chapitre 9 : LA CHUTE DE L'IMPARFAIT !

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Personnages principaux :
Oliya : La petite fille de 7 ans, elle est maltraitée par ses parents, elle vie dans la misère.
Samuel Lariston : Protagoniste et albinos, il est le petit fils de Charles et Louise Lariston. Il a 27 ans et possède plusieurs propriétés. Il n'aime pas grand chose et n'est pas très sociable.
Charles Lariston : Grand-père de Samuel et mari de Louise. Il est l'un des hommes les plus influents au monde.
Louise Lariston : Grand-mère de Samuel et conjointe de Charles. Elle gère un orphelinat.
John : Un riche américain et collaborateur pour le projet de Charles.
Arnold Jr Deereik : L'ambassadeur des États-Unis il réside en France depuis 5 ans avec sa famille.









CHAPITRE 9 : LA CHUTE DE L'IMPARFAIT !

C'est avec le cœur lourd et rempli d'une profonde haine que Samuel s'est réveillé à la suite du coup infligé par John. Ces hommes ; les Américains, Lucas, Rabbi et surtout son grand-père, sont partis. À vrai dire, ils ont fui. C'est la pensée de Samuel. Ils ont fui par lâcheté et à présent il n'est plus question d'attendre des explications de son grand-père couard, pleutre, pantouflard, froussard...

Il ne s'agit même de parler avec son aïeul, ou même avec ce membre de la famille, il ne s'agit plus de "grand-père" mais de "Charles", cet inconnu, étranger, cette tierce personne remplie de mystères à la richesse et la gloire occultes... privilégiant la croissance de sa fortune à l'égard d'intégrité vis-à-vis des autres, détruisant tous ceux sur son chemin jusqu'à même sa propre famille. D'ailleurs, avec du recul, ce jeune homme orphelin depuis son plus jeune âge se trouve interpellé par son for intérieur. Son for intérieur lui fait prendre conscience d'une chose qu'il renflouait au plus profond de lui-même dès sa jeunesse. Comment son grand-père pouvait-il être aussi riche pendant cette période d'après-guerre et même pendant la guerre ? Cela n'était pas normal, vraiment cela ne l'était pas. Tous ces gens qui... Ses parents sont morts ! Mais pourquoi aller aussi loin dans ses pensées ? Charles lui a menti sur la mort de ses parents. Il a menti sur le coupable, il connaissait la vérité, le véritable meurtrier mais n'a rien dit. Pire encore, il a fait condamner un autre homme. Comment peut-on être aussi abominable, immoral et pernicieux ? Il s'agit là d'un vil grave !

Toutes ces pensées affluent dans la tête de ce pauvre homme dévasté. Il fuse à toute allure au volant de la Bugatti type 101. Arpentant les rues de Paris à la recherche de cet homme qui l'a privé du bonheur de sa mère Suzanne et de son père. Sa conduite est dangereuse et de plus, elle effraie les passants. Il prend les intersections avec désinvolture, se fiche des risques et ses larmes coulent à flots sur ses joues rouges de colère. Soudain, un policier se fait furtivement surprendre par la Bugatti. Surpris et apeuré, il monte dans sa voiture et le poursuit. Il l'incite à s'arrêter mais ce chauffeur effronté ne le calcule point.

Samuel Lariston a perdu ses parents très tôt puis a fait la guerre, perdant d'innombrables camarades et pensant avoir connu les pires moments de sa vie, voilà que cette révélation vient l'enterrer, l'empêchant de voir la lumière de l'espoir et du bonheur, de probables rencontres avec des femmes et puis aussi et surtout de revoir Hélène. Non, au lieu de cela, ce sont toujours les tragédies qui viennent à lui. Et si Dieu existait ? Dieu est le père et aime ses fils. Il est le protecteur et qui se confie en lui trouve un appui... des idioties, aberrations. Un tas de niaiseries conçues pour les simples d'esprit. Parler de Dieu, de l'amour de Dieu avec lui, l'insupporte. Il le déteste, Lui en veut. Plus petit, Samuel se rendait chaque dimanche à l'église, priant la Vierge Marie, il s'était fait baptiser bébé... C'est vrai qu'il n'était pas parfait, lui-même le reconnaissait, il a fait la guerre, tuant des gens, ennemis comme civils mais c'était la guerre ! Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Et puis si Dieu existait, pourquoi n'a-t-il rien fait pour empêcher ces deux guerres ?

Samuel pense encore ; Dieu peut-il me blâmer d'avoir tué des centaines de personnes si lui a laissé mourir des millions et millions d'hommes et femmes ainsi que des enfants n'ayant rien à voir avec tout ça ?

Non, Dieu, tu ne peux pas me juger sur mes méfaits car Toi tu n'as rien fait. Lorsque mes camarades de guerre et moi t'avions prié pour ne laisser mourir aucun d'entre nous, le lendemain même la plupart sont morts. Victor, Melchior, Alexandre, Alexis, Zacharie, Nicolas, Adrien, Antoine, Guillaume, Nassim, Yoann, Achille et Adevi Ateyaba, celui qui parmi nous tous, t'aimait le plus. Tu les as tous laissés mourir. Finirais-je en enfer parce que je te haïs ? Cela m'est égal, l'enfer, j'y ai été et j'en suis sorti par mes propres forces.

Samuel a depuis son retour de guerre rejeté l'existence de Dieu, ne priant plus et n'y voyant dans cette religion que du mensonge. Pourtant cette nuit, sans même s'en rendre compte il Lui parle, exprime sa colère. Mais comment peut-on alors détester quelque chose ou quelqu'un qui n'existe pas ? Comment ressentir un certain sentiment envers une personne, Monsieur ou Madame X dont aucune trace de son existence n'est avérée ? Et comment mettre des mots sur "l'inexistence" ? Après tout, détester un ami, un proche qui nous a trahis est normal, c'est toute l'estime que nous avions de lui qui se brise sous la tromperie. Mais détester quelqu'un qui n'existe pas relève de l'incompréhensible ou alors, cette personne vit ou a bel et bien vécu, que ce soit sur cette terre ou même dans notre pensée.

En creusant plus profondément dans le cœur de ce jeune homme, en creusant jusqu'au fond, se trouve une question dont lui-même n'avait et n'a jamais trouvé réponse. "Dieu, tu n'as donc aucun amour envers moi, ne serait-ce qu'un germe de quelque chose de semblable ?" Le réel sentiment de mépris de Samuel provient du fait qu'il ne sait même pas si Dieu l'aime. Avec le temps et à cause des nombreuses peines qu'il a subi, il estime que cette minable vie jusque-là menée, jonchée par ces incalculables persécutions ressenties chez lui signifie que c'est Le Tout-Puissant qui règne dans les cieux qui est contre lui, l'accablant de ces fléaux. C'est de là que provient cette rage chez Samuel. C'est comme si depuis l'enfance, il devait se battre contre l'univers tout entier. Un combat grotesquement inconcevable.

Un peu plus loin, au bout de la longue rue que lui et le policier sillonnent, se situe une intersection, elle rejoint une grande route qui longe le fleuve de la capitale Parisienne, ville de la lumière. En levant la tête depuis le bord du fleuve, on peut y voir ce magnifique spectacle qu'est la Tour Eiffel. Elle rayonne ce soir, brillant de mille feux. Les parisiens et touristes en tout genre aiment profiter de cette vue féerique et ce soir à cette heure-ci, une jeune femme modestement vêtue ayant fini son travail et rentrant à la maison où personne ne l'attend car son fiancé est mort à la guerre sans lui avoir confié sa postérité. Elle s'est assise un long moment sur un banc, se questionnant sur la vie qu'elle mène et voyant l'heure qu'il est, se lève pour rentrer. Il est tard, il ne faudrait pas trop tarder.

À peine levée, elle entend un bruit au loin qui se rapproche très rapidement, cela devient de plus en plus net, elle entend le bruit d'un moteur de voiture gronder puissamment, ainsi qu'une autre voiture et cette sirène stridente, celle d'une voiture de police. Elle se retourne, le bruit suraigu des pneus l'épouvante. La Bugatti fonce droit sur elle.

Samuel la voit, il a mal pris l'intersection, n'a pas ralenti, c'est trop tard maintenant pour rester sur la route. Il va beaucoup trop vite, il va la percuter. En face, il y a la Seine. C'est elle ou lui, soit il lui rentre dedans et a le temps de ne pas avoir un accident qui lui serait mortel ou alors tente de l'effleurer le moins possible mais mourrait à coup sûr.

Sa réflexion ne dure qu'une fraction de seconde et opte pour la deuxième solution. En tirant sur son volant, il réussit à l'esquiver mais à peine soulagé, la Bugatti pulvérise la barrière de fer et se retrouve dans les airs. À cet instant Samuel sent son heure arriver ; Au moins je ne suis pas un meurtrier comme cette ordure de Charles.

La voiture plonge brutalement dans la Seine, le choc est tel que la voiture se brise littéralement et coule dans les profondeurs du fleuve.

Les rats des villesDes histoires addictives. Découvrez maintenant