement, suivi d'un crissement lorsque je me libérai de tout danger.
— Pourtant, on m'a dit qu'hier, t'avais pas peur de faire mal...
— Je n'ai commandité aucune attaque, assurai-je. C'était Valck, qui gérait la mission.
— Alors v'z'avez tous obéis comme des jolis toutous en train d'remuer la queue sans raison ? C'pauvre.
Elle balança de nouveau son épée vers moi, mais je bondis en arrière, de justesse.
— Je ne veux pas te faire du mal, insistai-je en haussant la voix. Je t'ai dit la vérité, pourquoi tu veux absolument qu'on se batte ?
— Car j'en ai envie, grinça-t-elle après un nouveau coup. Les paroles, c'beau, mais les actes, c'mieux.
— Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Que je fasse ?
— Que t'm'attaques comme t'as attaqué mes amis hier. J'déteste ça, les gens qu'font les innocents, mais dès qu'on a le dos tourné, ils ont aucune gêne à faire régner le mal autour d'eux sous prétexte qu'ils obéissent comme des fiottes ! C'le fléau d'ce monde. Qu'ce soit les flics ou les gens comme toi, y'en a pas un pour r'ttraper l'autre. Alors j'te donne un ordre : attaque-moi !
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TRANSES 2: Conjuration
ParanormalLe résumé ci-dessous contient des spoils du tome 1 ! Lisez à vos risques et périls ! _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ L'équilibre de l'univers menace de se briser lorsque Hel, la déesse des morts, est relâchée dans la nature. Conscients de leurs erre...
