M A L E K
Pour résumer ma nuit de sommeil : j'avais fermé les yeux et mon réveil avait sonné.
Je claquai mon téléphone et tripotai son écran pour le taire, la tête enfoncée dans mon oreiller mouillé. Berk. J'avais bavé dessus.
Je n'avais pas dormi. Impossible. Pourtant, quelques heures s'étaient écoulées depuis que j'étais rentré. Mon crâne se balançait dans tous les sens et un picotement bouffait mes yeux déjà bousillés. La sécheresse craquelait ma gorge. J'empoignai la bouteille d'eau de mon lit et l'engloutis, quitte à ce que ma vessie explose.
Je me dégageai de la couverture et allumai la lampe torche de mon appareil pour le poser près de moi. Bordel, se lever à sept heures, ce n'était pas une vie ! Pourquoi m'étais-je inscrit à la fac, même ?
Bon... Sécher ou ne pas sécher ?
D'un côté, pas sécher. J'en avais besoin pour avoir un avenir.
De l'autre, sécher. La fin du monde approchait, alors je n'avais pas besoin d'avenir.
Argh !
Mes paupières alourdies se fermaient toutes seules. C'était un appel à allonger ma nuit, de la part de mes muscles, pas de mon cerveau. Je n'avais pas le choix, un corps comme ça s'entretenait comme il le fallait !
J'ignorais combien de minutes je laissai s'écouler, assis sur mon lit, mais un fluide luminescent tournait sur lui-même. Il attira mon esprit divaguant comme une poussière dans un aspirateur. Les couleurs étaient jolies, la forme aussi, quoique floue. Les fils de lumières se mêlèrent les uns aux autres afin de créer l'illusion d'un corps qui flottait dans ma chambre obscure.
Bordel de merde. L'alcool ne me réussissait pas. Heureusement que je n'avais pas vomi — je crois. Dans quoi m'étais-je fourré, déjà ?
Ah, ouais... Eneko. Littéralement.
Des bribes de la scène resurgirent. Mince. J'avais réellement demandé des capotes à des inconnus... et le pire, c'était qu'on m'en avait donné. Avait-il trouvé le sommeil, de son côté ? Mon téléphone me brûla les rétines, mais je lui envoyai un message. Par dessus, l'aura lumineuse s'éclaircit, plus proche d'un corps gracieux que jamais. Elle arborait même un visage uniquement composé de traits fins, bleutés et brillants, comme un dessin animé en néon. Le nez grec, les lèvres pulpeuses, les yeux amande, les joues...
— Sonja ? Oh putain, soupirai-je.
Plus jamais, l'alcool. Voilà que je voyais des morts ! Et puis quoi, encore ? C'était la même forme qui m'avait surpris après l'attaque du Helhest, quand Eneko était blessé. Un spectre d'ange classique, mais sans la flamme...
Je devais la rejoindre. Mon âme s'échappa de mon corps avec une aise déconcertante et celle devant moi devint plus nette. Bordel... Pas de doutes, même en cas d'effets secondaires des gueules de bois angéliques, c'était elle.
— Tu deviens quoi ? blaguai-je.
— C'est saoulant, la mort, l'imaginai-je me répondre. On s'fait chier.
Encore une raison suffisante pour aller en cours... non ? Je m'étais promis de rester assidu malgré ces aléas angéliques, mais, qui dans ce monde atteignait réellement ses objectifs ? Mon esprit aimait les rébellions. Je n'obéissais à personne, ni même à moi. D'ailleurs, si je m'obéissais, je n'aurais jamais accepté les lèvres d'Eneko.
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TRANSES 2: Conjuration
ParanormalLe résumé ci-dessous contient des spoils du tome 1 ! Lisez à vos risques et périls ! _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ L'équilibre de l'univers menace de se briser lorsque Hel, la déesse des morts, est relâchée dans la nature. Conscients de leurs erre...
