Chapitre 12 : Les autres

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Une fois que j'ai su parler, Jeralt a voulu que je l'appelle père parce que j'étais sa fille et que les enfants n'appellent pas leurs parents par leurs prénoms. Je l'ai appelé père mais il m'arrivait d'oublier.

Quand je lui ai expliqué mes rêves il a voulu m'apprendre à me défendre. J'ai accepté et j'ai bien aimé. Je ne pourrais plus me faire tuer si je tuais avant, c'était évident. Mon père était fier de moi parce que je réussissais bien à refaire ses mouvements. Un jour en ville alors que j'étais chez une dame j'ai voulu m'entrainer sur un des enfants avec mon épée en bois. Mais il a pleuré après que je l'ai frappé. Jeralt m'a demandé de ne plus frapper les autres. Je ne comprenais pas vraiment quand il fallait ou pas se battre et j'ai continué à m'entraîner et parfois à frapper d'autres enfants. D'autant que lorsque je faisais pleurer un enfant, mon père ne me ramenait plus chez cette dame et donc si je n'aimais pas sa nourriture ou le lit ou quoique ce soit d'autres j'allais me battre. Rapidement il y a eu un autre avantage, Jeralt me déposait de moins en moins souvent chez ces dames qu'il appelait nourrices.

Lorsque je restais avec lui, il y avait alors d'autres gens qui se joignaient à nous. Des fois je les aimais bien et des fois non, avec certains je pouvais me battre et m'entraîner avec d'autres non. Mon père refusait que qui que ce soit d'autres que lui ne me porte et puis petit à petit il a aussi arrêté. J'étais trop grande.

J'ai compris que son travail était de se battre. On lui disait où aller et quoi faire et lorsqu'il revenait les gens le payaient. Il était plutôt connu, on l'appelait le briseur de lames, il recevait des demandes de partout.

Mon père n'acceptait les missions qu'à condition de trouver un endroit où me faire garder. Notre groupe a été recommandé à la famille Gloucester par la famille Aegir après que mon père ait chassé plusieurs groupes de voleurs de leur terre. Le comte Gloucester ayant une mission similaire à proposer.

Le comte a accepté de me faire garder par les nourrices de son château et de me faire partager le quotidien de ses plus jeunes enfants. Son aîné, absent, débuté son initiation à la magie auprès de grand professeur à l'extérieur de leur demeure. Il y avait donc une place à pourvoir à la table de ses enfants. Je dormais dans le quartier des domestiques et mangeait avec les enfants. Le reste de la journée je me rendais dans les jardins et pratiquais des exercices à l'épée. À l'époque je commençais à ne plus supporter d'être mise à l'écart part mon père. Je devenais agressive et passait mes journées à m'entraîner. M'acharnant à toujours chercher à bouger plus vite, à frapper plus fort. En dehors de mon père il n'y avait pas un des hommes de Jeralt que je n'avais pas réussi à mettre à terre au moins une fois, même si pour y arriver j'avais parfois dû les affronter des centaines de fois. Je m'appliquais d'ailleurs à faire régulièrement démonstration de ma force devant lui et malgré cela je finissais toujours par rester avec les enfants des autres.

Agestino est le second fils de la famille Gloucester, il est venu me voir une épée à la main un après-midi et m'a alors proposé un duel. Cela faisait plusieurs jours qu'il venait m'observer, lui et ses frères et sœurs. Plusieurs d'entre eux étaient venus l'accompagner. Il m'avait semblé qu'ils en avaient discuté ensemble la veille au soir à table. Ils avaient parié que personne ne serait capable de me battre à l'épée et Agestino soutenait le contraire.

Il est plus petit que moi, je savais déjà qu'il n'avait aucune chance à sa façon de se tenir. J'ai réfléchi, s'il pleurait il y aurait des chances pour que je ne soit plus gardé ici et que mon père soit contraint de me garder. J'ai accepté son défis et ait fait voler son épée au loin avant même qu'il ait fini sa première charge. L'arme trop lourde lui a tordu le poignet alors qu'il essayait de la retenir. L'enfant avait essayé de retenir ses larmes le plus longtemps possible mais lorsqu'il avait tenté de cacher ses yeux derrière sa main valide il avait eu à lâcher son poignet, il n'a pas pu s'empêcher de geindre et m'a regardé avec colère avant de s'enfuir. Je l'ai regardé partir satisfaite, d'autant que c'est lui qui est venu me voir et donc que ce n'était pas de ma faute s'il était blessé. Au dîner il avait une attelle, un mage devait passer le lendemain s'occuper de sa blessure, afin qu'il ne reste aucune séquelle. Avant le repas le comte m'avait fait mander par un de ses servants pour que je présente mes excuses à son fils. J'avais alors passé plusieurs minutes à fixer l'enfant sous les yeux de son père sans dire un mot ne comprenant pas pourquoi il fallait que je m'excuse. Sur un geste du comte un des serviteurs était venu me forcer à baisser la tête face à son fils. C'était la première fois que j'avais eu à demander pardon après avoir gagné un combat.

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