E N E K O
J'ignorais ce que ces portes d'ivoire me réservaient. Malgré les heures incessantes passées à l'Angélique, ce dernier me cachait encore bien des secrets. Dire qu'il y en avait d'autres, identiques à celui-ci, à Arkan... Qui aurait pu contribuer à leur construction hormis le gouvernement ?
— Es-tu sûr de toi ?
De haut, Celes ne m'offrait pas de regard dédaigneux, mais protecteur. Ele n'arborait pas de sourire mielleux pour estomper la force de sa mâchoire et les lignes de son visage durcies par les combats — juste une inquiétude. L'incandescence des ampoules scintillait dans la prunelle de ses yeux.
Je pouvais toujours changer d'avis. Rencontrer ces archanges ne me condamnerait pas et ne m'obligerait pas à devenir le réceptacle d'Ilça... du moins, je l'espérais. Certes, je voulais me rendre utile, que des innocents profitent de mon grade exceptionnel de séraphin et de ma flamme deux fois plus ardente que les autres. Plus que jamais, je détenais la capacité d'aider — ce que j'avais toujours voulu. J'entendais Arkan hurler à la mort. Ma confiance en Celes me poussa à ouvrir les portes qui bloquaient mon chemin sans préalable. Si jamais je laissais passer cela... je n'aurais aucune excuse. Mon âme serait ternie à jamais.
Derrière le seuil, un escalier se déroulait, plus enfoncé encore dans l'Angélique. Nous descendions à quatre étages de profondeur.
— Ne fais pas trop de bruit, me conseilla-t-elle.
D'après ses dires, les deux archanges qui domptaient l'énergie d'Ilça passaient leur vie ici. Ils méditaient dans le silence, contrairement à Isabelle. Il s'agissait là de deux fonctionnements différents à l'objectif identique : empêcher ces divinités de briser les chaînes et de semer le chaos. Ilça pouvait-il représenter un danger malgré le bien qui émanait de son «être» ? Peut-être... mais j'avais affronté Hel. Cela ne me faisait pas peur.
Mes pas se turent sur l'escalier immaculé. Le passage s'était refermé sans bruit, nous isolant du reste du complexe. Une fois la dernière marche atteinte, je posai un pied furtif au sol. Ils étaient là, devant moi : un homme et une femme, assis en tailleur sur des tapis lisses de part et d'autre d'une pièce cubique. Ils paraissaient reposés, en paix, plongés dans une léthargie profonde. Le mutisme solennel de cette atmosphère m'enveloppa d'une façon inédite. Une nouvelle dimension m'ouvrait les bras. Le mur à leur dos différait des autres. Il diffusait... l'espace, l'univers. Les étoiles brillaient une à une, perdues dans un plateau sombre. Pourtant, il réfléchissait les rayons des lampes accrochées au plafond, lui donnant l'apparence de vitre, voire de miroir. J'avais l'impression de m'être retrouvé dans un vaisseau spatial pour moines. C'est ça, le futur ?
— Bonjour.
Mon cœur manqua un battement.
Bordel ! Me faites plus jamais ça !
Le vieil homme, réveillé, nous fixait d'yeux au cyan perçant et radioactif. Ses cheveux crépus tombaient sur ses épaules. Cela m'étonnait qu'il en ait autant, vu son âge apparent. À sa droite, la femme brisa également sa dissociation et vint à nous, prête à nous juger.
— J'espère que vous avez une bonne raison de nous déranger.
Celes s'avança, me laissant en retrait. Sa flamme s'agitait dans sa poitrine, et même si cela n'avait rien d'anormal, mes sens s'éveillèrent. Ces deux étranges personnes qui vivaient à même le sol n'en avaient pas. Leurs esprits voyageaient-ils autre part, ou bien... ?
Sans plus tarder, la guerrière prit la parole d'un ton convainquant, comme si elle parlait à son escouade :
— Je suppose que vous êtes au courant de ce qu'il se passe avec Hel.
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TRANSES 2: Conjuration
ParanormalLe résumé ci-dessous contient des spoils du tome 1 ! Lisez à vos risques et périls ! _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ L'équilibre de l'univers menace de se briser lorsque Hel, la déesse des morts, est relâchée dans la nature. Conscients de leurs erre...
