Kilari resta toute la nuit et une partie de la journée du lendemain à l'hôpital. Le médecin avait insisté pour lui faire passer toute une série de tests pour vérifier sa santé. En remarquant la fatigue accumulée par sa patiente et sa malnutrition, il lui recommanda de prendre quelques jours de congé. En fait, il ne lui laissait pas vraiment le choix. Il lui donna un papier à donner à sa chef. Elle avait été contrainte à accepter, sans quoi elle aurait passer la semaine suivante dans ce même établissement.
On lui demanda s'il fallait lui appeler quelqu'un pour la ramener, mais elle assura que ce n'était pas la peine. Qu'elle appellerait un taxi. Cependant, certains l'avaient reconnue et avaient lu les articles qui avaient paru ce matin sur la relation entre la blonde et Hiroto. On lui demanda si elle souhaitait qu'il vienne la chercher, mais elle refusa, prétextant qu'il avait du travail et qu'elle ne devait pas déranger sa carrière.
Les deux femmes de l'accueil finirent par la laisser tranquille et elle put repartir. Elle n'avait pas prévu de se retrouver dans l'hôpital le plus éloigné de chez elle et de son agence, mais tant pis. Elle appela un taxi et alla directement à l'agence.
En arrivant, elle se rendit dans le directement dans le bureau de sa supérieur. Elle frappa et attendit de recevoir une réponse pour entrer. Lorsqu'elle poussa la porte, Kilari remarqua que sa patronne était encore au téléphone. Ce qui était assez logique, en y réfléchissant. Elle indiqua un siège à la jeune femme qui y prit place, attendant la fin du coup de fil de la directrice d'agence. Quand elle reposa enfin le téléphone, elle prit la parole.
- Bonjour, Kilari. J'ai appris que tu avais fait un malaise hier et que tu avais passé la nuit à l'hôpital. Tu devrais prendre ta journée.
- Bonjour, justement. Je suis là pour ça. Le médecin a insisté pour que je prenne du repos, soit j'acceptais, et voici la lettre qui l'atteste, de m'arrêter une semaine, soit il me gardait à l'hôpital.
Madame Higashiyama prit la feuille et la lue. Elle acquiesça et reprit la parole.
- D'accord. Quelque part, je suis rassurée que tu prennes une semaine. Depuis que tu as commencé à travailler ici, tu n'as pris que très peu de vacances. À peine une semaine par an, de mémoire. Donc ne t'inquiète pas. Je m'occuperai de Fubuki. Peux-tu me transférer ses rendez-vous par mail, s'il te plaît ?
- Bien sûr.
Une illumination la prit lorsqu'elle allait passer la porte après avoir salué sa supérieur.
- Mais... Madame, comment vais-je faire pour le tournage du film ?
- Ne t'inquiète pas pour ça. Je vais m'arranger avec le producteur. Il doit bien y avoir des scènes durant lesquelles tu n'es pas présente. Je demanderai à ce qu'il tourne en priorité ces scènes-là jusqu'à ce que tu reviennes. Sinon, je demanderai à reporter le tournage. J'ai des relations, je te rappelle.
- C'est vrai. Merci. Je vais y aller. Bonne journée.
- Bonne journée à toi.
Quand elle y repensait, elle ne comprenait toujours pas comment sa patronne pouvait avoir changé autant. Elle avait beau retourner la situation dans tous les sens, elle ne comprenait définitivement pas.
Elle sortit du bureau de sa supérieur et se dirigea vers la sortie en prenant soin de passer récupérer quelques dossiers dans son bureau avant de partir. Elle consulta rapidement son téléphone avant de sortir pour vérifier l'heure et si elle avait des notifications. Elle vit un message de Fubuki qui avait apparemment déjà été mise au courant des congés de sa manager, qui lui disait de se reposer et que si elle souhaitait que les deux jeunes femmes se retrouvent au tour d'un café pour parler d'autre chose que du travail, elle accepterait avec grand plaisir. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Kilari qui répondit qu'elle en serait ravie, qu'il fallait simplement qu'elles trouvent une date.
En rangeant son portable dans sa poche, la blonde récupéra les fameux dossiers et ferma son bureau. Quand elle atteignit la porte extérieur, elle fut surprise de reconnaître Hiroto, malgré son déguisement, assis sur un muret qui bordait l'agence. Quand il la remarqua, il se redressa et s'approcha.
- Salut. Je venais voir comment ma "copine" allait, mima-t-il de ses doigts les guillemets.
Kilari leva les yeux au ciel, l'interrogeant du regard pour savoir si ce qu'il venait de lui dire était la vraie raison. Elle refusait de se l'admettre, mais son cœur aurait été ravi si le jeune homme s'était déplacé par réelle inquiétude pour elle. Mais malheureusement, ou heureusement, le brun était dans le même état d'esprit qu'elle. Il lui répondit simplement d'un coup de tête vers sa voiture, proposant de la ramener en même temps pour qu'ils en parlent à l'abri des regards. La jeune femme, comprenant qu'elle n'aurait pas le choix, accepta d'un hochement de tête, non sans un soupir.
Elle passa du côté passager pendant que Hiroto s'installait sur le siège conducteur. Une fois installée, son sac à main sur les genoux, le jeune homme à ses côtés l'interrogea sur son adresse, ou au moins les indications de conduite. Kilari commença à désespérer. Elle avait tout fait pour préserver son adresse, son intimité, elle aurait voulu garder son appartement secret. Sa vie, secrète, même. Elle lui indiqua tout de même le chemin. Une fois arrivés, elle se tourna vers son ancien collègue.
- Je suppose que tu montes ?
- Tu supposes bien. À moins que tu ne souhaites rester dans la voiture, mais il me semble que tu n'adores pas vraiment ça.
- En effet.
Ils sortirent et gagnèrent l'entrée de l'immeuble. Cette fois, elle ne fit pas échapper les escaliers à Hiroto. Quand elle jeta un oeil en arrière, elle vit qu'il était perturbé par le fait qu'ils allaient devoir monter tous les escaliers alors qu'il y avait un ascenseur, mais il ne fit pas de remarque.
Devant la porte, la blonde hésita. Elle allait tout de même faire entrer son ancien ami chez elle. Dans l'appartement dans lequel elle n'avait pas reçu autre personnes que sa famille ou Fubuki. Pas d'autres amis, pas d'autres connaissances. Elle passait la majorité de ses vacances chez son père dans la maison familiale à aider au café. Les habitués la reconnaissaient toujours et prenaient toujours le temps de discuter quelques instants avec elle pour savoir ce qu'elle devenait.
Elle finit par soupirer une nouvelle fois et entra la clé dans la serrure en se faisant remarquer que même Seiji n'avait pas pu voir au-delà de son entrée. Quand elle passa la porte, elle se déchaussa et posa sa veste sur le porte-manteau. Par politesse, elle prit également celui de son invité et elle lui demanda de la suivre dans le salon. La blonde lui demanda de s'asseoir, lui demandant s'il souhaitait boire quelque chose. Elle s'étonnait elle-même de la façon dont elle le traitait. Elle se mit soudainement à maudir son père de l'avoir si bien éduquée.
Elle versa du sirop de grenadine dans deux verres et ajouta de l'eau. Elle retourna au salon, déposant les deux verres sur la table basse avant de s'excuser et d'aller enfiler un jean. Elle ne se mettrait pas en tenue décontractée, mais elle ne tenait pas à rester habillée de la même tenue que la veille. Elle enfila un tee-shirt ample et un sweat par-dessus. Une fois fait, elle retourna au salon. Elle s'installa sur un pouf qui était installé de l'autre côté de la table du salon, par rapport au canapé et pris son verre froid entre ses mains.
Un long moment passa durant lequel chacunes des deux personnes présentes dans la pièce réfléchirent jusqu'à ce que Kilari se décidé à prendre la parole :
- Du coup ? Pourquoi tu es venu me voir ?
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[Kilari] Révolution
FanfictionKilari Tsukishima, 20 ans, a arrêté sa carrière artistique pendant ses études de manager pour quitter l'agence Muranishi et rejoindre l'agence adverse, l'agence Higashiyama. Mais qu'en est-il des Ships ? De son ancienne agence ? Ont-ils quelque chos...
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