Chapitre 7

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3020, Second age, Gondor sud

Voilà plus d'un millénaire qu'elle a vécu au sud du Gondor. Des siècles à trouver la meilleure parade pour se faire passer pour une humaine, à changer de ville lorsque son non vieillissement apportait des questions. Des années à travailler sur sa gestuelle, son langage. A apprendre à maitriser ses réflexes, faire croire qu'elle n'avait pas de force ou d'endurance. Des jours et des jours à répéter. A se fixer dans le miroir et mentir comme seconde langue courante.

Cette vie d'humaine, ce bandeau porté chaque jour afin de cacher la pointe de ses oreilles. Tout était devenu lentement mais surement comme une seconde nature.

Une nature, une vrai, qui parfois revenait au galop quand elle croisait des malhonnêtes ou des personnes en danger. Elle a essayé, pourtant, de détourner la tête, d'ignorer les cris, les appels à l'aide. Cependant cette seule fois où elle a osé poursuivre son chemin, la voix de cet homme qui se faisait battre a résonné dans son esprit jusqu'à ce qu'elle aide le suivant.

Plusieurs fois déjà, elle-même s'était retrouvé en danger.

Une femme, à l'apparence d'une jeune femme, seule, sans mari, sans frère, sans un homme, un vrai fort et courageux pour la défendre. Plusieurs fois elle s'est retrouvée bloquée, coincée, menacée. Mais à chaque fois elle a réussi à s'en tirer, à les clouer au sol et les regarder de haut.

Pourtant, elle y avait songé, à laisser un homme la toucher. Pour sûr, si elle acceptait de se fourvoyer, elle perdrait son immortalité ? Et pourtant, dès qu'un ivrogne ou bandit osé s'approchait, son sang la brulait de colère et il finissait assommé. Ce n'est comme cela qu'elle allait devenir mortelle.

Mais ce qu'elle craignait avait fini par arriver. Un soir, alors qu'elle travaillait comme servante, son service terminé, sa collègue vient lui dire que « monsieur » l'attendait dans son bureau. Il n'était pourtant pas seul, il était en réunion. Quelque peu surprise, elle s'y est rendu afin de savoir ce qu'il lui voulait. Elle toqua, entra, et un frisson lui longea l'échine.

Les regards que lui portaient ces hommes ressemblaient à ceux qui ont essayé de la toucher. Et ces sourires sonnaient comme victorieux.

Miswa : « Vous m'avez fait demander ? »

Eric : « Oui~ Mes amis aimeraient s'amuser. »

Miswa : « Vous souhaitez que je vous apporte un jeu de carte ? »

Un rire général éclata alors qu'il s'approcha d'elle. Il se glissa dans son dos et vient lui chuchoter.

Eric : « Disons que la dame a déjà était pioché. »

Miswa : « Mon service est terminé. »

Eric : « Tu seras très bien indemnisé, ne t'inquiètes pas. »

Miswa : « Je ne suis pas intéressée. »

Dit-elle avec assurance en se tournant vivement.

Eric : « Mais tu n'as pas le choix. »

Susurra-t-il avant de tendre la main et verrouiller la porte. L'elfine recula d'un pas, puis d'un second avant d'heurter un torse.

Ils étaient nombreux. Trop nombreux, même pour elle. Ils réussirent à la bloquer contre le canapé, et même à lui attacher les bras avec leur ceinture et la bâillonner avec un bout de tissus. La peur l'envahi pleinement lorsqu'elle se sentie dénudée. D'abord pétrifiée de sentir sa peau ainsi parcourue par des mains d'inconnues, elle se reprit de nouveau en sentant des doigts effleurer son intimité.

Ils avaient oublié de lui attacher solidement les jambes.

Le souffle court, tremblent de l'effort et de la peur qui la quittait doucement, elle se redressa et observa ces corps sans vie.

MiswaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant