J'ouvre les yeux aux sons qui s'échappent de la cuisine. Maman... Elle deviendrait insomniaque pour que tout soit parfait. Je ne vais pas la blâmer. Je lui ressemble plus que je ne le pense.
Les rayons du soleil qui se dessinent sur mes rideaux m'assurent que je suis censée me lever si je ne veux pas recevoir un verre d'eau sur le visage de la part de ma tendre mère. Je sors donc de mon lit, descends les escaliers doucement, au point que mon entrée, dans la cuisine, fait sursauter maman, absorbée dans son travail. Elle m'embrasse rapidement le front, les doigts plein de farine et se remet aussitôt au travail. Je rigole et voit que Mathilde réorganise la pièce pour créer une sorte de piste de danse. Je lui file un coup de main et nous installons des ballons un peu partout.
Il est midi moins vingt quand papa prend la route de l'hôpital pour récupérer mon petit frère. J'échange un regard satisfait avec ma grande sœur et nous montons nous changer. Je jette un œil à mon téléphone. Toujours aucun signe de vie de Nathan. Mathilde entre dans ma chambre et, sans aucune gêne, ouvre les portes de mon armoire, farfouille dedans avant de sortir la robe qu'elle m'a achetée. Elle est impeccable. Je jette un regard à ma sœur et lui propose :
- Tu peux la mettre si tu veux. Je ne t'en voudrais pas.
Elle me regarde, étouffe un rire, me regarde malicieusement et m'ordonne :
- Ce n'est pas moi qui vais la porter. C'est toi. C'est non négociable. Avec ça, il est obligé de fondre.
Je sais de qui elle parle. Je lui rétorque que ça ne risque pas en lui tendant mon portable avec le message que je lui ai envoyé. Elle grommelle :
- Tu n'es pas possible toi. Ose me dire, dans les yeux, que tu ne ressens rien pour lui.
Je ne réponds pas et baisse les yeux. Elle en profite :
- C'est bien ce que je croyais. Arrête de te fermer comme ça. Tu n'as pas d'excuses. Pas cette fois jeune fille.
Elle quitte la pièce en me jetant la robe au visage dans un rire. Ses mots raisonnent dans ma tête. Ma mère nous crie de nous dépêcher. Je regarde la robe, la range et enfile un chemisier corail avec mon jean noir préféré. Je ne céderai pas au caprices de ma sœur. Il ne viendra sûrement pas. Alors à quoi bon ?
Je redescends et Mathilde me regarde avec désapprobation. Je l'ignore et termine d'aider ma mère. Les invités arrivent, nous nous cachons tous à l'arrivée de Guillaume. La porte s'ouvre et nous crions tous :
- SURPRISE !
Grand silence dans l'assistance. Qu'est-ce que...? Non mais je rêve! C'est ma mère qui vient d'entrer.
- Bande d'idiots, c'est moi je suis allée mettre ça dehors, s'esclaffe ma mère avant de crier que mon frère arrive. Alors nous reprenons nos places non sans quelques rires.
La deuxième était la bonne. Les yeux soucoupes d'un Guillaume heureux qui me saute au cou, me font monter les larmes aux yeux. Il m'a manqué. Sans lui, cette maison n'est plus rien. Je chuchote à l'oreille de mon frère :
- Sans Mathilde, la fête ne serait pas aussi réussie.
Il se détache de moi, regarde timidement sa grande sœur, qui lui tend les bras. Il la sert dans ses bras. Je me joins à eux. Et comme par hasard, c'est ce moment que choisi Claire pour nous rappeler sa présence. Mon père s'en charge pendant que ma mère immortalise l'instant. Mon petit ange découvre soudain le buffet. Il ne lui en faut pas plus pour se jeter dessus. Ma mère court chercher de quoi nettoyer en panique quand mon petit frère, maladroitement, laisse tomber son verre de jus d'orange.
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Mon meilleur ami, mon frère, ma demie soeur
Genç KurguGladysse, stéréotype cliché de l'élève parfaite. Nathan, stéréotype cliché du beau gosse populaire. Jordan, le cancre pervers qui se croit irrésistible. Nathan et Gladysse sont meilleurs amis depuis toujours. Gladysse maintient leur amitié secrète...